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  • Sylvain Lupari

JESPER SORENSEN: Zero Gravity (2018) (FR)

“Pilonné par des percussions lourdes et folles, Zero Gravity est un incontournable pour ceux qui aiment un rock cosmique électronique lourd et très vivant”

1 Dark Matter 4:02 2 Ascending 11:26 3 Navigating 6:05 4 Into Space 6:48 5 Breaking Through 7:54 6 Zero Gravity 9:46 7 Finally Falling 9:20 8 Beyond Time 9:53 Bonus Track 9 Dark Matter Breaking Through 11:03 10 Ascending (Short Edition) 6:24 Jesper Sorensen Music

(DDL 82:42)

(Melodious and very lively EM)

Je dois admettre que c'est assez difficile de ne pas tomber en amour avec ce dernier opus de Jesper Sorensen. Le démolissage de nos tympans activés par des percussions lourdes, incisives et féroces est aussi efficace au niveau du plaisir auditif que ces solos de synthé qui voyagent entre les harmonies de Jean-Michel Jarre au pays de Michael Garisson. Lourds, lents, vivants et flottants, les multiples figures de rythme sur ZERO GRAVITY nous entraînent dans une fable électronique de plus de 80 minutes dont la violence inouïe des percussions redéfinie le genre.

Dark Matter ouvre en ambiances ce deuxième opus du musicien Danois qui habite maintenant à York, en Angleterre. Un signal sonore strident et des vagues de bruits blancs allument ces ambiances alors qu'une nappe de synthé étend une ombre brumeuse. Un délicat mouvement du séquenceur libère une ligne harmonique qui écosse ses ions dans une belle structure hypnotique et circulaire. D'autres séquences se joignent à ce rythme musical. Leurs tonalités graisseuses les enveloppent d'une couche croustillante qui fera résonner un autre aspect rythmique de ZERO GRAVITY tout au long de ses 10 titres, dont 2 en boni. L'ouverture de Ascending suit la courbe bruiteuse de Dark Matter. Mais pour le reste, c'est une autre histoire. Des percussions lourdes assomment ces ambiances, sculptant un rythme de plomb qui nous rentre délicieusement dedans. Les séquences et les percussions, de même que les effets percussifs, révèlent une faune rythmique qui étonnera, par la violence, et charmera, pour la précision, tout au long de cet album. L'impression de flotter entre les univers de Zoolook et Revolutions est indélogeable à mes sens. Mis à part les percussions et séquences, Jesper Sorensen prend toute la latitude pour insérer des très bons solos harmonieux, que l'on peut siffloter aisément, et des effets électroniques très dans le ton d'un album sans gravité. Navigating propose un mouvement ondulatoire qui dérive avec un effet stroboscopique dans la série de séquences. Les percussions martèlent du plomb dans cette séduisante structure des séquences qui se dandinent d'une façon sphéroïdale. Elles sont incisives et leurs frappes divisent la portée rythmique qui tangue entre un mouvement électronique coutumier et du gros up-beat saccadé. Le synthé tisse de bons solos aériens tout en soufflant de belles nappes mélodieuses qui s'accrochent aux tympans. Ces mélodies sont reprises avec plus de vélocité dans le rythme endiablé de Finally Falling. Un autre solide titre qui est dynamisé par de monstrueuses percussions.

Into Space suit avec une structure de rythme, toujours bien matraquée par de violentes percussions, qui dérive avec ces séquences dont les tonalités pleines de jus et de gargouillis charment nos oreilles depuis Dark Matter. Le synthé multiplie de bons solos, délaissant toute empreinte de mélodies dans cette structure de rythme flottant. Les percussions percutent à nouveau le mouvement du séquenceur langoureusement circulaire de Breaking Through et de ses solos flottants et charmeurs de tympans. Divisé entre les rondeurs des séquences affamées pour un bon Groove cosmique et le pilonnage des percussions, le rythme évolue avec ses fluides variations tout en restant constamment entraînant dans son enveloppe cosmique. Une enveloppe alimentée par des nappes de voix célestes qui ajoutent un parfum séraphique pas trop envahissant, laissant une empreinte charmante à cette approche très Jean-Michel Jarre, notamment au niveau des harmonies dans les solos du synthé. La pièce-titre nous projette dans un univers très extra-terrestre avec un effet de gigantesques boucles ornées d’effets sonores d’un autre monde. Certes, des parfums du rock cosmique des belles années Jarre sont trouvés et adoucissent un peu cette introduction pour le moins inaccoutumée. Le pas du séquenceur résonne âprement. Déstabilisant l'ouverture de Zero Gravity, il appelle les percussions au rendez-vous afin de forger un séduisant rythme cosmique aussi lourd que lent. Ce mouvement rotatif et saccadé du séquenceur sert de bases à de très bons solos cosmiques sur une structure qui évolue avec une forme de vélocité contractée en seconde moitié. Les mouvements ondulatoires et parallèles du séquenceur qui alimente l'ouverture Beyond Time sont pulvérisés par une lourdeur excessive alimentée par une autre charge des percussions et des séquences bien rondes qui tamponnent un ostinato enrobé d'effets sonores qui incitent à la stridence. Dans ce tapage sonore surchargé, Jesper Sorensen réussi à garder un contrôle harmonique avec d’autres bons solos accrocheurs. Ouf…mes oreilles ont soif de quiétude après 65 minutes de tempête rythmique. Mais il y a plus! Deux titres en bonis viennent avec le téléchargement de ZERO GRAVITY. Dark Matter Breaking Through est une suite des 2 titres qui est très logique alors qu'Ascending (Short Edition) est vraiment ce que ça annonce.

Mais il y a encore plus lorsque vous achetez ce titre sur le site Bandcamp de Jesper Sorensen. Ce dernier a édité 2 longs titres où chacun des titres de l'album se suivent sans interruption, créant deux long morceaux comme dans le temps des albums vinyles. Une excellente initiative qui en donne pour son argent à ceux qui achète ZERO GRAVITY. Mais déjà cet album, sans les bonis, est un incontournable pour ceux qui aiment un rock électronique et cosmique lourd et très vivant. J'ai adoré du début à la fin!

Sylvain Lupari (23/04/2018) ***** SynthSequences.com Disponible au Jesper Sorensen Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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