• Sylvain Lupari

JIM OTTAWAY: Somewhere In-Between (2022) (FR)

Un rendez-vous musical dont l'éventail des genres se connecte à travers ses mélodies envoûtantes

1 Dawn of Time 6:39

2 A Dream Within Reach 5:59

3 One True Vision 6:08

4 Chosen Place 5:03

5 Fire of Truth 5:26

6 Sacred Ground 6:00

7 Carried in my Heart 6:11

8 Lost World 7:03

9 Winds of Promise 6:58

10 Somewhere In-Between 4:36

11 Shores of Eternity 7:19

Jim Ottaway Music

(CD/DDL 70:03)

(Ambient, Berlin School, New Age)

Mélodieux et moins complexe que When Eternity Touches Time mais plus animé que le très beau Threshold of the Universe, SOMEWHERE IN-BETWEEN est un autre rendez-vous musical de Jim Ottaway qu'on ne peut refuser. Composé entre un écart de 14 ans, de 2008 à 2022, ce nouvel album du barde électronique Australien propose une panoplie de styles où les mélodies de son synthé dominent des rythmes tantôt doux et tantôt plus électroniques. Des rythmes ambivalents qui sont propulsés par un séquenceur efficace et animés par des percussions aux aléatoires claquements métalliques, alors que les synthés fournissent des décors tantôt sombres et parfois cosmiques avec de bonnes orchestrations et des ambiances qui flirtent avec un petit côté paranormal qui fait souvent les charmes de la musique électronique (MÉ). Comme son titre l'indique, nous sommes constamment quelque part au milieu de quelque chose…

Deux lignes de mélodies rythmiques se chevauchant en un séduisant mouvement minimaliste chassent momentanément la brume irisée qui enveloppait l'ouverture de Dawn of Time. Cette brume emprunte une texture orchestrale avec un nuée de cordes de violons, étirant un larmoiement collectif qui devient plus intense, plus dramatique même, lorsque de sobres percussions installent un rythme plus lent que les deux lignes de mélodies. On se laisse bercer par cette mélodie lunaire d'où commence à fuser quelques effets sonores d'usage, comme des effets percussifs aléatoires qui sont sculptés sur les battements de la batterie électronique et des arpèges limpides qui ajoutent un peu plus de poids à la texture mélodieuse du titre. Un court moment ambiant échappe une flûte nostalgique. Et plus les minutes passent et plus Dawn of Time inspire un downtempo qui épouse l'amplitude émotive des orchestrations. SOMEWHERE IN-BETWEENest un sanctuaire pour des mélodies électroniques construite sur le modèle de musique narrative digne des palmarès New Age. A Dream Within Reach en laisse partir une très belle sur un rythme doux et léger qui accentue la cadence avec de bons effets percussifs. Le genre de truc qu'on peut siffloter sans trop de difficulté! Si on aime le genre, Fire of Truth en est une autre avec une un beau mouvement circulaire d'une ligne d'arpèges à la vision mélodieuse très affûtée. Son carrousel et la texture des ambiances me ramènent à l’époque de Tangerine Dream dans Legend. Carried in my Heart est une autre très belle mélodie de style New Age avec une ritournelle franchement obsédante. One True Vision fait partie des titres plus électronique berliner de ce nouvel album du musicien-synthésiste Australien. Une série d'arpèges moirés dicte son approche à la fois mélodieuse et rythmique sur une texture de rythme spasmodique du séquenceur. Ce rythme accentue la pression après un premier pont atmosphérique, alors que le second pont le retourne à sa phase initiale. Les titres se suivent dans cet album en proposant une approche diversifiée, comme avec Chosen Place qui propose une ouverture plus sombre avec un rythme pulsatoire créé par une ligne de basses séquences qui est chevauchée par des arpèges à la tonalité intrigante et soutenue par de sobres percussions. Le débit saccadé des arpèges fait contraste à la structure rampante des séquences, donnant cette apparence de mystère et d'épouvante à la musique. À la fois fluide et lourde, la structure ronfle doucement avec un bel effet de résonnance dans son rythme qui dégage un savoureux aspect cinéma horreur qui est accentuée par l'émanation d'une brume inquiétante, de chants sibyllins et de beaux solos vampiriques d'un synthé qui échappe aussi une délicate flûte mélodieuse. Ça fait très Arcane!

Sacred Ground est un autre titre à offrir une structure flirtant avec le paranormal. Le titre évolue avec lenteur, délaissant peu à peu sa forme atmosphérique pour prendre la forme d'un rythme bousculé par des percussions qui décousent peu à peu sa lente procession. Le rythme est plus bruyant, notamment avec l'écho du déboulement des percussions, qu'animé et épouse cette mélodie fantomatique qui donne cette teinte très film épouvante à Sacred Ground. Lost World propose une belle chevauchée rythmique avant de se transformer en un synthpop avec une tonalité des années 80 au niveau des percussions. Winds of Promise propose une texture de rythme électronique pour neurones qui trotte et épouse un galop intersidéral avec des percussions gazeuses dans une ambiance sibylline. Une belle mélodie y circule, accentuant la courbe du rythme légèrement à chacune de ses apparitions dans une structure narrative. Le jeu des percussions et les effets de synthé ajoutent aux charmes de ce titre qu'on gobe à la première écoute. La pièce-titre offre une autre de ces mélodies obsédantes à courir sur les 70 minutes de cet album offert tant en CD manufacturé qu'en format téléchargement par Jim Ottaway. Son air et cette délicate flûte de Pan lui donne une dimension New Age. En contrepartie, son ADN est plus électronique avec une structure de rythme complexe pour le genre. Avec sa mélodie fantomatique sur une structure plus atmosphérique, même avec les soubresauts du séquenceur en milieu de parcours, Shores of Eternity chante admirablement bien le chant du cygne de SOMEWHERE IN-BETWEEN, un autre très bel album de Jim Ottaway dont l'éventail des genres se connecte à travers d'obsédantes mélodies.

Disponible le 24 juin 2022!

Sylvain Lupari (18/06/22) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au Jim Ottaway Bandcamp

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