• Sylvain Lupari

JOINT INTELLIGENCE COMITTEE: Excession (2006) (FR)

Si vous aimez oser, si vous aimez bouger, cet album est tout à fait idéal pour motiver la bête qui sommeille en vous

1 Newquay Nightmare (16:19)

2 A Momentary Lapse of Tea and Cakes (1:12)

3 Deedoodletastic (12:29)

4 'ermless (1:32)

5 Danfango (12:08)

6 Groodle (2:08)

7 Blime E (16:13)

8 Gripple (0:35)

9 Bugfluff (11:04)

Bogus Focus Records BFCDR11

(CD 73:42)

(Progressive EM, Ambient, Psybient)

Chaque projet de Paul Nagle est une expérience en soi. Anticonformiste qui déteste les étiquettes, Paul Nagle a toujours visualisé plus loin que le regard des autres et a fait de la MÉ, autre chose qu'une mythique ressemblance avec la Berlin School. Que ce soit en solo, avec Far From Stars, Binar ou le très atmosphérique Headshock, l'homme caméléon de la MÉ continue d'étonner et d'ouvrir les voies à de nouveaux horizons. EXCESSION est le 3ième opus de JIC. Composé de Paul Nagle et Phil Simmie, ce duo anglais nous livre un opus de 5 morceaux majeurs, entrecoupées de 4 courtes pièces atmosphériques qui sert de ponts, entre deux morceaux. Cinq titres empreint d'un minimaliste déviant, aux rythmes endiablés par des percussions martelantes, une basse pointeuse et des guitares aux riffs et solos incisifs. Jetons une oreille, ou deux, à ce dernier Joint Intelligence Committee.

Un léger bourdonnement sur un simple drap synthétique ouvre le rythme à un séquenceur tressaillant sur des bonnes pulsations basses et des percussions martelantes. La guitare détache ses accords en stéréo et tout le mouvement s'anime sur une séquence saccadée aux contours dance. Tout est écho et se déroule comme un immense délire en staccato, où les réverbérations des structures de rythmes se mêlent aux structures bouclées (loopers) donnant une profondeur inouïe au techno soft hardcore de Newquay Nightmare. La guitare de Phil Smillie coule avec une légère résonance, recouvrant le rythme d'une chaleur paradoxale à un rythme froid et mécanique. Graduellement, le rythme s'habille de toutes ses ressources sonores pour initier un rythme torride, exempt de tout silence ou passages atmosphériques. Les effets sonores, les percussions métalliques qui s'entrechoquent et croisent des riffs de guitares acides et les solos de guitares enflammés sur une ligne séquentielle à hypnose vaudouisme sont aussi étonnants que décapants. Sur plus de 16 minutes, JIC nous assomme d'un rythme minimalisme martelant teinté de nuances et de subtilités dans les tonalités. Une pièce monstrueuse qui trouverait sa place dans n'importe quel party techno/rave. Un peu dans l'esprit des contradictions, A Momentary Lapse of Tea and Cakes est une courte pièce relaxe qui fait le pont avec un autre titre explosif Deedoodletastic. Une basse galopante sur des riffs légers et un synthé corrosif aux passages circulaires tissent la toile de fond de ce titre à l'essence funky. Fluide, le séquenceur filtre des segments aux harmonies limpides ou graves, sur une guitare aux solos et aux riffs intenses. Un titre dans le même moule, mais finement nuancé dans les rythmes, que Newquay Nightmare. D'ailleurs la chimie de EXCESSION réside dans son univers minimaliste trituré par des effets échos, ou de boucles, sur des répétitions denses, comme des staccatos atteint d'une frénésie cyclique. Après le court pont atmosphérique 'ermless, Danfango poursuit sur un rythme infernal et une guitare convulsive qui colle ses riffs comme un grosse boucle sonore intemporel qui fomente des solos à l'intérieur de sa boucle. Le beat est furieux et se colle autant sur un gros rock que du dance, avec ses cymbales tstitt tsitt et le techno. Plus progressif qu'un simple techno, JIC nous présente 2 passages où effets vocaux et effets sonores, sont les témoins de l'anticonformiste qui habite JIC. Du rythme fou, des arrangements sublimes, on ne peut passer à coté de cette œuvre qui fait bien des pieds de nez à des supposés DJ doués. Incontrôlable et sauvage, Blime E est une fresque paranoïde où le débit se creuse avec l'écart. Encore bien assis sur des riffs séquencés, le titre évolue sur des strates flottantes et enrobantes, comme les draperies d'un manoir qui cache les chauves souris. Bugfluff, la superbe clos cet opus tout simplement fou sur une note plus tendre. Et on comprend un peu mieux la structure de EXCESSION, car les boucles ici sont souples alors que sur le reste de l'opus, elles étaient séquencées et bouclé, boucles par-dessus boucle. Une très belle façon de clôturer un album rythmé à l'os.

J'ai passé un moment totalement fou à écouter cette œuvre titanesque. JIC ouvre un opus tissé serré où il n'y a aucune espace vide. Ça cogne de tout côté avec une structure de rythme et de tonalités qui s'entretissent avec lourdeur et magnétisme car ce n'est pas une vulgaire imitation d'un techno quelconque. C'est un techno nouveau genre. Un techno progressif qui allie rythmes séquencés, guitares agressives et effets vocaux/sonores dans un désordre désharmonique, qui revient toujours cherché la mélodie par des rythmes minimalismes qui finissent toujours par ressortir segment par segment. Si vous aimez l'audace, si vous aimez bouger, ce EXCESSION de Joint Intelligence Committee est tout à fait idéal pour motiver la bête qui sommeille en vous.

Sylvain Lupari (12/12/06) *****

SynthSequences.com

Disponible au Joint Intelligence Committee Bandcamp

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