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  • Sylvain Lupari

KLAUS SCHULZE: Blackdance (1974) (FR)

Updated: Jan 1

“C'est avec ce grand album, un classique dans la grande histoire de la MÉ, que mon histoire d'amour avec Klaus Schulze débutait”

1 Ways Of Changes (17:13)

2 Some Velvet Phasing (8:23)

3 Voices Of Syn (22:40)

Bonus Tracks Revisited Records

4 Foreplay (10:33)

5 Synthies Have (no) Balls? (14:41)

Brain Music (LP 48:50)

Revisited Records SPV 78802 CD REV 074 (CD 73:33)

C'est avec BLACKDANCE que mon histoire d'amour avec Klaus Schulze a débuté. Avec Ways of Changes, plus précisément. Un doux synthé et son apparence de trompette enrhumée échappe une lourde complainte qui ondoie et reste en suspension dans un cosmos encore vierge. Comme des invités à un étrange festin sonore aux dimensions intergalactique, des notes de guitares traînent avec nonchalance. Ces éléments sonores disparates se rejoignent et finissent par consolider un étrange hymne cosmique où des accords et riffs de guitares deviennent plus furieux, saccadant la procession du synthé et de ses ondes toujours flottantes. Au loin, des cymbales se font entendre. Elles activent un rythme qui ondule et galope sur les plaines oniriques d'un synthé aux nappes devenues étonnement spectrales. Des percussions tablas alimentent ce tempo endiablé qui est tailladé par des stries électroniques criardes et emporté par ce sulfureux synthé aux ondes toujours déviantes. Du délire? Pas vraiment. Il faut entendre ses cycles séquencés danser sur une orgue ténébreuse, et pourtant assez musicale, pour saisir la folie des kermesses musicales de Schulze à cette période où l'imagination se transposait difficilement en musique. Cette orgue qui flotte, tel un accordéoniste un peu ivre, dans un lourd cosmos illuminé de ces sonorités électroniques si uniques au monde musical de Schulze sont un genre d’hymne à la folie solitaire. Une basse séquence ondule avec ces percussions. Cette combinaison unique, dont les boucles roulent en écho, forgent un roulement lourd et résonnant. Comme un lourd rock cosmique joué et enregistré dans une petite chambre. Un grand, mais un grand titre de l'ère électronique expérimentale.

Some Velvet Phasing est un titre plus ambiant. Une mélopée synthétisée qui progresse avec lenteur sur des ondes et des boucles réverbérantes et qui roucoulent dans un univers sclérosé. Un des premiers titres à exploiter uniquement un clavier. Sur Voices of Syn, Ernst Siemon pousse des vocalises basses sur une intro placide remplie de bourdonnements et de boucles torsadés par un synthé vaporeux aux fragrances soniques de Some Velvet Phasing. Heureusement pour moi, la présence de Siemon est de courte durée mais témoigne de l'attachement de Klaus Schulze envers les ténors et les opéras. Tranquillement, la pièce épouse un rythme plus nerveux avec des mouvements circulatoires minimalismes qui tambourinent tels des percussions hétéroclites. Le vieil orgue module des strates divines qui servent d'assise à un lourd tempo du VCS 3 qui pulse en tournoyant, tel un phare qui effectue ses rotations et nous ébloui à chaque tour. Des fins arpèges tintent discrètement, attirant mon ouïe qui est fascinée par toute cette gamme de sonorités qui vit sur une puissante et lourde structure minimalisme dont les méandres hypnotiques circulant sur des rythmes en spirale fascinaient tant par l'intensité que par l'ivresse des boucles statiques.

La version de Revisited Records offre 2 titres en prime. Le placide et ambiant Foreplay où des chœurs et des lignes de synthé épousent une forme linéaire qui est dépourvue de mouvements, mais saisie d'une lourde ambiance monastérielle. Les explosions qui y surgissent peuvent agacer, car elles érodent une tranquillité spirituelle. Mais c'est bien le monde de KS, n'est-ce pas? Synthies Have (No) Balls offre aussi une planante intro avec de lourdes explosions de gaz cosmique. Une lourde intro qui se jette dans un tintamarre métallique, résonant trop lourdement dans les haut-parleurs et les écouteurs, et qui débouche sur une bonne cadence soutenue par un beau jeu de percussions. Une portion fortement animée, mais aussi assez indigeste pour les oreilles à cause d'une tonalité métallique et remplie de distorsions, et qui pulse avec agressivité dans une cacophonie unique au genre et aux hallucinations de Schulze. Est-ce que cette réédition vaut les quelques dollars demandés? D'autant plus que la collectivité des fans du synthésiste Allemand est très divisé versus la qualité sonore de cette réédition qui serait pleine d’erreurs, selon leurs oreilles. Moi j'avais l'option vinyle avec toute la friture de l'usure des années....Donc! Une ré édition qui ne vaut pas vraiment la dépense supplémentaire, à moins d'être un collectionneur, car la présentation et le livret sont toujours bien réalisés.

Avec BLACKDANCE, Klaus Schulze concrétisait son génie musical au travers des arrangements et des compositions pas commodes pour un seul individu. Surpassant les lignes minimalistes de Mike Oldfield, Schulze innovait par sa maîtrise des synthétiseurs et des arrangements. En fait, BLACKDANCE sécurisait Schulze avec ses capacités de créer des harmonies et le mettait en pleine confiance avec ses œuvres à venir. Un grand album et un classique de la MÉ au style unique à Klaus Schulze.

Sylvain Lupari (13/01/07) *****

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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