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  • Sylvain Lupari

KLAUS SCHULZE: The Dresden Performance (1990) (FR)

The Dresden Performance est un bel album en concert et un complément adéquat à Miditerranean Pads

CD 1 (73:24) 1 Dresden 1 44:06 2 Dresden 3 10:28 3 Dresden 5 18:23 CD 2 (68:50) 1 Dresden 2 47:09 2 Dresden 4 22:01

Virgin CDVED 903

(CD 142:14) (Modern Classical, New Berlin School)

THE DRESEN PERFORMANCE est le résultat d'un concert donné à Dresden en Pologne, par un frisquet soir d'Août 1990. Soit plus de 5 mois après la parution de Miditerranean Pads. C'est bon de le signaler puisque ce double-album en concert respire à pleine musicalité les ambiances et les rythmes de cet album avec aussi quelques clins d'œil à des albums tel qu'Angst et Dreams. C'est un double album divisé entre les portions du concert (Dresden 1 et 2) et des titres enregistrés en studio (Dresden 3, 4 et 5) qui étaient prévus pour ce long concert que la pluie a écourté après les 2 premiers longs actes. C'est aussi le premier de 4 albums en concert à paraître au tournant des années 90 où le musicien Allemand développait une passion aussi démesurée que son talent pour les échantillonnages orchestraux et les voix d'opéra, ainsi que l'utilisation du Musical Instrument Digital Interface, le MIDI. Et si vous avez aimé Miditerranean Pads, THE DRESEN PERFORMANCE devrait facilement vous séduire, surtout arec les très longs et combien magnétisants Dresden 1 et Dresden 2.

Cymbales tsitt-tsitt, percussions sournoises et ligne de basse funky sautillent dans des tendres enveloppes de violons, et Dresden 1 atterrit entre nos oreilles avec cette savoureuse approche mi funky/mi groove qui structuraient les rythmes sensuels de Miditerranean Pads. D'ailleurs, tout de de cet album se retrouve les 91 minutes de Dresden 1 et Dresden 2. Le rythme, parfois tendre et parfois sauvage, est nappé de ce synthé aux envoûtantes couches de mellotron et de violons qui se fondent à des chœurs fredonnant avec une latente soumission. La cadence suit les lignes d'un lent crescendo. Les orchestrations camouflent l'arrivée des milles coups de percussions qui labourent une structure philharmonique errant entre ses staccatos et ses morphiques emprises lunaires. En passant, Dresden 1, tout comme le 2, est un très long titre qui exploite un brillant jeu de percussions échantillonnées. Un jeu créatif qui fractionne une structure sans la morceler, tant les synthés sont enveloppants avec leurs valses lascives. Du grand Schulze qui s'amuse dans sa vaste collection d'échantillonnages sur une lourde rythmique nuancée dans sa progression et ses phases opalines. Avec ses 47 minutes au compteur, Dresden 2 (la 2ième portion du concert) offre une fascinante interprétation de Decent Changes. Il y a des longueurs mais ça demeure assez captivant.

Premier titre en studio, Dresden 3 est d'une tendre douceur avec ses chœurs angéliques qui sont givrés d'arpèges xylophonés à la Freeze sur Angst. Un doux piano nostalgique ajoute une dimension à ce doux morceau que Schulze noie dans un univers d'échantillonnages vocaux enrobés de strates aux ondes valsantes. Une superbe mélodie aux vocalises enfantines émerge de l'intro bigarrée aux échantillonnages surdimensionnés de Dresden 5. Le rythme s'anime lascivement sur une douce ligne de basse et des percussions tablas. Elles tambourinent dans les ouates d'un violon aux cordes éthérées qui embrume une cadence dont le rythme ambiant suit une tangente linéaire avec de fins accrocs qui nous sortent de notre torpeur auditive. Sauf pour la portion mélodie, j'ai trouvé ça aussi long que lent. Dresden 4 est totalement à part avec son intro à la THX et dont l'élan est coupé assez vite par un beau piano aux minimalistes accords sphéroïdaux encerclés par de vocalises de sirènes morphiques. La musique emprunte une tangente dramatique avec les coups d'archets d'un formidable ensemble à cordes illusoire aux strates saccadées que Klaus Schulze contrôle avec ses échantillonnages. L'ambiance devient sombre et claustrophobique. Je me sens catapulté dans les sombres ambiances de Dreams sur une structure à suspense avec des accords tantôt classiques et tantôt limpides, comme la clarté d'un xylophone dans un univers d'épouvante intense. J'aime bien cette ambiance d'épouvante. Un superbe titre lourd dont les échantillonnages diversifiés créent une richesse sonore inouïe qui supporterait à merveille un film d'horreur ou de suspense noirci encore plus d'idées machiavéliques, notamment vers la 11ième minute. Tout à fait délicieux dans le genre frayeur et effroi.

Tantôt audacieux et difficile à supporte, alors que d'autres fois tout simplement musical, THE DRESEN PERFORMANCE est un bon complément à Miditerranean Pads, notamment avec le trop bon Dresden 1. C'est un bon album en concert, quoique l'on n’entende même pas une mouche ronfler, qui démontre l'’étonnante diversité d'un artiste qui est capable de courir des minutes sur un même thème tout en ajoutant un petit quelque chose qui fait cliquer indéniablement l'intérêt de ses fans.

Sylvain Lupari (19/03/08) ***½**

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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