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  • Sylvain Lupari

LOST RADIANCE: Marly (2017) (FR)

“Voici un solide album construit sur un modèle sequencer-based plein d'ambiances analogues du rétro Berlin School”

1 Marly (Part 1) 9:40 2 Marly (Part 2) 6:11 3 Marly (Part 3) 7:00 4 Marly (Part 4) 8:54 5 Marly (Part 5) 7:26 6 Marly (Part 6) 7:50 Sense/Net | SN051

(DDL 47:05) (V.F.) (Sequencer-based Berlin School)

Voilà une excellente surprise que j'ai failli oublier dans les interstices de mon portable. Qui est Lost Radiance? C'est un groupe de 4 musiciens russes (Alexander Asimov, Roman Rogov, Roman Zorin and Yuriy Miller) qui mijotent, ensemble ou en projets solos, une MÉ propulsée par de vivants mouvement de séquenceurs ou encore noyée dans des ambiances ténébreuses. MARLY est un 2ième opus qui se tient loin des territoires sombres de Sirius Radiance, projet de Roman Rogov. Et je dois admettre que j’ai été totalement séduit par 5 superbes mouvements, la finale est plus sereine, de séquenceurs qui dessinent des rythmes, et leurs subtiles évolutions, dans un univers électronique rempli de ces magnétisants parfums de l'univers analogue.

Des petits papillons gorgés de tonalités rythmiques folâtrent en ouverture de Marly (Part 1). Une nappe de voix, émanant du vide, donne des airs célestes à ce rythme aussi délicat que les pieds palmés d'un canardeau qui découvre son lac en effectuant des cercles parfaits. C'est une ligne de basse qui précipite les choses à partir de la deuxième minute. Ses palpitations frénétiques ajoutent une vélocité toujours stationnaire alors qu'une large bande de brume bleutée donne toujours un privilège céleste à ce premier titre. Une autre ligne de séquences, plus grésillantes, s'invite au même moment que notre caneton décide de modifier le design de ses cercles. Riches en tonalités analogues et fécond dans le remodelage d'une structure toujours immobile, Marly (Part 1) est une très belle invitation à ceux qui découvrent l'univers du quatuor russe. Marly (Part 2) fait dans le très Berlin School avec son introduction tissée avec des nappes de brumes vaporeuses qui ondoient comme les vapeurs d'un rêve. Une discrète ligne d'arpèges ondulent avec un chant dans le mouvement et des effets électroniques pépient dans le décor. Tout doucement le brouillard devient une nappe harmonique qui dévoile un séduisant chant dont l'ombre, plus musicale, imprime son empreinte Berliner sur Marly (Part 2). Des pulsations se font entendre à la porte des deux minutes. Le rythme est aussi coulant qu'un serpent qui hypnotise sa proie dans une danse imaginaire où les sens n'ont aucune chance d'échapper aux charmes de ce fascinant album de Lost Radiance. Marly (Part 3) est nettement le titre le plus animé de l'album. Le mouvement du séquenceur sculpte des petites boucles rythmiques minimalistes alors qu'un 2ième mouvement épouse les courbes avec une légère différence dans la tonalité. Ce mouvement rythmique modifie sa course dans une masse de brouillard hypnotisant, allumant une rythmique mélodique qui sonne comme un chant moqueur dans une spirale rythmique lourde et effrénée. Délicieux! Plus aéré, Marly (Part 4) dépose un mouvement alternatif qui oscille avec des boucles hypnotiques. Le mouvement prend une tangente plus éthérée en mi-parcours. Et comme tout reste en mouvement ici, des effets percussifs nourrissent mes oreilles toujours affamées par ces séquences qui sautillent et palpitent, modifiant même leurs cadences dans un univers dénué de brumes et d'artifices des synthés. Marly (Part 5) est tout en contraste avec une structure lourde et vive où sortent des nappes à la Tangerine Dream des années Jive. C'est un style sequencer-based bruyant, entraînant et étonnement musical. Mes oreilles sont toujours avides d'un style aussi lourd et efficace au niveau des effets Méphistophéliques. Marly (Part 6) dépose des légers arpèges qui tintent comme la pluie achève ses pleurs dans une ambiance de mélancolie. D'autres tombent et façonnent un délicieux chant sibyllin, qui est aussi près d'une ritournelle à la Halloween (le film) que de la lueur éternelle, qu'une énorme nappe de voix angélique attire vers le vide.

Offert en format téléchargeable uniquement, comme le premier album de Lost Radiance, Upon Us paru en 2014, MARLY est un très bel album qui va séduire les amateurs d'une MÉ épuisée par de vivantes et lourdes structures de séquences. Les ambiances et la masse sonique est tout autant séduisante avec des harmonies qui puisent leurs charmes autant dans les séquenceurs que les synthés. Fans de Berlin School!? À vos portes-feuilles!

Sylvain Lupari (27/04/17) ****½* SynthSequences.com

Disponible au Lost Radiance Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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