• Sylvain Lupari

LUNA FIRMA: New Horizons (2016) (FR)

New Horizons est avant-tout pour les amateurs de musique ambiante cosmique où les frontières de Brian Eno et Vangelis se touchent

1 Angular Distance 7:16 2 Chandra X 4:14 3 New Horizons 3:36 4 Albedo 0.6 5:40 5 The Frozen Fields of Hydra 4:40 6 Charon 4:12 7 Snowcaps on the Edge of Darkness 7:12 8 Sputnik Planum 7:44 9 The Drifting Hills of Pluto 5:09 10 LORRI 5:02 11 Krun Macula 7:40 Borders Edge Music (DDL 62:25) (Deep ambient cosmic EM)

NEW HORIZONS est le 2ième album de Luna Firma, un duo canado-américain composé de Kuutana, Ron Charron, et du guitariste New-Yorkais Eric Taylor. Inspiré par la mission spatiale du même nom qui a exploré la planète Pluton à l'été 2015, l'album surf sur les influences de Vangelis. Maître dans sa navette musicale, Ron Charron, qui multiplie la grande diversité de son label Borders Edge Music, exploite collection de sons environnants amassés par Eric Taylor, plongeant NEW HORIZONS dans un univers de musique méditative qui s'accorde avec sa source de sons hétéroclite, donnant ainsi cette impression de flairer les ambiances de Brian Eno, Sauf que l'approche très Vangelis du duo Luna Firma crée cette balance nécessaire entre la musique abstraite et la musique. À cet égard la pièce Albedo 0.6 est très réussie. Mais avant...

Angular Distance s'arrime à nos oreilles avec des brises sombres et frêles dont la délicate indécision est engloutie par de bons élans de drones cosmiques. Des notes limpides s'éparpillent au travers des chants de flûte astrale, traçant un immanquable parallèle avec l'univers de Vangelis. D'oblongs soupirs de synthé amplifient cette mainmise sur les influences, tandis que nos oreilles perçoivent un tapis de murmures métalliques qui chuchotent en arrière-plan. Ces lentes étreintes morphiques se transforment peu à peu en élans de rythme ambiant qui implosent dans la majorité des phases de cet album. Chandra X émerge avec des nappes de synthé aux parfums de l'apocalypse qui progressent comme des mains encrées au-dessus de cognements dont les éclats perdent de leur lustre à mesure que l'intensité monte. La pièce-titre respire sur les ambiances de Chandra X et se sauve avec une belle berceuse orientale pour embraser une structure de rythme nerveuse et spasmodique qui borde même les frontières de l'Électronica. Après les lentes et intenses orchestrations de Albedo 0.6 qui dévoilent une superbe mélodie lunaire qui fait pleurer un synthé solitaire, The Frozen Fields of Hydra emprunte les sentes de New Horizon avec une ouverture embuée de nappes de synthé superposées en couleurs différentes pour embrasser un rythme croissant qui se sauve vers un autre genre d'Électronica.

Aussi improbable qu'inattendu, cette structure de rythme fond dans un environnement paradisiaque nimbée de belles voix astrales et de pépiements d'oiseaux encore non répertoriés. Charon est un titre très aérien, très céleste, avec une guitare plus que Floydienne qui verse ses larmes sur un lit de drones bourdonnants. Snowcaps on the Edge of Darkness est le plus bel exemple de la délicate balance entre l'univers des murmures métalliques d'Eno et les douces étreintes morphiques des mains ouatées d'oxygène de Vangelis. Les brises sombres et les cliquetis qui entourent les ambiances de Sputnik Planum sont dignes d'une collaboration Robert Rich et Steve Roach. Idem pour The Drifting Hills of Pluto et le très intense LORRI avec sa guitare qui fait une trop courte apparition à la toute fin. On a définitivement atteint le seuil de l'intensité de NEW HORIZONS avec ce titre et les ambiances orientales de Krun Macula qui explosent d'un stupéfiant rythme tribal vers la 4ième minute avant que les ambiances sédatives essaient d'apaiser le dormeur éveillé subitement par cette rage passagère.

NEW HORIZONS s'adresse avant tout aux amateurs de musique d'ambiances cosmiques avec de belles implosions dans les élans d'intensités qui perturbent les douces orchestrations et les délicates rêveries des nappes d'un synthé aux parfums de Vangelis. Les quelques bribes de rythme peuvent perturber les rêveries des nomades de nuit, mais il y a assez d'espace sédatif pour les réacheminer aux portes de Morphée.

Sylvain Lupari (November 14th, 2016) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Borders Edge Music

4 views
  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle

© 2019 by  Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari