• Sylvain Lupari

LYONEL BAUCHET: The Secret Society (2011) (FR)

Cet album vous garantit 60 minutes de pure magie avec tout le bonheur de découvrir une musique pleine de surprises et de coups de cœur

1 Introductory March to the Secret Society 6:26

2 Lifeworld 9:22

3 Ocean Spleen 4:19

4 Pavane K4816 7:02

5 So Much for Subtlety 3:51

6 Each Will Have His Personal Rocket 13:19

7 Dawn 4:23

8 Blissfully Ours 4:56

9 Thank You and Good Night 7:50

DiN DLL11

(DDL 61:46)

(Experimental Ambient, Psybient)

THE SECRET SOCIETY de Lyonel Bauchet respecte les préceptes du label de MÉ contemporaine DiN; soit une musique sombre et expérimentale qui hésite entre les rythmes stagnants et des ambiances qui le sont tout autant sur des structures sombres et par moments assez expérimentales. Les rythmes sont plus implosifs qu'explosifs avec des réminiscences aussi diversifiées que Tangerine Dream et Autechre en passant par Spyra et PeteNamlook. Voilà de quoi est fait ce premier opus du synthésiste de France. Loin d'être un nouveau venu dans le bel univers de la MÉ contemporaine, Lyonel Bauchet possède une vaste expérience au niveau musical, ayant composé plus de 2000 pièces de musique pour la télévision, le cinéma et la radio. Mais il n'avait jusqu'ici produit aucun album et c'est à Ian Boddy que nous devons ce petit bijou qu'est THE SECRET SOCIETY. C'est en apprivoisant le complexe et immense synthétiseur modulaire Buchla 200e que Bauchet a capté l'attention d'Ian Boddy. Il mettait des clips sur Internet et expliquait le processus de son apprentissage lorsque que le fondateur de DiN le remarqua et l'invita à réaliser son premier opus. Ce premier album parait donc chez le petit frère de DiN, DiNDLL en format téléchargeable uniquement. L'album laisse entrevoir d'intéressantes perspectives d'avenir, autant pour nous que pour Lyonel Bauchet, avec des textures sonores qui demandent néanmoins une ouverture d'esprit puisque rien n'est facile dans l'univers de DiNDDL.

Un voile métallique perce le silence. Une fine pulsation en émerge, initiant les premiers balbutiements de l'album. Tissé dans une approche intrigante et mystérieuse, où le rythme indéfini bat sur des pulsations arythmiques et des percussions feutrées, Introductory March to the Secret Society progresse dans une ambiance en sursis. Des tintements autant tibétains qu'abyssaux, de chœurs chtoniens, une brume lugubre et de sinueuses réverbérations menaçantes ornent son décor qui se balance constamment entre ses ambiances et ses tourments. Une vision et une façon de faire qui survivra tout au long de cet album. Plus animé, Lifeworld avance dans une ambiance nébuleuse, quoique sa structure rythmique soit plus insidieuse, avec une approche sombre et lente progressant d'une démarche atypique voilée par des pulsations/percussions frénétiques qui palpitent et galopent sur un rythme circulaire au noyau polymorphe. Un rythme qui augmente continuellement sa force avec une tangente vitaminée par des percussions tribales pour glisser vers un techno sombre à la Juno Reactor et pour trépider d'une démarche désarticulé initiée par une panoplie de percussions tribales et métalliques. Ocean Spleen est un titre ambiant sombre plombé par de lourdes vagues de synthés enveloppantes, alors que Pavane K4816 propose une structure légèrement plus animée. C'est un genre de ballade électronique expérimentale à la fois lugubre qui évolue lentement sur sa structure ascendante décorée de souffles ténébreux, de bourdonnements sinistres et d'une brume méphistophélique qui enveloppe des accords et des riffs de synthé qui semblent perdus dans ce décor avant-gardiste. So Much for Subtlety est superbe et accrocheur avec des arpèges limpides qui tintent et flottent lentement sur une structure circulaire saccadée. Pour un court titre Lyonel Bauchet y a mis le paquet avec une mélodie fragmentée dans un sombre univers éclectique fortement animé par de bonnes percussions qui martèlent une structure stroboscopique.

Sombre et en constante évolution Each Will Have His Personal Rocket est une lente procession d'un rythme ambigu et hésitant. Son intro est obscure, voire ténébreuse, et progresse avec des pulsations qui accentuent constamment un duel rythmique sous des souffles glauques ainsi que des vents noirs ululant tels des sirènes et une ligne de basse aux notes vrombissantes. Des percussions s'arriment à cette lente procession rythmique en mi-parcours. Le tempo progresse alors avec des roulements de peaux électroniques et un rythme plus spasmodique qui gesticule maladroitement sous les sombres et glaciaux vents synthétisés. Un autre titre accrocheur, mais pour des raisons totalement différentes, Dawn est un petit joyau qui plaira assurément aux fans de Tangerine Dream et de leurs séquences roulant comme des billes dans les albums Hyperborea et Poland. Superbes, ces séquences trépignent et roulent nerveusement pour suivre une très belle courbe oscillatoire sous de suaves souffles de synthé. Des souvenirs d'une belle époque remplissent nos oreilles sur ce très bon titre, l'un des plus accessibles de cet album, qui précède le non moins savoureux Blissfully Ours et sa structure tout aussi accrocheuse et invitante à taper du pied que celle de So Much for Subtlety, sauf qu'elle est plus abrupte et saccadée. Un autre bon titre accrocheur, Thank You and Good Night clôture THE SECRET SOCIETY avec un rythme fluide dont les courbes et les boucles élastiques s'accrochent à des bourdonnements irisés ainsi qu'à de superbes percussions. Des percussions qui sculptent un pattern rythmique envoûtant avec des coups clairs et résonnants qui annoncent de belles modulations rythmiques. Pénétrant, le synthé lance de belles couches aussi éthérées qu'enveloppantes, croisant au hasard des riffs et des souffles perdus. C'est une très bonne conclusion pour un album qui est souvent aux antipodes de ses rythmes, ses influences et ses mélodies.

En conclusion, j'ai adoré ce premier opus de Lyonel Bauchet. Voguant sur plusieurs influences et plusieurs approches rythmiques, THE SECRET SOCIETY touche à toutes les sphères et les possibilités des styles que la MÉ et les synthétiseurs peuvent influer. Et étalé sur 60 minutes, on doit admettre que la diversité est telle que l'on doit assouvir notre envie d'exploration sur plusieurs écoutes et encore plus. Disponible en format téléchargeable sur le site de DiN, cet album vous garantit 60 minutes de pure magie avec tout le bonheur de découvrir une musique truffée de surprises et de coups de cœur.

Sylvain Lupari (26/10/11) *****

SynthSequences.com

Disponible au DiN Bandcamp

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