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  • Writer's pictureSylvain Lupari

M3nash Declive (2023) (FR)

C'est le genre d'album qui accompagne parfaitement une journée de spleen

1 Tears 8:06

2 Composure of Loneliness 10:59

3 Hanging over the Abyss 6:14

4 Zorrow 7:05

5 Cursed Tape 2:51

6 Drowned 4:59

(DDL/CD-(r) 40:14)

(Ambient New Berlin School)

Des scintillements de poussières d'étoiles pétillent sur une onde de réverbérations. Ainsi ouvre Tears et par le fait même, les dimensions de DECLIVE. Les accords de clavier qui y tombent ont cette vision de larmes jaillissant du néant pour rebondir en créant une ritournelle sculptée dans l'harmonie d'une triste mélodie. Des pépiements du synthé et autres effets sonore ornent cette procession circulaire innocemment guidée par 2 accords cadencés. Le ton est sobre et reste dans le registre de mélodie méditative qui se fait envelopper par les chants mythiques d'une étrange mélodie spectrale. Cette approche mélodieuse est encore mieux exploitée sur le très ambiant et mélancolique Hanging over the Abyss où la vision et la structure de la composition de Esteban Menash épousent très bien le sens du titre. Il y a beaucoup de tristesse dans ce nouvel album-téléchargement du musicien Argentin, et co-fondateur du label Cyclical Dreams. D'emblée, M3nash avoue que cette collection de titres échouées sur une cassette et retrouvée dans un vieux coffre est ni plus ni moins qu'un cri silencieux d'un artiste suppliant d'être secouru. Et ça s'entend sur 5 des 6 titres de DECLIVE, dont l'enveloppe de nostalgie est d'une surprenante fragilité.

L'exception est Composure of Loneliness qui vient à nos oreilles avec un splendide New Berlin School. Son rythme est circulaire avec une première nappe d'oscillations qui tournicote avec une délicate inflexion dans son axe circulaire. Le rythme court fluidement. Il devient encore plus entraînant lorsque des effets percussifs, une série de 7 cognements rapides, l'encerclent et le guide vers un solide rock électronique. Une autre ligne d'oscillations, ayant une texture plus organique, s'ajoute, ralentissant momentanément l'impulsion de la vague ondulante. Le synthé laisse filtrer de tendres pads cosmiques ainsi que des effets de jeu vidéo. Un excellent titre qui accroche autant les oreilles que les pieds à la première écoute. Dans une approche rythmique aussi nébuleuse et hésitante que celle de Rock On (David Essex), Zorrow déploie sa stratégie de mélodie secrètement cadencée. Ambiant, son rythme est circulaire avec une variété de séquences dont les textures et couleurs bondissent indépendamment pour finalement créer une délicieuse chorégraphie méditative. Certaines séquences ont une texture caoutchouteuse alors que d'autres ont une limpidité harmonique qui fusionne assez bien avec celles toujours un peu plus grave. On note aussi un subtil effet de canon rythmique dans certains de ces arpèges qui partagent adéquatement les visions tant rythmiques que mélodiques. Il y a un délicat usage du mellotron (flûte et orchestration) dans un décor où des pads de synthé scintillent dans une processions avortée et des bancs de brume flûtée bercent des effets électroniques cosmiques. Cursed Tape est un court titre avec des arpèges moirés qui sautent sans entrain sur un tapis de réverbérations qui s'étiolent dans un bleu métallique. Ça fait très Brian Eno! Drowned termine ce court opus de M3nash avec une autre belle mélodie méditative, la plus belle certes, qui nous accable par sa tristesse. Le clavier laisse tomber des notes qui scintillent sur un mouvement circulaire du séquenceur. Elles bondissent en symbiose avec ce rythme ambiant magnétisant et dans un éclat musical qui fait un contrepoids lyrique aux ondes de pluie et de tonnerres qui remplissent le background d'un titre qui se termine sur un lit de réverbérations distordues.

Si Die Loreley avait une belle légende à nous faire entendre, DECLIVE est ce genre d'album qui accompagne parfaitement une journée de spleen, si on cherche à rester dans cet état! Il y a des passages moroses assez émouvants et d'autres où le côté créatif, Composure of Loneliness et Zorrow, de Esteban Menash illuminent nos oreilles.

Sylvain Lupari (18/08/23) *****

Disponible au Cyclical Dreams Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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