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  • Sylvain Lupari

MADHAVI DEVI: The Truth of Being (2018) (FR)

“The Truth of Being est un magnifique album qui redéfini les paramètres de la musique ambiante avec une richesse qui ne m'avait pas encore touchée”

1 Translucence Reflected 9:34

2 Jade Breeze 12:28

3 Cloudbreak on Ilsa 6:21

4 Breakthrough 4:51

5 Inner Vision - Cave of Light 15:14

6 Luminescent Hue 7:50

Spotted Peccary SPM-3801 (CD/DDL 56:18)

(Ambient with a zest of mysteries)

Par où débuter cette chronique concernant la dernière des Messes célestes et atmosphériques du label Spotted Peccary? J'avais déjà entendu la musique, à tout le moins sa participation, de Madhavi Devi avec le très ambiant Source of Compassion, album réalisé en 2016 en compagnie d'Howard Givens; le grand manitou du label Américain. Toujours aux commandes, Givens prête ses synthés et surtout sa réalisation pour un splendide album qui redéfini certains paramètres de la musique ambiante. Envoûtant, secret et mystique THE TRUTH OF BEING explore un autre royaume de paysages d'ambiances avec un esthétisme sonore qui m'a fortement impressionné avec une richesse qui n'avait encore jamais atteint mes oreilles. Cheryl Gallagher utilise une panoplie de synthés, tant analogues que digitaux et modulaires avec des filtres sonores tout autant diversifiés. Les harpes, grandes comme électriques, une guitare, un violon et de fascinantes percussions tibétaines tissent des étoffes d'ambiances et de rythmes dans une musique très immersive enveloppée par de somptueuses orchestrations. Un superbe album guidé par les océans, les secrets de Madhavi Devi et son impressionnante vision musicale qui nous fait voyager à travers ses fantaisies!

Des brises soufflant sur l'océan Pacifique amènent les vagues à murmurer sur les rivages. C'est dans une vision très paradisiaque que Translucence Reflected fait flotter ces souffles qui soulèvent des particules de sable qui se solidifient en des chants de carillons. Comme un mobile d'un enfant au-dessus d'un gigantesque lit astral, les tonalités des carillons doivent porter sur l'immensité du territoire et se transforment en des accords percussifs qui cognent et tintent avec un espoir de former un rythme moins passif. Et c'est un léger mouvement de rythme qui séduit finalement les vents azurés de Translucence Reflected. Ce rythme tournoie comme un mirage de Michael Stearns dans une 2ième partie soufflée afin de nous donner des frissons avec des orchestrations et des chants d'étoiles qui forment une sublime berceuse lunaire. Voilà! La boîte à charmes de Cheryl Gallagher est maintenant toute grande ouverte et Jade Breeze s'y introduit tout en douceur avec sa ronronnante brise assourdissante. Des nappes célestes se déploient, comme un tapis de tulipes jaunes ouvrant leurs pétales dans une symphonie de mouvements inertes. Même maquillées d'ombre, les tonalités sont radieuses et jettent une quiétude méditative qui est rejoint par un duel entre un piano et des tintements de carillons, de percussions Tibétaines. Des filets de voix semblent sortir de cette membrane où plus rien ne rentre alors que les brises de jade jouent avec la tendresse d'un piano sans retenue pour jeter des frissons dans les couloirs secrets de notre âme. Et comme dans Translucence Reflected, c'est une danse de carillons qui anime le rythme léger Jade Breeze. Des percussions, très discrètes, s'invitent à cette danse éthérée qui graduellement éparpille ses tintements dans ce vaste océan qui soufflait son introduction.

Cloudbreak on Ilsa est un titre ambiant plutôt intense qui bouge dans le vide par les impulsions de son dense paillasson sonore brodé par des multi lignes d'orchestrations. Harpe et violon, joué par Stephanie Britten Phillips, jette une vision très nostalgique, parfois même très sibylline, dans une texture électronique alimentée par moult effets sonores d'une autre contrée. Tout près des territoires mythiques de Patrick O'Hearn, Breakthrough nous amène à un autre niveau avec un chant de didgeridoo bercé par de superbes percussions qui moulent un envoûtant down-tempo des plus éclectique. Étrange, mes haut-parleurs voulaient toujours le réentendre! Les soupirs et les larmes existent sous toutes les formes dans THE TRUTH OF BEING. Et ils sont à l'origine d'Inner Vision - Cave of Light, une symphonie pour âmes à la dérive. À la fois complexe et céleste avec de beaux passages d'harmonies introspectives, la musique est un genre de voyage astral avec ses nombreux waash et wiishh qui ondulent et caressent les lents mouvements ailés d'instruments à cordes et les tendres complaintes d'un synthé en mode; Michael Stearns cosmique avec une senteur sibylline. Les vagues de sons, comme des lames sonores en THX, nous emmurent dans un paysage tonal, qui réussit toujours à atteindre un niveau supérieur de titre en titre, et ses fabuleuses permutations qui se font en douceur. Un tintement de percussions percent l'aura des orchestration, déstabilisant l'ondée atmosphérique qui cherche son repaire rythmique. Les océans crachent toujours des vagues sur les berges célestes alors que l'avancée des percussions bousculent une autre couleur des strates de synthé. Le débit irrégulier des tintements percussifs et les roulements de leurs échos tissent un rythme ambiant qui sonne comme si Klaus Schulze nous attendait dans un autre univers. Les violons jettent du noir et la harpe est tisseuse de mélodies évanescentes qui vont et viennent reformuler leurs desseins dans des paysages d'ambiances qui se fondent en une mosaïque impénétrable dont les effets torsadés multiplient la nouvelle lenteur abyssale d'Inner Vision - Cave of Light, qui tranquillement rentre au port de sa solitude. Un superbe titre qui précède l'allumeuse qu'est Luminescent Hue. Ici, plus question de sérénité. Le rythme est tantôt affamé et tantôt contrôlé, mais toujours dominant. La violence des orchestrations et un autre superbe pattern de percussions animent le débit tempétueux de ce titre qui conclut un album fort surprenant de Madhavi Devi et inestimable pour les oreilles ainsi que les haut-parleurs du début à la fin.

Sylvain Lupari (05/10/18) ****½* SynthSequences.com

Disponible au Spotted Peccary Bandcamp

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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