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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Mike Hans STEFFL Successful Failure (2022) (FR)

Une très belle surprise qui va plaire aux fans de musique cosmic-atmosphérique avec de bons élans du séquenceur

1 Bad Omen 5:50

2 Successful Failure Part I 16:12

3 Backside of the Moon 9:24

4 Successful Failure Part II 18:06

5 Lost Moon 6:00

(DDL 55:33)

(Cosmic New Berlin School)

Il m'arrive encore de faire de très belle découvertes dans les horizons de Bandcamp, et celle de Mike Hans STEFFL en est une des plus agréables. Ce musicien Allemand, né à Munich, fait de la musique électronique (MÉ) depuis les années 70, et ce n'est que dernièrement, grâce au label Aural Films, que sa musique a traversée les frontières de son pays. Le label de San Francisco a proposé deux de ses derniers album, Theater Splinter et SUCCESSFUL FAILURE sur son site Bandcamp à la fin 2022. J'ai entendu quelques bribes de Theater Splinter, qui propose une MÉ plus avant-gardiste, alors que j'ai savouré ce très bon SUCCESSFUL FAILURE qui propose rien de moins qu'une MÉ de style New Berlin School fortement imprégnée des ambiances de Software, sinon celles de Peter Mergener dans son concept de musique inspirée des histoires du Cosmos. Cet album-téléchargement, d'une durée de 55 minutes, est inspiré du voyage quasiment catastrophique d'Apollo 13 au printemps 1970. Suivant ce concept, MHS tisse des ambiances cosmiques avec de belles orchestrations lunaires, d'où le lien avec Software, et des échantillonnages de conversations entre des astronautes et les ingénieurs de la NASA et surtout des doses d’émotion cinématographique qui nous projette dans le temps de ce voyage où les astronautes ont autant flirté les dimensions de l'espace que de la mort. Les compositions sont bien conçues et bien développées avec des évolutions attendues et des retournements inattendus, je pense à un titre comme Successful Failure Part II, dans un style qui devrait plaire aux aficionados du genre New Berlin School propulsé par un séquenceur toujours en mode Software.

Un jet de poussière cosmique initie le rythme sautillant en effet de strobe de Bad Omen. Déjà, Mike Hans STEFFL met nos oreilles en appétit avec une ligne de basse séquences qui sautille sur un tapis de réverbération, et une ligne d'arpèges, incluant sa mélodie cadencée, qui scintille et dansotte comme l'écho d'une étoile. Ces arpèges épousent l'axe du rythme avec un léger décalage, créant un effet stroboscopique d'un rythme défilant sa texture hypnotique dans une dense brume d'orchestrations intersidérales. Le parallèle avec les univers de Peter Mergener & Michael Weisser saute d'emblée aux oreilles lorsque les orchestrations se transforment en valse cosmique et que le rythme abrège sa structure initiale, sauf pour le support harmonieux des arpèges, pour se fondre dans un rock cosmique avec l'ajout de sobres percussions. Jouant adéquatement sur ses presque 6 minutes, le musicien Allemand sculpte une douce mélodie sur un clavier tout en rêvant aux étoiles les plus proches de nos oreilles sur un rythme devenu plus pulsatoire. Ce premier titre, quoique court, est assez révélateur des structures en constant mouvement qui attend l'auditeur lors de sa découverte de SUCCESSFUL FAILURE. Des splish et des splash, ainsi que des effets de remous nourris de réverbérations, sont à l'origine de Successful Failure Part I. Ce titre, à tout le moins ses 11 premières minutes, est profondément atmosphérique avec des échantillonnages de voix de cosmonautes, des nappes d'orchestrations, des phases quasiment silencieuses et de lourds effets vibratoires passagers qui seront récurrents dans les premiers instants du titre. Des basses pulsations vibratoires sculptent un genre de course circulaire autour de la 4ième minute. Cette course, qui sera momentanée, serpente des corridors d'orchestrations lunaires dans un décor toujours rempli des conversations entre astronautes et ingénieurs. Ce n'est qu'après la 11ième minute qu'un stratagème rythmique secoue l'opaque membrane d'ondes atmosphérique avec un mouvement circulaire et ascendant du séquenceur. Cette structure, qui s'apparente à la première, offre plus de résistance à cette dense mainmise des ambiances interstellaires du titre en effectuant des galops circulaires qui tournoient dans un effet de trou noir.

Backside of the Moon naît aussi de turbulences cosmiques qui s'amenuisent dans la sérénité d'une voix céleste. Des effets sonores illuminent les ambiances, autant que nos oreilles, avec des ondes de synthé qui déroulent leurs effets de saccades dans des souffles de réverbérations bourdonnantes. Cette ouverture flirte avec les 150 secondes avant qu'une structure de rythme émerge avec un séquenceur qui forge des boucles désarticulées rampant comme des bêtes rythmiques organiques. Peu à peu, Backside of the Moon se transforme en un hymne technoïde, boom-boom, tssitt-tssitt, avec des nappes de voix célestes qui persistent à enjôler nos neurones. Des nappes de synthé brumeuses recouvrent ces réverbérations qui fredonnent un air intrigant dans l'ouverture de Successful Failure Part II. Les échantillonnages de voix de la NASA ressortent sur ce titre qui peu à peu se défait de son ouverture atmosphérique et cinématographique pour présenter une structure de rythme électronique sise sur une ligne ondulatoire sertie de bonds d'un séquenceur aux accords de basse. Le rythme est envoutant et tournoie en petits cercles, aspirant les voix et libérant de soyeuses orchestrations qui procurent des petits frissons. Un chant du synthé, genre ondes Theremin, se détache de ces orchestrations pour siffler un air d'extraterrestre aussi réel que nos souvenirs d'enfants écoutant Au-delà du Réel. À ce point, l'évolution du titre est tout simplement hallucinante! Le rythme s'épuise un peu avant la 9ième minute, entrainant Successful Failure Part II dans une phase atmosphérique-cosmique de plus ou moins 2 minutes avant qu'il ne ressuscite dans une approche nettement plus dynamisée. Un genre de EDM qui est serpenté et ceinturé par de beaux arpèges séquencés en mode rythme et harmonie, avant que les éléments atmosphériques de l'album en général reviennent tempérés les ambiances du plus long titre, et de loin le plus intéressant, de SUCCESSFUL FAILURE. Lost Moon termine cet album avec un mélange des vents creux, sombres et ululant qui sillonnent au-dessus des tam-tams d'un rythme tribal lent. Le rythme se développe dans ces ambiances cosmiques sans prendre un envol, même avec un bref mouvement ascendant du séquenceur. Mais majoritairement, ce sont des vents cosmiques muent par des esprits mythiques des ancêtres de la Lune qui dominent les 6 minutes de ce Lost Moon.

Il y a beaucoup d'éléments qui font de SUCCESSFUL FAILURE une très agréable découverte à entendre. Mike Hans STEFFL réussit à harmoniser ces éléments conceptuels, les voix, les effets sonores et les poussées d'adrénaline lors de la chute d'Apollo 13, dans des contextes harmonieux et rythmiques où les textures de techno, de New Berlin School et de rock cosmique n'ont pas de frontières.

Sylvain Lupari (20/02/23) *****

Disponible au Mike Hans STEFFL Bandcamp

(NB : Les mots en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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