• Sylvain Lupari

MOONBOOTER: Cosmoharmonics (2016) (FR)

Moonbooter porte superbement ses deux chapeaux en mélangeant l'EDM de sa série Cosmo à sa vision du Berlin School

1 Simply Ethereal 7:43 2 Drop 7:13 3 Oscillation 6:57 4 The Greatest Mystery 6:31 5 Harmonic Breaks 4:45 6 Pure Natural 4:05 7 Pan Tau 8:14 8 Earth Two 6:45 9 Dance with Overtones 7:56 10 Romantic in Space 7:01 MellowJet Records ‎| cdr-mb1601 (CD-r/DDL 67:09) (EDM, E-Rock, Berlin School)

Une onde venue du noir escalade le néant, jetant un voile ténébreux que des pulsations robotiques finissent par chasser. Des accords se greffent à ce mouvement pulsatoire, de même que d'autres pulsations organiques (on dirait des baisers d'une ventouse géante) et d'autres séquences qui papillonnent comme des mouches à feu dans un long tube trop étroit pour leurs ailes. Il y a aussi d'autres ondes synthétisées qui ondulent en arrière-fond, donnant une profondeur sonique autant riche que très diversifiée à l'introduction de Simply Ethereal qui cherche à s'arrimer à ces rythmes de danses électroniques qui sont le jalon de la série Cosmo de Moonbooter. Puis vient un doux mouvement éthéré où les larmes de synthé se recueillent comme des soupirs de violons, jetant les bases harmoniques de Simply Ethereal. Et toujours en arrière-fond, ces séquences qui se libèrent de leur prison tubulaire afin de dessiner des mouvements ondulatoires. Et le rythme explose doucement après la barre des 3 minutes. Tel que visé par Bernd Scholl, la mélodie reste à l'avant-scène avec de belles cabrioles qui s'unissent au doux staccato des arrangements alors que pulsations et séquences sortiront avec plus de mordant dans la 3ième phase de la musique. Ce premier titre de COSMOHARMONICS est assez représentatif des ambiances de ce dernier album de Moonbooter qui est moins sauvage que ses prédécesseurs, mais qui offre tout de même quelques bonnes structures de danse électronique.

Comme le rythme circulaire de Drop et ses chassés-croisés de lignes de séquences qui entrecroisent des ions tantôt voraces et tantôt plus harmoniques. L'effet du vocodeur ajoute une touche cybernétique à la Kraftwerk à une musique qui finit par assouplir sa vision rythmique pour laisser éclore des mouvements de séquences très harmoniques alors que le synthé lance des séduisants solos aux airs arabiques qui séduisent même ces lentes nappes de violons astraux. L'union des deux mondes est plus que séduisante ici. Construit sur le même modèle que Simply Ethereal, Drop propose 3 phases qui présentent un léger accroissement du rythme et des ambiances. Idem pour Dance with Overtones où le modèle de la Berlin School et de la musique d'ambiances dévient entre ces phases vers de l'Électronica tempéré. Ici le synthé fait très Vangelis, pour les effets, alors que les solos harmoniques portent le sceau Moonbooter. Mais la violence rythmique n'atteindra pas celle de Oscillation qui est un véritable hymne au mouvement EDM et de Transe des samedi de danse collective hyper-active. Si on aime le genre (moi je trouve que c'est bien fait, même si ce n'est pas mon style de musique), Harmonic Breaks va séduire. Même si moins violent, son enveloppe cosmique nous amène à un autre niveau de danse. Pan Tau, un des très bons titres du genre que Moonbooter a composé, propose aussi de la très bonne EDM. Les séquences, les pulsations sourdes et les effets de gazouillement ajoutent à une lourdeur frivole à de très belles lignes d'harmonies qui sont aussi envahissantes que les arrangements. C'est le genre d'EDM qui s'écoute plus qu'il se danse. COSMOHARMONICS est aussi le premier album de la série Cosmo à se balancer entre les univers de danse et celui plus électronique que Bernd Scholl propose en marge de cette série.

The Greatest Mystery est le premier titre à démontrer ce fait. Après une belle intro brodée autour du romanesque, des séquences très harmoniques couchent des bases harmoniques aux parfums d'Asie. Le rythme s'extirpe avec une approche hésitante avant de mordre nos sens avec une lourdeur et une lascivité nées de percussions sobres et d'une bonne ligne de basse aux ombres grésillantes. C'est un bon down-tempo morphique et l'harmonie principale creuse un premier rendez-vous avec la collection des vers d'oreille de cet album. Bernd Scholl s'assoit au piano pour nous présenter le très romantique et mélancolique Pure Natural. C'est sans doute un des titres les plus tranquilles que j'ai entendu de Moonbooter. C'est un très beau moment de répit avant le bouillant, et très créatif, Pan Tau. Earth Two appartient au volet rythme lourd et harmonique de l'album. Les arrangements, de même que les lentes nappes de rythme ambiant, plairont assurément aux fans de Jean Michel Jarre. Peu importe les genres, chaque album de Moonbooter cache une petite perle. Romantic in Space est celle de COSMOHARMONICS. Circulaire, avec ses élans stroboscopiques des séquences, le rythme est construit sur un enchevêtrement de percussions entraînantes et de séquences qui éparpillent aussi de tendres filets d'harmonies dont les airs nappées de violons astraux trouvent un gite permanent au fond de nos tympans. Quelle belle pièce de musique plantée dans une enveloppe de down-tempo plus lent que morphique. Et quel bel album de Moonbooter qui réussit à merveille porter ses deux chapeaux et ses deux signatures soniques dans un même album où la EDM n'aura jamais été aussi invitante qu'ici.

Sylvain Lupari (09/07/16) *****

SynthSequences.com

Disponible chez MellowJet Records

  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle

© 2019 by  Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari