• Sylvain Lupari

MYTHOS: Quasar (1980-2011) (FR)

Updated: Mar 22, 2021

Un mélange audacieux teinté de nostalgie qui surprend et finit par plaire, tant que nous sommes ouverts aux racines de Krautrock

1 Quasar 4:28

2 Nurse Robot 3:22

3 Flut e Qencer: the Knight Songs 9:58

a. Duel (2:21) b. Lamentation (4:03)

c. Conjuration (1:26) d. Rebirth (1:37)

4 Flut e Sizer 3:31

5 Didnt notice, Didnt Mind 3:23

6 Nothing but your Dream 3:19

7 Just a Part 3:31

8 When the Shows Just Begun 3:26

9 Collected Jingles & Theme Songs 9:58

Sky Records – SKY 046 (1980)

Sireena Records – SIR 2094 (2012)

(CD 44:23)

(Krautrock, EM)

Après la parution de Superkraut Live 1976, Sireena Records dépoussière cette fois-ci une œuvre charnière dans l'évolution de Mythos. QUASAR est l'album transitoire dans la carrière du mythique groupe de Krautrock allemand. C'est le premier album solo de Stephan Kaske et le premier album où Mythos transcendait ses racines de Krautrock pour étreindre les sentes de la MÉ. Ce faisant, QUASAR est un très beau mélange de rock progressif lourd et tortueux et de MÉ à saveur Teutonique qui est fortement influencée par les rythmes pulsatoires et technoïdes de Kraftwerk ainsi que de leurs vocodeurs de robots enrhumés. C'est un peu comme si Jethro Tull tombait dans les claviers et percussions robotiques du quatuor de Düsseldorf. À tout le moins, c'est de cette façon que la pièce titre harponne nos oreilles.

Des touches de clavier limpides tombent comme des flocons de neige par un soir de Noël pour initier le rythme bondissant de la pièce-titre. Le rythme est nerveux et sautille en un fiévreux mouvement de staccato alors qu'une flûte en embrasse sa fougue, forgeant une mélodie qui s'accroche à une structure bipolaire aux mouvements interchangeables où percussions claquantes et cyborgnétiques, pulsations résonnantes et bondissantes ainsi que spirales limpides tissent une anarchique mosaïque rythmique. C'est du nerf au quart de tour, comme Nurse Robot qui est du gros rock progressif électronique avec un rythme vif et saccadé où les percussions, riffs, touches de clavier et voix concordent leurs sèches harmonies pour débloquer vers des spirales infernales. On note une approche similaire sur Didnt Notice, Didnt Mind qui par contre est bourré de superbes solos de Moog. Ces deux premiers titres, très bouillonnants de rythmes bondissants, sont des fidèles reflets de QUASAR qui est plus près des frontières du rock progressif électronique que du Berlin School à la Tangerine Dream ou Klaus Schulze, tel que vanté dans les informations de presse. Ceci étant clarifié, ça demeure un album assez intéressant. Flut e Qencer: the Knight Songs est un très beau titre plein d'ambiances découpé en 4 volets. Des variations sur une même thématique mélodieuse avec une approche rythmique sise sur des larges ondes oscillatoires et des riffs tranchants où les ambiances glauques respirent dans des sonorités d'orgue médiévales, Flut e Qencer: the Knight Songs évolue comme 4 mini contes d'horreur où le Moog façonne des arias acérées qui ululent tels des spectres nocturnes sur ces rythmes ambivalents, tantôt tranchants (Duel et Rebirth) et tantôt flottants (Lamentation et Conjuration). Les guitares sont mélodieuses et les basses intimidantes.

Flut e Sizer est couché sur un rythme stoïque avec des percussions et des accords de clavier à la Kraftwerk qui sautillent sur une approche mélodieuse nourrie par une flûte assez douce et un Moog aux solos spectraux et torsadés. Le rythme est limpide et l'enveloppe harmonique, issue d'une fusion orgue et clavier, me rappelle Peter Baumann sur Trans Harmonic Nights. Nothing but your Dream et Just a Part sont deux titres lourds où les percussions et les voix tissent des ambiances très rock progressif que le Moog convertit en structures plus électronique alors que When the Shows Just Begun est plus du genre ballade et exploite plus les éléments romanesques du Moog et de la flûte. Cette nouvelle édition de Sireena Records comprend un titre en boni, Collected Jingles & Theme Songs, qui (comme son titre l'indique) est une collection de Jingles et de morceaux de pièces de musique. Ça défile vite…et j'imagine que l'intérêt est pour les fans de Mythos seulement et non pour ceux qui aspirent à le devenir.

Un peu comme avec Superkraut Live 1976, je continue mon apprentissage de l'univers très Krautrock de Mythos et surtout de Stephan Kaske, un personnage encore trop méconnu de la scène électronique progressive Allemande. Et j'ai bien aimé ma découverte de QUASAR. C'est un album dur et très rock où les rythmes Teutoniques à la Kraftwerk sont tissés dans des percussions et des vocodeurs robotiques alors que les ambivalences mélodiques progressives à la Jethro Tull cogitent dans des vapeurs spectrales et envoutantes des harmonies du Moog. Un mélange audacieux teinté de nostalgie qui surprend et fini par plaire, pour autant que nous soyons ouverts aux racines du Krautrock. J'espère juste que Sireena Records poursuivra l'aventure. À quand Dreamlab et Strange Guys?

Sylvain Lupari (04/04/12) ***½**

SynthSequences.com

Disponible chez Sireena Records

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