• Sylvain Lupari

MYTHOS: Superkraut Live at Stagge's Hotel 1976 (2011) (FR)

C'est du Krautrock qui devrait plaire aux fans, mais c'est aussi le début d'une nouvelle aventure musicale pour Mythos

1 Dreamlab Part 1 Echophase Live 9:27  

2 Dedicated to Werner von Braun 5:28  

3 There's no God (Battlefield) 9:13  

4 Eternity Live 9:07  

5 Stagge Inferno 3:40  

6 Backstage Fumble Live 6:16  

7 Message Part 2 Live 8:44  

8 There's no God (Final) 7:17

Sireena Records

(CD 51:54) (Krautrock)

Nous sommes en plein cœur des années 70 et Mythos est de plus en plus reconnu dans les sphères de la Krautrock Musik avec des influences musicales aussi diversifiées que Can, Nektar, Jethro Tull, King Crimson et Ashra Temple. SUPERKRAUT LIVE AT STAGGE'S HOTEL 1976 est un héritage culturel de ce groupe culte qui a fait sa marque avec le légendaire label OHR. Le groupe est alors au sommet de sa popularité avec l'album Dreamlab paru en 1975. En Mars 1976, Mythos s'arrêtait le temps d'un concert au mythique pub Stagge's Hotel pour y donner une performance intimiste devant un public conquit d'avance. Un concert où le groupe de Stephan Kaske présentait des titres de l'album Dreamlab, ainsi qu'un titre qui apparaîtrait sur le suivant album Strange Guys et 3 titres inédits jusqu'à ce jour. Des enregistrements de ce spectacle furent retrouvés et vous sont offerts dans une très belle présentation, qui inclut une pochette de style digipak et un beau livret relatant l'histoire de cette période et de ce concert.

Une flûte court après son souffle pour ouvrir Dreamlab Part 1 Echophase Live. La basse et les percussions se querellent un rythme en gestation alors que la flûte tente de percer ce rythme qui devient lourd, lent et langoureux. On croirait entendre du Jethro Tull. Homme orchestre, Stephan Kaske troque sa flûte pour son synthé et crache des sonorités électroniques des années vintage, alors que la basse mord de plein fouet ce rythme devenu totalement fou. Un rythme qui dévie vers un gros rock progressif électronique. Un peu après la 6ième minute, le titre glisse vers des ambiances plus éthérées avec une douce guitare acoustique qui sert de rempart mélodieux à une flûte aux souffles célestes. Un bref et doux moment que la batterie encadre doucement avant que le rythme ne reprenne avec plus de cohésion. Tiré aussi de Dreamlab, Dedicated to Werner von Braun est un très bon titre qui nous amène aux rythmes évasifs et flottants des années Krautrock. La guitare de Kaske échappe de très bons solos planants qui roulent en boucles et tissent une envoûtante mélodie cosmique sur une structure rythmique ascendante. C'est très bon et on croirait entendre la musique psychédélico-flottante d'Ashra Temple. There's no God (Battlefield) est un titre inédit et présente Stephan Kaske aux vocales. C'est un titre étrange dont les rythmes évolutifs nous entraînent dans les univers de Jethro Tull et King Crimson de la période de Larks' Tongue in Aspic avec un superbe duel basse/synthé aux sonorités encore très électronique. Oui, j'ai bien aimé. Toujours de Dreamlab, Eternity Live ouvre avec une très belle ballade cosmique où la flûte et la guitare acoustique de Robby Luizaga tissent une belle mélodie introductive qui permute avec violence sur un rythme saccadé et qui se tempère un peu pour embrasse un étonnant blues cosmique où Stephan Kaske démontre qu’il est aussi bon guitariste que synthésiste.

Autre inédit, Stagge Inferno est un titre bipolaire avec son tempo en constante permutation. L'ouverture prend les apparences d'un furieux rock électronique avec de lourds riffs de guitares. C'est un rock débridé ralentit par des passages plus mélodieux où la basse de Robby Luizaga court et harponne ce rythme échevelé. Pas encore à point, Backstage Fumble Live sera du prochain album, Strange Guys. Le titre présente un cadre rythmique qui s'apparente à Dreamlab Part 1 Echophase Live, sauf qu'à l'inverse la première partie est plus mélodieuse alors que la deuxième épouse une structure plus désordonnée où guitares et flûte s'échangent riffs, harmonies et mélodies sur une superbe basse. Message Part 2 Live est une très belle et courte mélodie où le synthé Oboe et la flûte de Kaske remplissent l'air d'harmonies célestes. Un solide solo de batteries est le principal élément de There's no God (Final) qui est aussi le dernier titre inédit sur cet album de Mythos en concert.

Je ne suis pas vraiment un amateur de Krautrock, donc je n'ai aucun repère afin de bien situer et chroniquer cet album en concert d'un Mythos dont je connaissais à peine les racines. Par contre, je peux m'appuyer sur certains groupes progressifs que j'ai entendu dans mon adolescence pour tenter d'analyser cet opus qui me dévoile un Mythos dans une timide transition vers la MÉ. Et j'ai bien aimé. J'ai été surpris de constater toute la dextérité de Stephan Kaske et surtout par la musicalité qui s’échappe des structures musicales un peu chaotiques et en constante évolutions, même à l'intérieur de titres plus courts. SUPERKRAUT LIVE AT STAGGE'S HOTEL 1976 est un album qui, j'en suis sûr, va plaire aux amateurs de Krautrock vintage. C'est un album qui démontre tout le potentiel de Stepehn Kaske. Un potentiel exponentiel qui explique l'éclosion de Mythos avec le superbe et intrigant The Dark Side of Mythos paru en 2000.

Sylvain Lupari (17/10/11) ***½**

SynthSequences.com

Disponible chez Sireena Records

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