© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle
  • Sylvain Lupari

NORD: Horizons (2019) (FR)

“Comme plusieurs albums au fils des ans, Horizons est un autre très bon album qui lie les styles Berlin School, cosmique et EM prog-rock de Nord toujours très poétique”

1 Horizons Movement 1 (Part 1, 2 & 3) 17:08

2 Horizons Movement 2 12:54

3 Horizons Movement 3 7:38

4 Horizons Movement 4 (Part 1 & 2) 11:34

5 Horizons Final Movement 10:34

NORD Music

(DDL 59:50)

(Berlin School, Cosmic prog EM)

Vous vous en doutez sans doute…J'aime bien la musique de Sztakics István Attila! Que cela soit avec son nom-de-plume, Andreas Meyer (excellente MÉ ici) ou Nord, le musicien-ingénieur-compositeur Roumain arrive toujours à éveiller cette flamme, parfois endormie, de la Berlin School. Même avec ses habits de rock progressif électronique! Comme ici, avec HORIZONS qui fait partie de ces albums où nos sourcils froncent à la première écoute. La Terre rencontre le ciel alors que notre monde fusionne avec les cieux. Trouver l'état entre la réalité et le rêve et transformer le son en couleurs. C'est sur cette base poétique que Nord offre un album, toujours en format téléchargeable, qui est divisé entre un aspect cosmique envahissant, du bon Berlin School et du rock progressif poussé par de toujours étonnantes percussions électroniques. Proposé en 5 chapitres étroitement connectés, ce dernier ouvrage de Nord totalisent près d'une heure d'une belle MÉ qui manque un peu de finition dans le mastering en raison de ces longues finales plus silencieuses que musicales. À moins que la vision de Sztakics István Attila soit de faire fondre les ouvertures et les finales comme les horizons se fondent dans le Cosmos.

C'est dans les ténèbres cosmiques que débute ce premier long segment d'HORIZONS. Horizons Movement 1(Part 1, 2 & 3) est un long titre avec une lente évolution. Et tout ce qui gravite autour de son introduction semble stigmatisé dans du cristal de Lune, alors que le mouvement continue sa lente migration cosmique aidée par des ailes musicales peintes de violons dérivant. Des accords graves résonnent et des filaments de séquences s'étirent en créant des vrilles sonores qui vont et viennent dans cette ouverture planante. Les orchestrations lunaires sont poussées avec une gestion adéquate pour la création d'un environnement cosmique qui s'enrichit encore plus lorsque les pleurs des Ondes Martenot dérivent entre nos oreilles. Tantôt graves et tantôt stridentes, les ambiances laissent filtrer de faibles éléments percussifs qui rôdent derrière les larmoiements de ces Ondes. On sent toujours la présence d'une amorce rythmique qui prend véritablement son envol avec un mouvement dansant des arpèges qui scintillent dans une vision très Jean-Michel Jarre autour des 11 minutes. Cette approche électronique fusionne avec une vision plus progressive avec l'arrivée des percussions. Entretemps, les Ondes Martenot font place à des solos de synthé très créatifs. Nos oreilles sont ensuite plongées dans le noir! Il reste près de 2 minutes au compteur et ma salle d'écoute est plongée dans un long silence qui s'éteint avec la lente arrivée d'Horizons Movement 2. J'ai trouvé ça long!

L'introduction est plus laborieuse ici avec une orage sonore d'où émergent d'intenses rayons sous formes de roulements percussifs. Les nappes de synthé ont ce parfum apocalyptique de Vangelis et envahissent les ambiances de leurs chants angoissés. Des arpèges tintent et avancent à tâtons entre les coups de percussions dispersés. Ils rêvent dans leurs tonalités hybrides dont les charmes cosmiques restent toujours poétiques avec des orchestrations lunaires moins dramatiques. Des effets de voix, comme les scintillements des astres, assurent un décor qui s'imprègne des années vintages, mais encore plus des thématiques cosmiques des années Software. Une ligne de séquences molle flânent dans ce décor qui s'enrichit toujours plus avec des nappes d'éther qui jettent une fragrance endormitoire sur les 8 premières minutes d'Horizons Movement 2. Entre Beaubourg et Soil Festivities, 2 albums de Vangelis, la musique respire aussi ces parfums cosmiques de Jean-Michel Jarre avec de très bons solos émouvants et des nappes enveloppées de violons qui flottent dans une Voie Lactée mise en musique d'une façon assez réaliste. Horizons Movement 3 va direct au but avec une belle approche rythmique de style Software et dont le rythme ambiant est nourri de beaux et bons solos de synthé très musicaux. C'est une des forces de cet album qui a plus de charmes que de défauts. La marche des séquences est sphéroïdale et ajuste peu à peu sa cadence avec cette pluie de solos toujours aussi musicaux. On se croirait dans les belles années de Klaus Schulze ici qui joue sur le terrain de Jean-Michel Jarre. Toujours ambiant, Horizons Movement 3 change de forme autour de la 3ième minute avec de bonnes percussions qui lui donnent une teinte plus rock. La ligne de riffs qui tombent ajoute une vision plus rock progressif heavy-métal dans un environnement résolument électronique, même lorsque les solos de synthé se transforment en ceux d'une guitare toujours très inspirés. C'est un des meilleurs titres de fusion rock progressif et musique électronique que j'ai entendu. Je déteste par contre ce long vide intersidérale qui mange une finale encore pleine de punch! Horizons Movement 4 (Part 1 & 2) est un titre qui reprend les grandes lignes de la première partie de d'Horizons Movement 2 avant de foncer dans un bon rock cosmique animé par une bonne complicité entre le jeu des percussions, des séquences et de la ligne de basse. Les solos de synthé sont encore très riches et musicaux avec une vision assez près de Rick Wright dans Animals. En ce qui me concerne, ces deux titres sont le cœur d'HORIZONS qui se termine dans une finale très près des expérimentations de Vangelis et de Synergy, Jupiter Menace, avec Horizons Final Movement.

Sylvain Lupari (18/11/19)*****

SynthSequences.com

Disponible au Nord Bandcamp