• Sylvain Lupari

PADILLA & ALLEN: Toward the Horizon (2019) (FR)

“Un mélange de Berlin School, d'ambient et de prog rock électronique, Toward the Horizon a tout de la pure MÉ”

1 Toward the Horizon 17:38 2 Distant Waves 4:58 3 Tidal Disruption 13:05 4 Beneath the Surface 13:23 5 Hidden 11:00 6 Liquid Heaven 4:35

SPM-9086

(DDL/CD 64:40)

(Berlin School Ambient Music)

Craig Padilla est un de ces artistes qui semble très à l'aise dans des projets de collaborations. Ses albums avec Skip Murphy et Zero Ohms, sans oublier Howard Givens et Paul Ellis, sont les témoins de cette complicité spontanée. Dernièrement, il a prêté ses synthés au groupe The Fellowship of Imaginary Voyagers dans un étonnant album, Tenderness Avalanche, de rock cosmique progressif. TOWARD THE HORIZON effleure cette vision tout en embrassant l'approche méditative du musicien natif de Redding en Californie. Cette fois-ci, c'est avec une connaissance de longue date, le guitariste Marvin Allen, qu'il mijote un autre album où le style Berlin School trempe dans du gros rock dans une 1ière partie qui décoiffe avec un puissant séquenceur. Par la suite, nous avons droit à une MÉ plus près des territoires ambiants uniques à la signature du musicien/synthésiste américain. Masterisé par Howard Givens et produit dans l'esthétisme sonore très bien découpé du label Spotted Peccary TOWARD THE HORIZON est proposé en format téléchargement de haute qualité 24-96 de même qu'en CD manufacturé présenté dans une belle pochette digipack à 6 côtés.

Des accords d'une guitare électrique errant dans les interstices de l'univers ornent l'ouverture de la pièce-titre. Ces accords fondent en plaintes contemplatives et leurs résonances s'accouplent à des jets de brume. Un habile mélange de ces accords et les solos flottants de la guitare se tricote entre le synthé, ses lignes irisées et ses filets de voix secrètes. Ce duel nous propulse dans l'univers d'Erik Wollo. Un ruisselet de séquences harmoniques y flotte, laissant même passer de subtils effets percussifs. Des arrangements tissés dans un concerto pour violons avec des cordes en brume ouvrent la porte de Toward the Horizon vers de nouveaux horizons. Le séquenceur libère des pas discrets qui ondulent sur un tapis de nuages et de ses bruines prismiques. La structure de rythme évolue dans ce délicieux pattern ambiant qui inspirait la musique de Klaus Schulze dans ses années d'éther. Les percussions qui viennent dictent un pas plus rapide mais toujours ambiant même avec une intensité accrue du flot des séquences. En fait ce rythme ambiant sert la cause de Marvin Allen et Craig Padilla qui luttent toujours dans ce panorama sonique avec des échanges entre effets et solos qui deviennent plus voraces et plus incisifs. La pièce-titre de TOWARD THE HORIZON donne le ton à un solide album qui voyage entre ses moments ambiants et des phases animées de rythmes tout près du bon vieux Berlin School. En fait, c'est un travail impeccable que Craig Padilla effectue à ce niveau avec un séquenceur coulé dans les belles années de la MÉ.

Un court titre qui demeure très intéressant, Distant Waves propose une autre belle structure rythmique des années analogues, mais avec une vision plus près de Steve Roach avec un ciel sonique lézardé de lignes, tant du synthé que de la guitare, qui effilochent les couleurs d'une nuit boréale. Tidal Disruption est un autre titre fumant! Son ouverture est nourrie d'effets électroniques pas vraiment en symbiose avec de la poésie, mais plutôt des bruits caverneux agressés par des roulements de percussions, genre King Crimson dans Epitaph. Les effets sonores et les multilignes de synthé/guitare abondent dans une diversité concentrée sur des effets de réverbérations pour flirter avec les frontières d'un monde chthonien. Le mouvement du séquenceur qui s'en extirpe est vif et fluide avec des parfums de Phaedra. Lourd, le rythme résonne alors que des touches plus fragiles s'y agrippent pour donner une illusion plus diabolique à cette structure vivante qui accueille les riffs et accords perdus d'une guitare qui complète à merveille cette nappe de perdition du synthé. La métamorphose pour un rock lourd et vivant s'opère autour de la 7ième minute, plongeant Tidal Disruption dans un gros rock progressif électronique torpillé par des riffs et des solos agressifs d'une guitare expressive. Les percussions donnent un entrain vif alors que les séquences spasmodiques hoquètent en route vers une finale nettement plus éthérée. Un gros morceau qui précède la phase ambiante de TOWARD THE HORIZON. Beneath the Surface offre une vision plus lyrique avec des vents azurés soufflés en deux tons. Hidden est plus ténébreux avec des ondes de guitare qui font très Wollo sur une délicate structure de rythme ambiant qui danserait bien avec celle dans Structures from Silence, alors que Liquid Heaven termine cette 1ière collaboration Padilla/Allen avec une extension de Beneath the Surface. Un très bel album!

Sylvain Lupari (17/03/19) *****

SynthSequences.com

Disponible chez Spotted Peccary Music

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