• Sylvain Lupari

PARALLEL WORLDS: Shade (2009) (FR)

Shade est un bon album d'une musique qui cache de belles mélodies qui font de l'obscurité quelque chose d'un peu plus confortable

1 Frightening Frontiers 5:42

2 Entities 6:30

3 A Moment Frozen 2:16

4 Mutating Realities 10:32

5 Compulsive Mechanics 5:38

6 Not Being Mirrored 8:25

7 Shade 6:02

8 Urgency 8:25

9 Towards 5:09

10 Ungreat Certainty 3:48

DiN | DiN32

(CD/DDL 62:49)

(Dark Ambient, Berlin School)

Deux ans après le surprenant et audacieux Obsessive Surrealism, Parallel Worlds (Bakis Sirros) nous présente SHADE; un 5ième opus avec comme toile de fond les ombres et leurs frontières inconnues. Utilisant toujours une vaste panoplie d'instruments autant numériques qu'analogues, cet ensorceleur des sonorités ambigües explore les recoins de l'obscurité. Un sujet audacieux à parcourir sur une distance de 63 minutes.

Frightening Frontiers ouvre le bal avec un doux rythme échoïque et hypnotique. Le travail des percussions est efficace et accompagne une ligne de basse névrotique qui inspire une course folle dans les pernicieux couloirs d'une angoisse croissante aux sonorités aussi bigarrées qu'intrigantes, croisant le dramatique et la schizophrénie latente. Les arrangements sont d'un réalisme saisissant, allant jusqu'aux derniers souffles d'un névrosé hors d'haleine. Entities continue cette exploration des peurs nocturnes avec des arrangements séquencés saccadés, créant un rythme imprécis qui suit une tangente un peu comme sur Frightening Frontiers. Mais avec une texture plus jazzée, plus lounge, grâce à une basse qui foule des sentiers brumeux et un piano aux accords charmeurs qui roucoule dans une ambiance sombre pour une aussi belle ligne mélodieuse. Un beau mélange entre Spyra et Vangelis. A Moment Frozen est un titre sombre et inquiétant avec sa démarche emplie de statique et de avec boucles circulaires sur effets sonores gutturaux. Toujours imbibé d'une recherche sonore très efficace, Mutating Realities est une longue marche dans les couloirs sinueux du complexe monde des ombres et de la noirceur. Graduellement, le titre gagne en crescendo, partant de démarche craintive aux contours sensuels à l'exploration tactile de la peur. Bakis Sirros a beau détendre l'atmosphère avec un mellotron flûté à la TD que le résultat reste sensiblement le même, surtout avec l'ajout d’effets sonores des plus hétéroclites à date sur SHADE.

Avec ses percussions aux tonalités légèrement enclumées, brandissant le spectre des chaines fantomatiques, Compulsive Mechanics est un titre qui évolue dans une structure lourde et abstraite. Malgré ce mode, et ce monde surréaliste, une étrange mélodie macabre émerge de cette approche musicale industrielle. C'est ce genre de titre à écouter en haute définition, afin d'en gober toutes les subtilités sonores qui y coulent paresseusement. Une basse intrigante ouvre Not Being Mirrored qui progresse dans un univers sonore parallèle avec une approche constamment en quête d'une mélodie des ombres. Une mélodie qui fait son nid parmi une panoplie de tonalités composites, dont une guitare qui laisse ses accords flâner ici et là et qui ouvre le passage entre le réalisme et la fantaisie. La pièce titre est une belle mélodie minimalisme qui coule d'un piano mélancolique et une ligne de percussion inoffensive dans une faune sonore unique à Parallel Worlds. Après cette douceur, pourquoi pas une explosion initié par une marche névrotique? Indescriptible, Urgency crève nos tympans avec une violence retenue et des boucles symétriques qui survolent un rythme nerveux, explosif mais hésitant. Une retenue qui asticote la passion de la peur et se terminant dans une douceur inconfortablement métallique. Towards et Ungreat Certainty concluent dans un calme relatif. De l'ambiant sombre et planant avec des bouts menaçants insérer ici et là, histoire de rappeler le contexte de ce 5ième opus de Parallel Worlds qui ne cesse d'étonner avec son approche musicale aussi curieuse que mélodieuse.

Histoires à dormir debout, histoires de peur sans parole, SHADE est un solide album d'une musique plus contemporaine qu'électronique pure qui déroute plus d'une fois à cause d'une profondeur sonore qui dépasse nos attentes et des rythmes imprécis qui se situent dans un genre de Psybient pour weirdos. Du Psybient ténébreux qui cache de belles mélodies, rendant la noirceur un peu plus sympathique.

Sylvain Lupari (24/04/09) ***¾**

SynthSequences.com

Disponible au DiN Bandcamp

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