• Sylvain Lupari

PHILLIP WILKERSON & CHRIS RUSSELL: Vague Traces (2014) (FR)

Vague Traces est un album pour ceux qui recherchent une immersion sonore par les charmes de l’acoustique

1 Far Past 4:40

2 The Diamond Sky 6:26

3 Across the Sun 9:49

4 Evening's Empire 12:11

5 Just a Shadow 5:28

6 For Dreaming 11:05

7 Until Tomorrow 12:33

Spotted Peccary | SPM-9081

(CD/DDL 62:15)

(Deep ambient music)

Une vague de vents aux poussières cristallines et aux ombrages délicatement teintées de réverbérations flottent comme un boa ailé pour se faufiler entre nos tympans. Puissant, Far Past déroule ses lourds vents ambiants qui augmentent en puissance, en volume afin d'égrener les fruits d'une musicalité passive où les accords rêveurs d'un piano courtisent les flâneries d'une basse. Navigant entre les nébuleuses sphères qui séparent le sommeil de l'éveil, le rêve de la réalité, ce dernier album de Phillip Wilkerson respecte les profondeurs abyssales de sa perception du monde de la musique d'ambiance. Composé et joué en collaboration de Chris Russell, VAGUE TRACES revisite l'univers de la musique immersive et contemplative avec une approche plus sibylline que séraphique où les ombres jouent avec la lumière et les sons avec une fascinante obsession pour un état d'immobilisme cérébral.

Les lents voiles qui ouvrent The Diamond Sky flottent de leurs ailes de dentelle avec de longilignes coups qui caressent et font tinter des carillons enrubannés de coton. Des accords acoustiques résonnent dans des chants d'oiseaux, fusionnant un étrange concert entre le réel et ses ombres. C'est la lente valse des amorphes avec une cascade de brises élégiaques qui s'entrelacent dans des tonalités ocrées où l'on peut percevoir, même entendre, d'étranges murmures impossibles qui se perdent dans les immenses sillons des sinueuses réverbérations et de leurs clones un peu moins nébuleux. Le tandem Wilkinson/Russell confronte leurs lignes absconses qui semblent être des menaces pour le rêve et les orées de sa réalité. C'est très enveloppant et cette mince ligne qui sépare la lueur de la noirceur exploite à merveille les ambiguïtés des lents mouvements neurasthéniques. Across the Sun est comme un long fleuve d'air qui sillonne les infinis du ciel. C'est une longue course de lignes de vents bruyants qui font éclater des particules sphériques en de minuscule éclats soniques. C'est une tempête de vent lourde et puissante, mais aussi très statique et qui est totalement dénué de rythmes. En fait les phases de mouvements dans VAGUE TRACES vivent au travers les multiples modulations et les infinis courbes des vents. On peut les entendre grelotter, tellement ils sont près des noirceurs du cosmos. Un peu comme l'ouverture de Evening's Empire qui vibre comme les réacteurs d'une fusée spatiale. Après cette intro très sombre, le titre dévoile un peu plus sa chaleur avec des bribes d'harmonies que l'on croyait perdu dans la finale de Far Past. Il y a peu à dire sur Just a Shadow, ni sur For Dreaming qui exploitent les même textures soniques découpées à même les caprices d'Éole. Seul Until Tomorrow se démarque avec une approche qui semble s'inspirer d'Harold Budd.

Un album de musique ambiante extrêmement enveloppant. Une œuvre aussi sombre que les lits des vents qui refusent de quitter les stratosphères; VAGUE TRACES est un album pour ceux qui recherchent l'immersion par les charmes de l'acoustique. C'est comme dormir éveillé. Et si c'est le but visé par le duo Phillip Wilkerson et Chris Russell, on peut aisément dire que c’est mission accompli!

Sylvain Lupari (01/12/14)

SynthSequences.com

Disponible chez Spotted Peccary Music

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