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  • Sylvain Lupari

PYRAMAXX: Distance (2015) (FR)

“Axess, Maxxess, Pyramid Peak! Quels que soient vos envies et vos humeurs, ce Distance est un solide album de New E-Rock”

1 Wide Open Range 11:55 2 Nighttrain 6:16 3 Magellanic Clouds 5:57 4 Distance 9:55 5 Runaway 7:55 6 Thangka 11:38 7 Circle of Enlightenment 9:50 KlangDesign-Record| CD009 

(CD 63:26)

(New Berlin School et E-Rock)

Un woosh venant des abimes ouvre les premières secondes de Wide Open Range. Des accords de clavier flânent en background, tissant les filaments d'une mélodie fantôme qui s'évanouira alors que Wide Open Range écoulera ses 11 minutes. Une ligne de séquences s'invite. Son mouvement circulaire fait tinter des ions qui sautillent dans un mouvement ascendant, alors que les ondes de synthé peinturent une ambiance patibulaire. C'est la danse des séquences. Frivoles et indisciplinées, elles voltigent en saccades en arrimant sa fragile cadence éthérée à des frappes de percussions. Graduellement la musique s'intensifie. Le rythme devient lourd mais reste lent. Les percussions sont dignes d'un habile batteur dans un groupe de rock progressif. Les riffs de guitare ensevelissent la danse des séquences dont le ballet délicatement spasmodique dansotte en solitaire dans les bancs de brume métallisée vers la 4ième minute. La structure de Wide Open Range revoit alors son introduction et corrige le tir avec une autre ligne de basses séquences qui galope avec plus de vigueur, tentant de fuir les picorements des élytres de métal des cymbales. Le rythme devient alors très électronique avec ces lignes de séquences qui entremêlent leurs charmes avec des lignes de synthé délicatement parfumées de psychédélisme. Mais pas de solos! Les percussions deviennent plus lourdes. Les riffs plus présents. Et Wide Open Range explose pour un gros rock électronique progressif vers la 6ième minute. Un court moment de furie où les synthés échangent leurs effets pour des riffs de guitare et où Max Schiefele prend les guides avec de furieux solos. Le chaos devient harmonie avec deux couches de guitare, une acoustique l'autre électrique, où des solos bluesy pleurent sur des accords acoustiques. Peu à peu les séquences reprennent leurs droits sur une musique plus électronique, entraînant la finale dans un décor électronique lunaire.

Séquences nerveuses et cahoteuses, bancs de brumes cosmiques, effets électroniques sur de bonnes structures de rythmes parfois éphémères et parfois soutenues, mélodies accrocheuses; DISTANCE n'est pas un album de Pyramid Peak et ni un album d'Axess. Certes les approches sont assez similaires, notamment au niveau des structures de rythmes, mais les synthés ici sont discrets et laissent toute la place à la six-cordes de Max Schiefele, donnant ainsi plus l'illusion que ce premier opus de Pyramaxx est un album de Maxxess qui est solidement appuyé par un Pyramid Peak très efficace, mais amputé d'Uwe Denzer. Max Schiefele (Maxxess) et Axel Stupplich! C'est une longue histoire qui remonte à 2004 avec l'album solo d'Axess (Axel Stupplich), Contact. Depuis les deux amis ont travaillé ensemble à maintes occasions, Max Schiefele accompagnant même Pyramid Peak pour plusieurs concerts au cours des dernières années. Il était inévitable que tôt ou tard cette collaboration allait trouver sa raison sur un album. Et c'est un bon album les signatures de Pyramid Peak et Axess diluent leurs audaces dans l'ombre de Maxxess et dans un album qui cache de belles perles. Des perles de sons, de rythmes et d'ambiances, avec par moments une griffe très Pyramid Peak, qui me semblent être sacrifiées au profit d'une six-cordes très omniprésente pour un album de rock électronique.

Le rythme légèrement techno, Nighttrain offre une bonne structure électronique parfumée des influences de Genesis, période Invisible Touch. Le clavier fait voler des accords mélodieux et le mouvement des séquences tissent un mouvement spiralé verticale qui se fait bardasser par des percussions électro-techno. L'approche est intéressante jusqu'à ce que les riffs de guitare remoulent le tout en genre de ballade rock électronique. C'est vivant et solidement entraînant avec de beaux effets électroniques et de percussions empruntés au répertoire de Jean-Michel Jarre et de belles orchestrations. L'introduction de Magellanic Clouds est délicieusement électronique avec une ligne de séquences qui découd son rythme dans un décor très lunaire. Ça mes amis, c'est du bon Peak avec un rythme ambiant noué de spasmes. Les percussions assomment ces ambiances avec un rythme plus lourd que la vélocité ambiante des séquences. La guitare cohabite très bien ici avec des nappes qui se parfument de ces effets de synthé. Et comme dans Wide Open Range le rythme explose pour un court instant, donnant ainsi le prétexte pour amener la six-cordes de Maxxess à rugir au lieu des synthés qui seraient capable de sculpter ici de bons solos tant audacieux qu'éthérés. Moins de prétextes pour la guitare et plus de solos de synthé; le mariage aurait été parfait. Car cette cohabitation est possible comme le démontre la lente introduction de la pièce-titre et son mouvement de séquences qui hoquète dans le cosmos et dans ces vagues de percussions roulant comme une mer sur le bord de renverser. Les riffs de la six-cordes épousent à merveille la menace des séquences, alors que ses soupirs ornent le paysage lunaire des mêmes effets qu'un synthé. Le titre déploie un très bon crescendo que la guitare n'altère en rien, même avec ses beaux solos. Et ici, comme dans chaque structure de l'album, les ambiances atteignent un lourde et lente explosion afin de justifier la présence de Maxxess au sein du Pyramid Peak. Après le rock très technoïd de Runaway, très bon en passant, Thangka accroche nos oreilles avec une splendide structure très Pyramid Peak. Tissé dans des ambiances nébuleuses et rongé par un mouvement de séquences digne du répertoire du Peak, le titre évolue en toute subtilité avec une structure de rythme ambiante qui conclura avec ce genre de ballade cosmique inné aux structures électroniques de P.Peak et dont la lourdeur sied bien aux ambiances. Et la guitare est juste dans le ton en multipliant des boucles vampiriques ambiantes que l'on peut aisément confondre à celles d'un synthé. Un titre magnifique, même avec ses solos de six-cordes! Une guitare très présente dans Circle of Enlightenment dont l'introduction est tissée dans les vestiges de Pink Floyd dans Wish You Were Here. Le mouvement des séquences qui ondulent en mi-parcours, de même que ces pulsations vrombissantes si chères au répertoire Pyramid Peak, détournent ces ambiances vers une structure où le rythme reste toujours en suspension dans de très beaux effets de synthé avant de fermer les livres de cet album avec un autre tempo lourd et lent. Un slow tempo où la six-cordes enterrent peu à peu cette signature de Pyramid Peak. Mais quels solos mes amis! Décidément, Max Schiefele est un superbe guitariste. Sauf que DISTANCE, et je suis convaincu que les fans de Pyramid Peak vont adorer, n'est pas un album de ce très bon trio Berlinois à qui nous devons de véritables bijoux de MÉ de style New Berlin School depuis près de 10 ans. C'est un solide album où la guitare, aussi belle et bonne soit-elle, n'arrivera jamais à rivaliser avec la créativité des synthés de Pyramid Peak. Une grande ombre au tableau de ce cet album

Sylvain Lupari (11/11/15) ***½**

SynthSequences.com

Disponible chez Pyramaxx

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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