• Sylvain Lupari

['RAMP]: Happy Days are Here to Stay (2022) (FR)

Plus ambiant que poussé par des rythmes séquencés, celui-ci s'adresse aux fans de l'univers Doombient de Parsick

1 The Last Thing he Heard 7:28

2 Future Looming Behind us 14:11

3 Mourning Glory 5:23

4 Fomalhaut 11:18

5 Happy Days are Here to Stay 13:17

6 All is Lost 8:19

7 Capsized 6:35

8 Shipwrecked 6:44

ramp music

(CD/DDL 73:15)

(Berlin School)

En voilà toute une nouvelle! Moi qui pensait que ['ramp] avait offert son dernier opus avec No Sleep 'til Wilmersdorf. Il y a bien eu ce Moon Musick au tout début 2021, mais c'était un album de musique d'ambiances ténébreuses signé par Stephen Parsick. Non! Aucune nouvelle de ['ramp] depuis ce fameux No Sleep 'til Wilmersdorf qui fut réalisé au printemps 2018. Remarquez que ce n'est pas la 1ière fois que ça se produit. Rappelez-vous cette absence de près de 5 ans entre Astral Disaster et Synchronize or Die. Et puis boom!!! Je reçois ce courriel de Stephen avec un lien vers un nouvel album intitulé HAPPY DAYS ARE HERE TO STAY. Toujours très sarcastique avec un sens de l'ironie portée sur l'humour noir, voire caustique, l'homme en noir de la musique électronique (MÉ) titre ce dernier album en ironisant sur le fait que notre planète pique sérieusement du nez depuis une couple d'années. La pandémie, les nouveaux virus, les guerres, un accroissement de la famine, la chute de l'économie et l'inflation. Et pourtant, les jours heureux sont là pour rester! Mais Stephen Parsick va bien. Il se sent d’humeur à recréer les ambiances Doombient avec un autre album à l'heure où son éternel compagnon, Klaus Hoffmann Hoock, lui manque le plus. Il est pourtant très présent dans HAPPY DAYS ARE HERE TO STAY! Ne serait-ce que pour ce mellotron aux brumes et aux mystères surréels, l'aura de Cosmic Hoffmann est tout partout autour de ce dernier album de ['ramp]. Largement dominée par le mellotron et sa brume gothique, la musique est douce et suit les tangentes chtoniennes des premières œuvres de Tangerine Dream de l'époque Virgin. Ne vous attendez pas à des explosions rythmiques tel que nous avons connu dans des albums du genre Steel and Steam ou encore Return. HAPPY DAYS ARE HERE TO STAY est l'équivalent de Synchronize or Die entre les 5 années qui le sépare de Astral Disaster.

Les premières lueurs harmoniques de The Last Thing he Heard ont de quoi étonner. Le mellotron souffle des airs qui rappellent étrangement cette poésie musicale de Kitaro dans Revelation de l'album Ki. La mélodie flûtée nous amène dans une autre dimension de ['ramp]. La texture est définitivement plus harmonieuse, voire poignante avec cet air qui obsède les sens. Des sens qui se demandent d'où sort cette fascinante aura mélodieuse. Moi qui suis un grand fan de cette époque de Kitaro, ça m'a tout de même demandé quelques écoutes avant de faire le lien. Titre harmonieux et ambiant, The Last Thing he Heard fait glisser cette mélodie vers une nappe d'orgue qui vibrionne en ouverture de Future Looming Behind us. Une ouverture sinistre s'il en est une avec un troublant aspect ténébreux qui vogue sur près de 80 secondes. Passé ce stade, le séquenceur active une ligne de basses séquences qui fait sautiller 5 accords minimalistes. Ils gambadent avec des nuances dans l'effet caoutchouteux de leurs noires tonalités, accentuant même ce débit qui épouse une structure de Berlin School des années 70. C'est du ['ramp] très conservateur qui se contente de faire rouler un rythme qui bourdonne et résonne dans les oreilles tout en y faisant bercer cette obsédante mélodie que le mellotron fait chanter depuis l'ouverture de The Last Thing he Heard. Intonations et variations émotives incluses. Mourning Glory couche une très belle nature méphistophélique avec un chant dominant du mellotron, créant un univers transcendantal où les corridors musicaux s'entrecroisent et se décroisent dans un fascinant mutualisme plein de paradoxes enchanteurs. Encore ici, l'émotivité de ces nébuleux chants astraux est à découper au couteau!

L'introduction de Fomalhaut nous ramène aux années Rubycon et Phaedra de TD. C'est du mellotron sur du mellotron! Il est divin et flotte au-dessus d'un panorama sculpté aussi sur les ondes vibratoires d'un mellotron. Le découpage des ambiances rappelle aussi vaguement l'introduction de Silver Scale. Le titre émiette ses 11 minutes avec une vision atmosphérique qui est nuancée par des phases de mélodies gothiques plus intenses. La pièce-titre est le second, et dernier, à proposer une structure de rythme dans l'album. Son rythme est furtif. Il bat sourdement dans une ouverture ténébreuse avec ce mellotron qui évacue un sordide air d'abandon. De discrets accords de clavier pianotent une mélodie fantôme qui fait contrepoids aux sombres ambiances texturales de ce rythme qui bourdonne et résonne autant que dans Future Looming Behind us mais sans sa vélocité. Il y a un léger parfum du Moyen-Orient qui se dégage des chants brumeux du mellotron, ajoutant un peu de sensualité aux ondes de paranormales de HAPPY DAYS ARE HERE TO STAY. Par la suite, ['ramp] propose 3 titres et près de 22 minutes d'ambiances ténébreuses qui sont sculptées et guidées par le mellotron. Entre inspirations élégiaques et oraisons ténébreuses, Capsized est le plus intense de ces 3 titres alors que Shipwrecked était tout destiné à conclure cet album retour de ['ramp] qui n'invente rien, ne se réinvente pas mais reste tout de même dans son axe de noblesse. Pour aficionados de la signature Doombient de Stephen Parsick, de Tangerine Dream des années Ricochet à Stratosfear et du Berlin School gothique des années 70.

Sylvain Lupari (01/09/22) *****

SynthSequences.com

Disponible au ['ramp] Bandcamp

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