• Sylvain Lupari

REALTIME: Lights of the Universe (2007/2014) (FR)

Un peu plus audacieux, Lights of the Universe embrasse une sorte de douce ambiance daliesque des années 80

1 Sunlight Reflections 9:52

2 Stardancer 7:12

3 Tranceflight 9:22

4 Rotations 4:33

5 There's Nothing like the Sun 7:40

6 Spacerider 5:00

7 Lights of the Universe 14:15

8 Lunar Habitat 5:54

9 Up up to the Sky 6:08

SynGate|CD-rRT02

(DDL 69:56)

(Ambient prog New Berlin School)

Ré issu dans la même foulée que Journey into Space, et suivant le succès de Solar Walk auprès des amateurs de New Berlin School qui ont rêvé sur la musique de Software, LIGHTS OF THE UNIVERSE est le 2ième album de Realtime. Composé et enregistré aussi sur le label SynGate quelque trois ans après Journey into Space, cette 3ième vie digitale (2007 et 2010) vient aussi avec un nouveau remaster, incluant deux titres en prime, et offre toujours ces séduisantes figures de rythmes, aussi mélodieuses qu'entraînantes, qui sont l'apanage de l'univers du duo de Cologne. C'est une belle initiative si l'on considère le succès de Solar Walk et que ces deux premiers albums du projet de Thomas Bock et Norbert Hensellek ont tous été vendus peu de temps après leurs sorties.

Une chorale de voix angéliques se mêle à des lignes de synthé aux couleurs chatoyantes pour ouvrir les premières secondes de Sunlight Reflections qui offre sa riche intro ambiante à un filet de séquence aux incertains battements circulaires. Ces ions sauteurs, dansant dans une figure sphéroïdale imparfaite, échappent à l'incoordination de la ligne maîtresse pour forcer un mouvement de ritournelle ascensionnelle dont les cercles minimalistes s'enrichissent de leurs ombres qui hoquètent avec un léger mouvement de retard. Un des grands charmes de Realtime est cette façon dont le duo brode des rythmes ambiants à partir de séquences qui se subdivisent afin de créer deux lignes, parfois trois lignes même, de rythmes contigus qui se suivent, se collent ou se distancent avec juste un peu de retard dans leurs battements. Et lorsque de légères frappes de percussions pimentent le tout, cela donne un rythme aussi fascinant que séduisant. Ces séquences et percussions sont la force du duo Bock/Hensellek. Tant que l'on en oublie l'impact des synthés qui sont de véritables machines diffuseuse de nuées de brume, autant cosmique que mystique, qui empoignent cette ribambelle de rythmes hypnotiques. On en oublie aussi les solos et les dialectes cybernétiques. Comme sur Stardancer, de même que sur le genre de techno ambiant qu'est Tranceflight, où les lourds rythmes rotatoires offre leurs ions et leurs doubles syncopés à des lignes de synthé plus musicales. Des lignes aux parfums industrialisés qui échappent des harmonies assez robotiques et où les influences de Vangelis se perdent dans les audaces de Baffo Banfi, comme dans Tranceflight et ses longs solos sinueux et nasillards, et de brèves complaintes dont les stridences rôdent et tournoient autour des narrations très vaporeuses de Thorsten Sudler-Mainz (Art of infinity et Deep Imagination) sur Stardancer. Ce dernier prête aussi sa voix très caverneuse sur le sombre Theres Nothing like the Sun, dont la structure hachurée et plus rêveuse s'apparente à Star Dancer, ainsi que sur la pièce-titre. Le bref Rotations offre une variance dans les harmonies avec une belle ligne de flûte qui chante sur un genre de tam-tam cosmique. Spacerider fait honneur à son titre avec un mouvement de séquences qui épouse littéralement les trots d'un cheval. Les coups de percussions font office de coups de fouets et embrasent une cadence qui se fait de plus en plus vive. Les synthés dessinent des ondes flottantes dont les chants spectraux illustrent une réelle randonnée dans un désert cosmique. C'est un titre qui accroche tout de suite, contrairement à la pièce-titre qui propose une structure plus complexe avec des ions qui sautillent de leurs empressements saccadés dans des harmonies abstraites qui ne sont pas sans rappeler l’envoûtant univers Daliesque de Baffo Banfi. Un titre qui demande plus d'une écoute et dont chaque nouvelle en demande une autre! Lunar Habitat et Up up to the Sky sont deux titres offerts en prime qui tanguent entre les deux univers de Solar Walk et LIGHTS OF THE UNIVERSE. Si Lunar Habitat offre un genre de boléro ambiant avec une délicate vélocité séquencée, Up up to the Sky propose un rythme plus vivant, quoique toujours assez ambiant, où les ions dansent toujours avec leurs ombres sous un ciel fardé de luminosités astrales.

J'aime bien la musique de Realtime dont les rythmes minimalistes me font penser à du Kraftwerk très éthéré. C'est simple, c'est beau et c'est bien fait. Certes que les structures de rythmes chez Realtime semblent être une multiplicité d'un genre qui se ressemble à chaque titre, sauf que les fines et subtiles nuances, de même qu'une utilisation plus audacieuse des synthés, par rapport à Journey into Space, nous amène vers des sphères jusqu'alors insoupçonnés du duo Allemand. Ces nouvelles rééditions sont principalement destinées à ceux qui ont aimé les rythmes Teutoniques des années 80 avec des nappes de synthé à la Software. Software, Kraftwerk, Jean-Michel Jarre, Gottsching et Banfi sont autant des parfums de réminiscences qui empliront les oreilles de ceux qui succomberont pour ces 2 premières œuvres de Realtime. On a aimé Solar Walk? Eh bien, Journey into Space et LIGHTS OF THE UNIVERSE sont des valeurs sures.

Sylvain Lupari (10/07/14) *****

SynthSequences.com

Disponible au SynGate Bandcamp

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