• Sylvain Lupari

REDSHIFT: Faultline (2004) (FR)

C'est un excellent cd qui est dans la même lignée que les puissant Ether et Siren

1 Faultline 15:45

2 Chrysolite 4:29

3 Pyro_gen 14:58

4 Aquamarine 7:03

5 Quenzer 11:19

6 Praetorian 20:42

Distant Sun Productions DS03

(DDL 74:16)

(England School, Dark E-Rock)

Enregistré dans le cadre du Hampshire Jam 2, FAULTLINE est le 3ième album de Redshift à avoir été enregistrée en 2002, après Siren et Halo. Et disons que, fidèle à sa réputation, le quatuor Anglais fait dans le lourd. Dans le très lourd et énergique devant une salve d'applaudissements des fans déjà conquis. Privilégiant toujours une sonorité lugubre et une image très nocturne, c'est sans surprise que la pièce-titre démarre avec une intro atmosphérique chargée de nappes sombres et lourdes. Elles roulent des vagues et encerclent une pulsation qui, comme un immense phare sonore augmentant son intensité chaque fois qu'il croise notre regard, génère une ambiance remplie de stries écarlates. Des nappes de voix s'invitent en même temps que la guitare gratouille quelques accords. Et toujours croissant sous des lames métalliques, les pulsations débordent dans la plus pure tradition Redshift pour stigmatiser ce rythme lourd et lent d'où s'échappe une seconde ligne du séquenceur qui se met en mode court et zigzague après moi sous un ciel sonore bardé de solos d'une guitare flirtant avec de la potion psychédélique. Cette structure lourde et résonnante frise les 5 minutes avant que le séquenceur lance des ions plus limpides, jouant avec une cadence qui restera soutenue jusqu'à ce qu'une brise remplie de wiisshh stridents et de voix ectoplasmiques ne la dissolve. Un gros titre dans le répertoire Redshift. Chrysolite s'empare de la finale de Faultline pour déposer une flore sonore remplie d'intrigantes tonalités et de sinistres effets sonores, servant plus de pont pour relier Pyro_gen à l'album. C'est une flore d'éléments percussifs qui fait vibrer nos tympans. Des séquences et de basse-séquences dégouttent dans un lugubre tunnel où des airs arabiques s'extirpent d'un synthé trappé dans des effets d'écho qui amplifient encore plus cette masse de rythme statique. Ces airs brumeux ont un côté luciférien qui sied très bien à l'aspect ténébreux du titre qui décolle en grande pompe quelques secondes après la 5ième minute. Le séquenceur fait dribbler des ions encore plus sauvagement avant que la structure de rythme ne se fasse dominer par une flûte envoûteuse et dompteuse de séquenceur en furie. Nos sommes dans le milieu de Pyro_gen et la flûte isole ses charmes et nous conduit vers un passage où d'autres arpèges semblent dégouliner d'un plafond inexistant. Ils dansottent alors que caché dans un coin, le séquenceur recense ses ions pour repartir de plus belle sur une structure qui a besoin de calme mais qui a encore un peu de fuel à brûler. Un très lourd titre dans le répertoire de Redshift.

Aquamarine est un titre plongé dans des ambiances à rendre inconfortable avec un piano électrique qui fait duo avec une belle flûte mellotronnée. Un titre d'ambiances sombres avec des passages plus désordonnés qui nous amène aux pas sournois de Quenzer. Le titre progresse sur des pulsations pesantes, effectuant des pas de géants bien résonnants. Les ambiances d'une industrie de fonte de métal dessinent le décor atypique alors que le rythme zigzag comme un gros loup sournois chassant sa propre ombre. Les nuages de vapeurs industrielles montent en même temps que le clavier s'excitent sur des accords nerveux et que le séquenceur s'amuse à jouer des ciseaux dans cette texture atmosphérique qui décolle après la 4ième minute. Le rythme sauvage et soutenu est flagellé par de superbes solos d'une guitare corrosive incitant le séquenceur à courir, trébucher et faire dribbler ses ions affolés dans une structure ambivalente où nos tympans paient pour les quelques instants de répit. Des applaudissements nourris accueillent la finale alors que des nappes de brume et des filaments réverbérants ouvrent Praetorian. Ces filaments exploitent des torsades lugubres qui font sortir les voix chtoniennes et les nappes d'orgue des entrailles Redshift. L'orgue est pesant et ténébreux, chantant même un psaume sans mots pour nourrir une ambiance d'effroi. Les vents soufflent à nouveau, tandis que les grondements d'une machine se font entendre et que de grosses pulsations font trembler les babines des rictus des saltimbanques démoniaques qui attendent dans le repaire de Redshift. Les pulsations de cette ventouse géante ont un effet hypnotique, masquant cette danse d'arpèges séquencés et ces pas pesants qui initient un éveil qui éclate après la 10ième minute. La lenteur et lourdeur du rythme justifie ces solos de Rob Jenkins qui sont devenus plus démoniques que le Moog et ses pas résonnants de fureur. Et, juste avant la 13ième minute, Praetorian explose comme seuls les rythmes du groupe à Mark Shreeve en est capable dans une lourdeur caricaturale qui étonne et charme encore et toujours, même après un 6ième album rempli de cette lourdeur légendaire Redshift.

Dire que j'avais déjà écrit que FAULTLINE était le chant du cygne d'un groupe qui manquait de ressources. J'avais clairement la tête ailleurs! C'était en 2006 et ceux qui me connaissent savaient dans quel état je me trouvais. Je fais donc amende honorable en réécoutant cet album qui démontre à quel point Redshift était au sommet de sa forme avec un album intense et lourd. C'est un excellent cd qui est dans la même lignée que les puissant Ether et Siren.

Sylvain Lupari (16/11/21) *****

SynthSequences.com

Disponible au Redshift Bandcamp

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