• Sylvain Lupari

RENE de BAKKER: Dive in-Dive out (2021) (FR)

Dive In-Dive Out est l'album le plus complet de Rene de Bakker à date

1 Dive in Part I 17:25

2 Dive in Part II 13:53

3 Dive out Part I 16:39

4 Dive out Part II 9:13

5 Dive in - Dive out 10:13

Groove GR-317

(CD/DDL 67:24)

(Berlin School)

C'est dans une abondance de notes, d'accords, de tintements et d'éléments valsant que débute l'odyssée intersidéral de Dive in Part I. Ça ressemble à un gros casse-tête sonore que nos oreilles déballent en éparpillant les morceaux qui ont déjà un avenir tracé dans la tête de Rene de Bakker. Une première séquence se forme avec des accords qui vont et viennent, montent et descendent cet escalier invisible où tintent ces prismes à la grandeur de notre champs auditif. D'autres éléments, notamment ces lignes qui font de l'acrobatie tonale en prenant ces formes inimaginables. Tiens! Les percussions se sont insérées depuis quelques minutes que je remarque le rythme ambiant prendre forme dans ce maelstrom de tons et de couleurs qui changent sous des tam-tams ayant déjà meublés l'univers plus contemporain de Klaus Schulze. Et c'est ainsi que Dive in part I se forme. Les percussions ont plus de tonus et la ligne de basse prend plus de place. Parallèlement, les orchestrations accaparent la place avec de lents mouvements cinématographiques qui iraient à merveille avec les ambiances du Moyen-Orient. Elles sont le point culminant de ce premier acte de DIVE IN-DIVE OUT, un album que le musicien Hollandais à conçu après Epiphany de Beyond Berlin et dont on ne peut taire les étranges coïncidences. Surtout dans la première demi-heure. Disponible en CD manufacturé et/ou en téléchargement sur le site de Groove nl, DIVE IN-DIVE OUT est l'album le plus complet de RdB à ce jour. Dive in Part IIne perd pas de temps! Une basse affamée fait entendre ses accords après 100 secondes de brume orchestrale. C'est le signal pour faire sortir une ligne de rythme du séquenceur qui semble zigzaguer afin d'éviter les impacts de cette basse. Ça vous fait penser à The Dark Side of the Moog IX? Vous n'avez pas tort! Nous sommes dans les territoires de Klaus Schulze des années 90, j'ai Miditerranean Pads en tête. Le rythme se passe entre nos oreilles. Nerveux, les arpèges courtisent les séquences dans un ballet pour cliquetis alors que Dive in Part II entre en seconde vitesse. Une vitesse faussée par cet essaim d'éléments sonores qui se masse dans une zone industrielle marquée par une batterie forgée dans l'acier et ses coups qui surprennent autant que charment. Une fois passer ce point, Dive in Part II juge qu'il est temps de revenir à sa forme ambiante.

C'est par une onde manquant de souffle que Dive out Part I s'extirpe des haut-parleurs. Nous sommes dans un Cosmos tarabuster par différentes attaques de sons, notamment des gros bourdonnements vrombissants, alors que tout au loin monte cette ligne de rythme de moins en moins intimidé par ces invasions tonitruantes. C'est le pari de Rene de Bakker que de nous séduire avec cette ligne de rythme serpentant des cimes haranguées par un vocodeur et ces bruits qui sont devenus le panorama sonore de Dive out Part I. Et ça fonctionne! Cette fascinante odyssée est un audacieux mélange de Klaus Schulze et Robert Schroeder dans un Berlin School et la tonalité organique du séquenceur. Le rythme attaque nos doigts qui tambourinent sur nos cuisses, tandis que l'enveloppe sonore nous mystifie. Plus on avance et plus le firmament se rempli de ces tonalités bigarrées, de ces murmures et caquètements organiques, de ces cris de la jungle et aussi de ces solos de synthé toujours bons à entendre. Le point culminant de Dive out Part I est atteint autour de la 12ième minute. Le titre redescend les cimes de l'intensité pour égarer peu à peu sa richesse tonale sur une structure vivant de son séquenceur devenu anémique et de ces souffles de synthé remplis de mélancolie. Oui, ça