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  • Sylvain Lupari

ROBERT RICH: Filaments (2015) (FR)

Robert Rich éblouit nos oreilles avec un univers de séquences dont l'écho des cascades tisse de délicieuses chorégraphies ambiantes

1 Filaments 4:58

2 Majorana 10:45

3 Scintilla 3:47

4 Aetherfields 5:22

5 Entangled 10:54

6 Eulalia 5:44

7 Laniakea 3:54

8 Aetherfolds 3:54

9 Telomere 9:58

Soundscape | SP026

(CD/DDL 59:17)

(Ambient and floating sequenced EM)

Les filaments sont les brins d'énergie-matière condensée qui s'est formée sur la première période évolutionniste dans notre univers, aidant à rassembler les gaz pour finalement devenu notre cosmos. Pour Robert Rich c'est une amalgame de sons avec des éléments qui s'extirpent de nos enceintes acoustiques pour chanter et hululer dans des courants électroniques ambiants. Torturant sa guitare lap-steel, dont les criantes lamentations se fondent à merveille à de nébuleuses couches de synthé aux parfums très Steve Roach, Robert Rich nous en met plein les oreilles avec un univers de séquences dont l'écho des cascades tisse de savoureuses chorégraphies ambiantes. Ces rythmes ambiants déroulent de délicats serpentins de séquences limpides hors des limites du cosmos pour scintiller et sautiller comme des mille-pattes pris au piège dans des nuées de strates aux couleurs et aux riches tonalités contrastantes, faisant de FILAMENTS un album de MÉ d'une richesse sonique qui se déguste avec des oreilles plombées d'intérêt.

Une grosse onde sombre, une lente brise bourdonnante assiège nos oreilles dès l'ouverture de la pièce-titre de ce dernier album de Robert Rich. Ces vents bipolaires qui mugissent et s'entrelacent en de longs filaments organiques éveillent des gazouillis électroniques et une flopée de séquences limpides qui dévalent les plaines soniques ambiantes de Filaments. Déjà la richesse sonique de l'album s'installe entre nos deux oreilles. Sauf que l'effet est encore plus amplifié lorsque ça flotte entre quatre murs avec cette fusion de lignes de guitare et de synthé qui dérivent, chantent et hurlent avec passivité des poèmes ambiants sur un lit chatoyant de séquences que des coups de percussions et des pulsations éparses font sursauter dans un délicieux effet de kyrielle harmonique. Majorana offre un rythme ondulatoire qui rampe sous de denses strates teintées de poussières cosmiques. De ses 5 accords séquencés, le rythme monte et descend comme un hypnotique carrousel linéaire avant de s'évanouir dans un passage très ambiant. D'autres séquences y flottent. Elles font tinter leurs charmes prismiques sous une fusion des larmes de la Steel Guitar qui se fondent à un nébuleux décor sonique teinté de couches de synthé aux parfums d'ésotérisme. Scintilla est un délicieux petit titre avec des séquences basses qui estampillent un délicat rythme ambiant. Des tintements et des pulsations basses agrémentent cette chorégraphie ambiante où les strates d'une guitare larmoyante sonnent comme des chants de sirènes éthérées. Moins vivant et plus sombre, Aetherfields erre entre nos oreilles avec ses longs bourdonnements qui serpentent le néant. Des vrombissements coiffés de larmes de guitare et synthé qui enserrent les notes éparpillées d'un piano pensif.

Paré de ces mêmes éléments, Entangled offre une séduisante structure de séquences avec des ions qui sautent en cascades, créant un rythme ambiant et linéaire qui palpite dans le riche écho des notes de piano et de séquences tambourinées. Cette fusion entre les lignes de synthé et de guitare qui caresse ce rythme serpentant avec un peu plus de fureur, alors que les minutes se meurent, captiveront l'intérêt des amateurs de Steve Roach. Idem pour Eulalia qui présente une structure de rythme plus vivante avec des séquences aux tonalités de bois vert dont les tambourinements continuels sculptent une ambiance de jungle qui s'agite sous de magnifiques alliages de synthé/guitare. Court et assez incisif, avec sa délicieuse enveloppe stroboscopique, Laniakea respire de cet univers de séquences limpides qui gambadent aussi librement et sous un ciel sonique aussi coloré que dans Scintilla, alors que Aetherfolds est plus ambiant et aussi mélancolique que Aetherfields. Et Robert Rich de terminer son solide FILAMENTS avec une dernière perle où les multiples ions séquencés défilent en de belles cascades. Les nerveux débits aléatoires de Telomere cisaillent les paresses ondulatoires et les errances mélancoliques d'une bonne ligne de basse sous un ciel sonique fardé de noir. Un ciel sonique où cette fusion de synthé/guitare crache les hymnes ambiants qui maquillent cet étonnant univers sombre et nébuleux d'une musique dont le genre semble intarissable entre ses habiles mains de sculpteur de sons et d'espaces soniques.

Sylvain Lupari (13/02/15) *****

SynthSequences.com

Disponible chez Robert Rich Bandcamp

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