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  • Sylvain Lupari

ROBERT SCHROEDER: Galaxy Cygnus-A (1982-2010) (FR)

“C'est une œuvre majeure qui a sa place dans toute discothèque de MÉ, que ce soit Berlin School ou cosmique, tant la magie qu'elle dégage n'a pas encore été égalée dans ce concept”

1 Search Direction 4:44 2 Receiving Signals 8:26 3 Lift Off to the Galaxy 3:19 4 1050 Mill. Light Years 4:24 5 Galaxy Cygnus-A 10:03 6 Constellation Swan 6:36 7 Interstellar Quasars 12:49 Communication KS 80.021

(CD 38:25) Spheric Music SMCD 2022

(CD 50:25) (Cosmic EM)

Si Harmonic Ascendant mettait le nom de Robert Schroeder sur la mappe, GALAXY CYGNUS-A concrétisait l'immense talent et la créativité du synthésiste d'Aachen. Initialement conçu pour un projet de science-fiction, GALAXY CYGNUS-A consistait à capter les ondes sonores provenant des galaxies à l’aide du radio télescope placé en haute altitude. Robert Schroeder éditait et échantillonnait ces sonorités galactiques pour une musique qu'il allait jouer lors d'un évènement haut en sons et images, puisque qu'un écran géant diffusait des images du cosmos, lors d'un concert présenté dans le cadre du prestigieux ARS-Electronica à Linz, Autriche, en 1982. Publié par le label de Klaus Schulze (Innovative Communication), cet album s'est perdu dans les rééditions CD-r pirates et n'a jamais vu le jour en un tel format manufacturé. Il a fallu attendre en Décembre dernier où le label Spheric Music présentait finalement une version retravaillée de ce petit chef d'œuvre d'ingéniosité. D'entrée de jeu, je dois admettre que j'ai été quelque peu décontenancé par cette nouvelle version rebaptisée Cygnus-A qui met beaucoup d'emphase sur les effets sonores et la force du son, délaissant l'approche plus chaleureuse et les subtilités des courbes sonores du vinyle. Mais si le but de Schroeder était d’étaler tout ce que nous manquions dans les limitations du vinyle, on peut dire mission accomplie. Car malgré la différence entre les deux productions, GALAXY CYGNUS-A reste un pur chef d'œuvre où l'approche mélodieuse des synthés épouse à merveille des sonorités captées au-delà de nos frontières terrestres. Et cette nouvelle version inclut même un titre en prime laissé de côté en raison du manque d'espace sur le vinyle.

Une immense frappe résonnante tombe et éparpille des filaments sonores statiques. Et tombe les coups de masse, alors que la statique des tons et les chœurs astraux flottent dans une sublime immersion cosmique. Des sons qui s'étirent tels d'oblongs serpentins aux difformes résonances métalliques donnent à Search Direction une étrange immobilité flottante remplie de bruits blancs et de sonorités d’arcade. Déjà les différences entre les deux œuvres sont tangibles; tout y est plus détaillé et plus limpide et surtout plus fort! Les effets de voix du vocodeur flottent parmi de très bonnes couches de synthé alambiquées qui se tordent et se détordent au-dessus d'une chorale fredonnée par un Mellotron. Des sons, des tons et leurs couleurs qui ondoient et errent dans un cosmos si près que l'on pourrait le toucher du bout des doigts. Et là apparaît ce petit canard cosmique qui fait caqueter ses fuzz Wah-Wah se succédant en série de deux. Receiving Signals est de loin un des beaux titres produit par Robert Schroeder. Tout est parfait dans ce titre qui augmente en intensité et en drame. Les wah-wah cybernétiques instaurent un premier plan du tempo minimalisme. En plus des effets sonores galactiques, un synthé aux couches mouvantes enveloppent une ligne de basse qui s'appuie sur ce petit rythme atypique. Les percussions qui arrivent d'une façon asymétrique en font un superbe joyau de tranquillité et de sérénité qui s'entoure constamment de nouveaux atouts et effets sonores galactiques. Le point fort est ce synthé qui se détache vers la 5ième minute pour offrir la plus belle mélodie cosmique que mes oreilles ont entendue à ce jour. Le synthé pleure avec tellement d'authenticité que notre âme en est toute remuée. Lift off to the Galaxy nous imbibe de sonorités cosmiques. Ici point de rythme, mais des effets sonores tous aussi étranges que les autres qui pourraient effectivement bien provenir de galaxies situées à des années-lumière de chez nous. Ces effets encerclent de fins accords d'un genre d'harpe électronique aux parfums de Chine et de suaves couches d'’une brume de Mellotron. On y perçoit de subtiles mouvements d'un synthé qui libère des chœurs célestes. Un prélude au rythme ondulant et sautillant qui anime 1050 Mill. Light Years où les sonorités extraterritoriales envahissent une ligne de séquences ondoyante au tempo incertain et un synthé aux sons d'un saxophone lunaire. Un doux rythme qui s'enfonce dans les noirceurs de l'espace et qui concluait la Face A du vinyle.

Suivant un gros éclat reflétant et résonnant, Galaxy Cygnus-A étend ses sonorités galactiques alors qu'un superbe mouvement minimaliste séquentiel installe un tempo aux délicates frappes alternantes. Si Receiving Signals est un joyau, Galaxy Cygnus-A est un pur diamant de tendresse cosmique où le fin tempo hypnotique pulse sous de suaves chœurs astraux, des sonorités de flûtes embrumées et de signaux cosmiques qui accompagnent un sulfureux synthé à la sonorité perçante. Un très beau morceau où le maillage des différentes sonorités au rythme hypnotique nous amène aux portes d'une imagination sans frontières. Constellation Swan terminait l'œuvre original avec un long titre ambiant aux effluves cosmiques. Sur cette version les bruits cosmiques, interférences et chœurs astraux sont amplifiés, de sorte que rien n'échappe à l'oreille attentive et friande de sons. Le synthé est fluide et mélodieux, échappant de brefs solos torsadés parmi un éventail de sonorités analogues dont ces chants de baleines qui sont tellement associés avec les communications extra-terrestres. Interstellar Quasars est le titre en prime de cette nouvelle édition de GALAXY CYGNUS-A. Un long titre qui est vraiment dans l'esprit de cette œuvre conceptuelle avec ses lourdes sonorités réverbérantes qui flottent dans une brume mellotronnée. On y perçoit des élans de synthé, comme Lift off to the Galaxy, qui sont happées par des conversations d'extraterrestres sur un rythme absent, sur une structure abstraite. Des chœurs errent ici et là avec des nappes de synthé erratiques et des sonorités cosmiques qui crient parmi les étoiles. Une lente structure ambiante y flotte avant qu'un tempo circulaire ne fasse une brève apparition. Un tempo vite absorbé par les méandres du cosmos et qui reviendra plus tard sous forme de séquences sautillantes et limpides dansant sous les souffles d'un synthé poétique.

GALAXY CYGNUS-A, est un pur chef d'œuvre de MÉ cosmique. Même si la différence entre les 2 éditions peut décontenancer les oreilles moulées dans les sillons de l'édition originale, on se laisse vite absorber par toute la beauté de cette œuvre cosmique. Et lorsque l'on écoute les 2 œuvres en parallèle, on finit par trouver une justification dans cette réédition qui étale toute la puissance limitée par les enregistrements de l'époque. En ce qui me concerne c'est une œuvre majeure qui a sa place dans toute discothèque de MÉ, que ce soit Berlin School ou cosmique, tant la magie qu'elle dégage n'a pas encore été égalée dans ce concept.

Sylvain Lupari (04/06/2011) *****

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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