• Sylvain Lupari

ROBERT SCHROEDER: Pyroclast (2021) (FR)

Pressure débute avec la tonalité d'une guitare acoustique imitant une ballade. Il y a...

1 Pressure 9:42

2 Plasma 8:30

3 Tephra 4:16

4 Eruption 4:42

5 Inside Out 6:49

6 Fertile Soil 7:20

7 Exothermic Energy 7:47

8 Pyroclastic Flows 4:39

Spheric Music ‎– SMCD 2042

(CD 53:35)

(EDM & Berlin School)

Depuis son retour en 2005, Robert Schroeder est régulier comme une horloge! Il est comme un cadeau descendu du label Spheric Music ou encore le sien; News Music lorsqu'il a le goût de faire du gros techno ou encore de la solide EDM! Ses 3 derniers albums, Spaceland, Fata Morgana et C'est Magique nous offrait une constance dans l'excellence de son travail. Et je suis convaincu du même résultat, si on irait plus loin dans le temps. Et d'ailleurs, comment survivre à l'impressionnant C'est Magique? En y allant dans une direction qui lui est tout à fait l'opposée. Structuré autour de 8 titres totalisant à peine 53 minutes de MÉ, PYROCLAST propose un peu plus de phases ambiantes et cosmiques. On y trouve certes du rythme. Solides comme toujours et enveloppés dans une panoplie de percussions, autant vintages que solidement contemporaines, ces rythmes forment les assises de structures plus mielleuses, parfois même ambiantes, et nécessairement harmonieuses que farouchement nerveuses. Les titres ayant un lien très étroits avec les explosions volcaniques ont cette dimension qui permet au musicien d'Aachen de démontrer toute sa vision.

Pressure débute avec la tonalité d'une guitare acoustique imitant une ballade. Il y a un léger décalage dans le cheminement de cette guitare, créant un luxuriant effet d'écho. C'est un peu comme si la texture de la guitare chevrotait. Orné d'une ligne de flûte, le débit est plutôt animé pour une ballade. Une première explosion de percussions, autour de la première minute, ne déstabilise pas le rythme, mais la flûte est remplacée par des stries de synthé traînassant en longueur. Autres percussions = voix chtoniennes, stries plus rapides et aiguisées. C'est après la seconde minute que la musique décolle avec de bonnes percussions et des éléments percussifs, comme des percussions moqueuses, qui encadrent une structure très bien équilibrée au niveau des percussions. La EDM prend ses aises avec des cris festifs, laissant Pressure évolué sur un rythme entraînant. Et si les explosions passagères des roulements de percussions signifiaient un accroissement du rythme, il en va autrement après la 6ième minute où les copieuses nappes de voix et d'effets cosmiques nous rappellent combien étaient riches les phases atmosphériques de l'univers Schroeder dans ses années analogues. Youppss! Plasma nous fait trébucher sur un plancher savonneux! Et on dérive dans ce titre majoritairement ambiant avec sa pléthore d'effets sonores autant diversifiés que créatifs. Parmi eux, on dénombre des percussions sans élans et des accords de piano errer dans un couloir cosmique et ses vents mugissants de particules industrielles. Les différents accords tintent et résonnent dans les zigzags propulsés par ces vents, alors que le synthé tente des pointes de solos comme de mélodies sans être capable de se débarrasser de ses textures vocales. Il mugit encore lorsqu'une ligne de basse-pulsations réveillent les percussions et sa caisse-claire pour un bref moment sans pour autant extraire Plasma de sa matière ambiante. C'est avec un beau piano et sa vision minimaliste que Tephra s'offre à nos oreilles. On y trouve à peu de choses près le même décor que dans Plasma, mis à part les étranges voix qui bourdonnent avec des murmures de chérubins. Ici aussi les cliquetis des cymbales voyagent entre le piano et des nappes de voix prismatiques. La courte longueur du titre fait sa beauté, ainsi nous n'avons pas le temps de nous tanner de ce piano qui délivre inlassablement ses mêmes notes du début à la fin. J'ai trouvé cela bien beau! Ce même piano résonne en ouverture de Eruption. Les orchestrations qui le recouvrent ajoutent une touche de suspenses avec des lents staccatos qui étirent leur flegme dans d'autres orchestrations, ajoutant un intense moment dramatique. Le titre et sa musique flotte autour de voix astrales avant que les percussions le ramènent dans le giron d'un beau et tendre slow cosmique mordillé sensuellement par des stries de synthé aux couleurs écarlates. Robert insère une courte phase de psybiances expérimentales avant la 3ième minute. Et la dernière peau de Eruption jaillit de nouveau, avec un zest de New Age dans son décor.

Inside Out est un beau titre dont l'ouverture est trappée dans un vent tourbillonnant, des accords de clavier et de synthé-guitare. La texture des ambiances est plus cybernétique que cosmique avec des bruits d'un respirateur artificiel qui inspire et expire dans une mosaïque de sons et de bruits. Une illumination astrale inonde nos oreilles quelques 30 secondes après la deuxième minute, faisant glisser Inside Out vers un slow-tempo auréolé de strates sous formes de solos, et des solos, d'un synthé-guitare. Une ligne de basse-pulsations soutient cette mélodie ambiante qui est picorée par des claquettes et cymbales. Un beau titre qui sent le soleil d'un Hawaii cosmique. Fertile Soil est un titre déroutant avec des voix grégoriennes à la Enigma qui occupent un paysage d'ambiances. Imaginez la beauté et le flegme du canard flottant sur l'eau, ses pattes agités qui le poussent sur l'eau, et vous avez cette structure où la mélodie est d'une beauté paradisiaque sur un lit d'agitations percussives nerveuses. Exothermic Energy nous rappelle le côté techno de Robert Schroeder. Le travail de percussion est énorme ici et cache la portée technoïde du titre alors que le synthé et ses effets, ses stries stridentes multipliés versent vers du gros rock électronique unique à la signature du musicien d'Aachen. La 5ième minute arrivée et Exothermic Energy travaille déjà pour sa finale divisée entre les sirupeuses nappes flottantes de Pink Floyd et les visions cosmiques de Jean-Michel Jarre. Une autre essence de JM-Jarre se cache dans Pyroclastic Flows qui nous ramène à l'ère Zoolook, ainsi que de Oxygène (part IV), bien décorée par ces solos stridents des synthés de Robert et sa gamme d'effets sonores, d'effets de réverbérations et d'échos et finalement de sa gamme de textures vocales.

Sans avoir la portée de C'est Magique, PYROCLAST nous offre un gros 54 minute de MÉ savamment construite. Robert Schroeder gère bien les rythmes et les ambiances dans un album rempli d'explosions inattendues et qui ne donnent pas toujours le même résultat. Une des grandes forces de cet album dont les panoramas sonores et les quelques phases ambiantes ont cette dimension plus musicale que l'on ne retrouve pas encore ailleurs. Une autre belle œuvre de notre ami Robert…

Sylvain Lupari (25/06/21) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible chez Spheric Music & CD Baby

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