• Sylvain Lupari

ROGUE ELEMENT: Premonition (2004) (FR)

“Ce CD nous fait revivre cette chaleur des années analogues, sans un soupçon de rides

1 Beyond Cerberus (15:07)

2 Tropospheric Propogation (17:32)

3 Rainbow Runner (17:23)

4 Falls The Shadow (17:48)

Acoustic Wave Records – AW001

(CD/DDL 67:57)

(Vintage Berlin School)

Rogue Element est un duo Anglais formé par Jerome Ramsey et Brendan Pollard, deux musiciens qui sont fortement inspiré par les années Rubycon et Ricochet de Tangerine Dream. Sans détour, et avec fierté, le duo admet vouloir continuer à exploiter ces sonorités magiques qui en ont hypnotisés plus d'un dans les années cathédrales du trio Allemand. Les grosses années avec le gros Moog et le mellotron qui ont inspirés craintes et charmes, selon les états d'âmes ou du niveau de drogue dans le sang. PREMONITION est un superbe opus qui est sans aucun doute ce qui s'est fait de plus près de ces sonorités. Un album qui, malgré les écarts du temps, est aussi enchanteur que Rubycon et Phaedra. Un signe comme quoi la musique électronique (MÉ) des années 70 est effectivement un art qui résiste le mieux au temps.

Des cloches angélus sonnent par un matin venteux. Beyond Cerberus pousse un lourd vent traînant des tonnerres métalliques sur d'étranges vibrations et des strates violons égarés. Les stries cisaillent la lourdeur des strates survolant une ambiance menaçante qui s'apaise avec l'arrivée de rayons de soleils en la présence d'un mellotron flûté, comme à la belle époque de Phaedra. Mélodieux et calme, ce rayon se promène dans cette ambiance lugubre, soufflant son air serein en contraste avec l'austérité régnante. Un Mellotron et ses chœurs anciens flottent sur une colline d'où le vent ramène l'écho des sonorités hostiles, des pulsations grondantes, des voix humanoïdes et des percussions volages. Un univers sombre et ténébreux d'où de somptueux solos de synthé spectraux flottent et croisent une séquence qui martèle une impulsion spiralée en mode hypnotique. Une autre séquence habille le mouvement, qui s'entrelace dans un labyrinthe harmonieux, avec un gracieux mellotron qui s'éteint doucement dans les vapes atmosphériques aux multiples effets vocaux de ce titre imprégné par les ambiances de Rubycon. Un titre sombre et noir, Troposphérique Propogation nous transporte sur les bords d'un étang virtuel avec toute la sonorité qui habite ce monde nocturne. L'intro flotte sur les segments mélodieux d'un piano solitaire qui parfume l'air ambiant tout en étant entouré de chants d'oiseaux. À l'orée de la forêt, une flûte nous enchante sur de suaves accords, sans jamais trop élaborée juste pour agacer nos oreilles. Une étrange onde sonore parcours le sol, lorsque qu'une ligne spiralée étend son voile sombre sur des pulsations séquencées. Troposphérique Propogation devient une étrange danse arabesque aux séquences polyrythmique sur des synthés lascifs aux sonorités tant spectrales que symphoniques. Les chœurs et les souffles fantomatiques mellotronnés insufflent des passages ténébreux aux multiples effets sonores obscurs.

D'étranges percussions font écho sur un synthé bourdonnant, donnant l'impression d'entendre les explosions des feux d'artifices. Sur la réverbération du synthé, une douce flûte trace la 1ière partie de Rainbow Runner, parmi une foulée d'effets sonores aux mille petites explosions. Un chapelet de notes miroite dans des souffles obscurs, initiant une séquence rotative entourée des tintements de percussions papillonnantes. Cette douce impulsion qui est cernée de chœurs et de souffles mellotronnés rêches voyage avec les brises fluides du synthé, créant de sourdes impulsions qui s'arriment à une autre séquence, approfondissant la structure musicale de Rainbow Runner. Cette douce séquence transite par un passage atmosphérique aux voix et aux souffles de synthés aussi noirs que l'ébène, avant de reprendre la route du séquenceur qui sera plus animée, plus sombre et enveloppante dans la 2ième partie. Une orgue se fait entendre, couvrant les souffles métalliques, les clapotis d'eau et les chants d'oiseaux qui ouvrent les panoramas musicaux de Falls The Shadow. La douce flûte rêveuse revient hantée notre nostalgie avec une ligne sombre et flottante. Et malgré cette ouverture sombre et ambiante, Falls The Shadow est un titre aux séquences tournoyantes qui s'entrecroisent afin de nuancer son parcours et modifier ses tonalités sur de lourdes nappes du mellotron. Une succulente guitare perce les chœurs sombres de ce mellotron avec ses riffs lourds alors que les synthés soulèvent les sonorités symphoniques des années 70 qui nous ramènent à l'époque de Ricochet. Un autre excellent titre sur cet album aux ambitions nostalgique de Jerome Ramsey et Brendan Pollard.

Tout! Absolument tout y est. Les sonorités, les atmosphères et les compositions aux structures complexes, changeantes et progressives. Excellent est le mot qui me vient le plus souvent à l'esprit pour décrire ce merveilleux opus. Avec PREMONITION, Rogue Element nous fait revivre cette chaleur des années analogues, sans une once de poussière d'âge. Un album fantastique qui ne peut que qu'attiser la faim pour un suivant. Un pur chef d'œuvre qui résistera à l'usure du temps.

Sylvain Lupari (29/11/06) *****

SynthSequences.com

Disponible au Brendan Pollard Bandcamp

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