• Sylvain Lupari

RON BOOTS: Different Stories and Twisted Tales (1994/2004) (FR)

Choisi comme l'album de l'année en 1993, Different Stories et Twisted Tales est un opus fascinant où de nombreux styles se fondent comme ... des histoires différentes et des contes tordus

1 Twisted Tales 17:04   2 Amor Facit 6:19 3 The Call 12:35 4 Cuivienen 14:58  5 Gwahir 6:10 6 Omnus Mundi 6:19  7 Different Stories 11:05 GROOVE | GR-100

(CD 75:09) (Berlin School)

Réalisé initialement en 1993, sur étiquette CUE Records, DIFFERENT STORIES & TWISTED TALES a été choisi album de l'année par les auditeurs de l'émission radiophonique consacrée à la MÉ; Schwingungen-Wahl de la radio Allemande WDR. Réédité par le label Groove en 2004, ce 9ième opus de Ron Boots a été concocté avec l'aide de musiciens et amis; Harold Van Der Heijden et Guido Negraszus aux percussions électroniques, du fumant guitariste Klaus Hoffmann Hoock et Eric Van Der Heijden aux synthés. Des amis de longue date et des musiciens chevronnés qui donnent toute une profondeur à la musique mélodieuse de Ron Boots sur un album aux tangentes aussi diversifiées que surprenantes.

De lourdes et résonnantes séquences pulsatives sautillent et ondulent sur un synthé spectral en ouverture de Twisted Tales, choisi meilleur titre de MÉ pour 1993. De fines percussions, aux frappes d'une dactylo industrielle, percent difficilement un dense voile mellotronné, avant que de solides frappes de batteries amorcent un premier virage rythmique lourd et soutenu sous un firmament sonore strié d'étoiles filantes. Le tempo s'intensifie, répondant aux percussions qui retentissent dans un écho à effet stéréo, avec des accords de claviers à la sonorité d'un xylophone de cristal sur un mellotron moulant. La dextérité d'Harold Van Der Heijden se fait entendre ici dans un passage légèrement atmosphérique, rappelant l'univers de Klaus Schulze sur Dreams. Ce moment de tranquillité, qui dégage tout de même une force sonore riche, nous guide vers une finale époustouflante où solos torsadés et serpentins de synthés fusent de partout et se chamaillent autour de percussions qui déboulent sur une structure ambivalente devenue nettement plus dynamique. Amor Facit est nettement plus ambiant. Un beau titre qui embrasse les sonorités de Steve Roach tout comme le poétique Omnus Mundi, avec de fines pulsations tribales dont les effets d'écho forgent un léger tempo qui pulse sous une nuée de chœurs célestes venant d'un riche et enveloppant mellotron. Un beau titre pour âmes torturées! Écrit en collaboration avec Klaus Hoffman-Hoock, The Call débute délicatement dans un bain d'arpèges qui scintillent sous de délicates percussions électroniques. Doucement la guitare d'Hoffman-Hoock sculpte ses accords qui introduisent un très beau solo de synthé, avant que la guitare électrique du magicien Allemand transperce The Call avec de beaux solos incisifs qui deviennent de plus en plus mordant. Une belle union artistique qui embrasse les effluves d'un Pink Floyd et de Mind Over Matter, surtout avec la fusion synthé, mellotron et guitare, qui clôture The Call.

Cuiviene est une superbe douceur. À la fois romanesque et onirique, il coule comme un long fleuve de sérénité avec son intro astrale flottant autour d'un doux mellotron flûté. Ses souffles enchanteurs et de tendres strates synthétisées s'épanouissent sur un linceul scintillant de prismes rêvasseurs dont les doux solos embrassent les effluves des premiers albums de Kitaro. Un titre doux, quasiment méditatif, qui s'anime avec de fins éclats synthétisés et de douces pulsations aux légers timbres résonnants dont les accords tranchent sur un mellotron aux douces rêveries contemplatives. La finale est plus enjouée grâce à un piano plus jazzy que serein. Des cloches et un lourd arrangement orchestral initie Gwahir, dont une lourde séquence résonnante amplifie la sonorité, sans jamais y accentuer l'aspect rythmique. Un titre lourd qui déplace ses arpèges dans un univers sonore aux ambiguïtés orchestrales et sur un synthé discret, mais dont les souffles ajoutent une profondeur attachante. Different Stories conclut avec une approche électronique équivalente à celle de Twisted Tales. Une sombre intro passive où pulsations basses s'entremêlent à des sonorités hétéroclites sous les voiles d'un doux synthé mellotron et d'une batterie qui martèle un mouvement lourd et sec. Ce mouvement étreint un fine vision sensuelle avec une belle ligne de basse qui palpite parmi des notes cristallines échappées de 2 claviers qui subdivisent une mélodie, faisant contraste avec la lourdeur des frappements de batterie. Le tout évolue en superbe approche séquencée, encerclée de longs et sinueux solos de synthés qui zigzaguent avec acuité, parmi une nébulosité truffé de chœurs brumeux.

J'ai bien aimé ce DIFFERENT STORIES & TWISTED TALES qui, à mon avis, est une bonne façon de débuter sa collection de MÉ. Après tout, beaucoup de gens l'ont voté comme une œuvre incontournable sur l'échiquier de la MÉ. Il y a un habile mélange des genres qui sort la musique de son giron minimalisme pour embrasser des rythmes en constante évolution sans jamais négliger l'approche harmonieuse si chère à Ron Boots.

Sylvain Lupari (17/03/10) ***¾**

SynthSequences.com

Disponible chez Groove nl.


62 views
  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle

© 2019 by  Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari