• Sylvain Lupari

SAM ROSENTHAL: The Passage (2011) (FR)

Updated: Apr 25, 2021

Cette union musicale de Vicky Richard et Sam Rosenthal est époustouflante

1 The Passage 44:29

2 Rae 10:12

Projekt Records PRO265

(DDL 54:41)

(Dark Ambient)

C'est la toute première fois que mes oreilles croisent la musique de Sam Rosenthal, fondateur du label américain de musique sombre et ambiante Projekt Records. Et je dois admettre que j'en suis ressorti les oreilles bien garnies par une flopée de couches immersives et méditatives de 2 instruments aux antipodes de leurs existences. THE PASSAGE est une œuvre sombre et intimiste qui nous accompagne dans la lecture de nos pensées et de nos souvenirs abscons. C'est la noirceur dans l'immobilisme et une porte d'entrée vers des passages de notre intérieur. Au point de vue musical; c'est un genre de croisement entre Immersion de Steve Roach et l'étonnant Procession de Bernard Xolotl. C'est aussi beau que ça peut être sombre et aussi fascinant que le mariage d'un violon et d'un synthé peut être.

C'est dans des pénombres des plus factuels que la pièce titre nous amène. Une superbe combinaison d'ondes de synthé et de violons ouvre son intro. Un mariage qui nous conduira pendant près de 45 minutes au travers un étrange labyrinthe létal. Une chauve-souris égarée laisse ses ailes flotter violement dans cette noirceur, ajoutant une dimension inconfortable à ces lentes couches morphiques qui flottent avec une intrigante attirance. Peu à peu, elle poursuit son vol inégal vers des horizons lointains avant de disparaître et de laisser cette lente valse immersive enveloppée notre esprit. The Passage est un long passage de douceur et de noirceur. C'est un intense plongeon dans le silence et ses soupirs d'âmes torturées. Un peu comme si nous étions tapis dans un longitudinal couloir sans fenêtres, orifices et ni issus à écouter les vents se plaindre de l'obscurité. Des vents dont on ne peut discerner les chants des gémissements et dont les fines et subtiles mouvements effleurent notre immobilisme. On croirait être dans les plus profonds abysses de la série Immersion avec cette nuée de couches plus sombres que morphiques qui cernent les contours de notre imagination, sculptant les fines oscillations qu'elles forment. The Passage, c'est près de 45 minutes à écouter ces vents rouler nos pensées jusqu'aux portes des faibles lueurs qui s'en dégagent un peu après les 30 minutes. Nous entrons à ce moment-là dans le sanctuaire des ondes angéliques. Des ondes qui regorgent d'une douce luminosité et qui forment de fines arches imprégnées de mélodies qui refusent d'émerger, préférant préserver la beauté de leurs éclosions.

Et tranquillement nous flottons jusqu'aux portes de Rae, là où tout est plus clair et plus serein. L'union musicale de Vicky Richards et Sam Rosenthal est à couper le souffle, tant c'est intense, magnanime et poétique. C'est plus que le soleil après la pluie. C'est comme un arc-en-ciel en pleine nuit. Un endroit magique où même les chauves-souris se gavent aux portes des lueurs irisées.

Sylvain Lupari (17/12/11) *****

SynthSequences.com

Disponible au Projekt Records Bandcamp

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