• Sylvain Lupari

SAYER: Artificial Intelligence (2022) (FR)

AI propose 9 longues titres de MÉ narrative qui sont en mouvement constant

1 On Being Human 9:24

2 Awakening 8:10

3 Essence 10:51

4 Cybernetics 9:24

5 Dynamics of Emotion 7:50

6 Theory of Mind 9:03

7 Ontologies 8:43

8 Autonomous Motion 7:52

9 Do Androids Love? 6:05

New Territory Records NTR1018

(CD/DDL 77:27)

(Electronic & Cosmic Rock)

ARTIFICIAL INTELLIGENCE contient plus de 77 minutes de musique électronique (MÉ) mélodique et énergique. On ne peut pas dire que Sayer Seely dit faux! Oui les rythmes sont énergiques avec un séquenceur créatif qui est jumelé à de bonnes percussions alors que les synthés regorgent de concepts harmoniques tout en découpant des solos torrides, tant en chaleur sonore qu'en émotions projetées. Vous l'aurez deviné, j'ai craqué pour ce dernier album de Sayer qui ne cesse d'élever sa musique d'un cran à chaque nouvel album. Offert tant en format téléchargeable qu'en CD manufacturé, ARTIFICIAL INTELLIGENCE propose 9 longs titres d'une durée moyenne de 8 minutes 30 et qui sont en perpétuels mouvements. Les structures sont essentiellement narratives avec des phases qui restent difficilement délogeable des oreilles. Le synthésiste américain est très inspiré dans cette œuvre où les souvenirs de Synergy et Michael Garrison supplantent les influences de Jean-Michel Jarre.

L'ouverture de On Being Human donne le ton à cette nouvelle aventure de Sayer. Une ligne d'arpèges monte et descend dans un bel effet ondulatoire avec un zest de romance dans son ascension rythmique séquencée. Une ligne harmonique épouse cette structure de rythme avec des nappes qui valsent librement sur les subtiles variations du rythme. La tonalité du synthé est habitée d'une chaleur analogue qui me fait penser aux structures philarmoniques de Larry Fast. Une autre ligne s'incruste, ajoutant un effet de profondeur avec des arrangements qui créent une sorte de canon musical. Les percussions, qui surviennent autour de la 2ième minute, n'ont pas vraiment d'impulsion rythmique. Le séquenceur et les élans du synthé, sans oublier ses riches solos, trimballent On Being Human sur une structure en continuelle mutation. Un gros 9 minutes d'un puissant rock cosmique. Et c’est ainsi pour chaque titre! Sayer additionne les changements surprennent autant que charment avec des tangentes qui sont en symbiose avec la principale ligne de mélodie. Et le synthé, véritable empire musical qui tisse ligne par-dessus ligne, à une savoureuse tonalité analogue qui réchauffe nos oreilles tout au long de cette dernière œuvre du musicien Texan. Awakening adopte aussi cette structure ascendante sur un bassin de pépiements. Le rythme est peut-être moins vif, même si le séquenceur s'amuse à faire dribbler ses ions sauteurs et à structurer des phases de rythmes harmoniques. L'impact du synthé est tout simplement phénoménal ici, tant dans sa vision harmonique que son soutien rythmique, avec des nappes de voix emmurées dans ses riches nappes et des solos qui restent en lien avec l'approche du titre. Essence est en mode balade avec un zest de White Eagle de Tangerine Dream dans son inspiration. Le mouvement reste toujours appuyer sur ces envolées ascensionnelles qui semblent être le lien cohérent de ARTIFICIAL INTELLIGENCE. Sauf que cette essence de White Eagle se volatilise par moments, lorsque la musique épouse de nouveaux horizons. Au final, c'est une très belle balade électronique! Cybernetics s'éloigne de cette tangente rythmique en offrant une structure bondissante qui est nourrie de très bons solos de synthé et d'effets percussifs métalliques. Les solos se pointent par série de double couches sur ce rythme légèrement spasmodique et qui prend une tangente nettement plus saccadée en seconde partie.

La charge des synthés est quasiment plus efficace que ceux du séquenceur dans la modulation des rythmes et Dynamics of Emotion en est un parfait exemple. Affichant le même dynamisme que dans On Being Human, le synthé trimballe la musique avec de belles envolées qui reposent sur un séquenceur plus sobre ici. Theory of Mind est une autre splendide ballade qui débute sur des arpèges sautillant comme les pattes d'un chat sur un étang gelé. Cette ritournelle rythmique est secondée par un autre mouvement du séquenceur avant de se faire envelopper par des lentes envolées du synthé. Dès qu'une ligne de basse se met à sautiller plus frénétiquement et que les percussions s'arriment, le rythme prend son envol entre les envolées aériennes du synthé. Narrative, la musique revient sur son intro assez rapidement pour se réenvoler dans une structure de rythme plus longue et plus spasmodique alors que le synthé continue d'enrober Theory of Mind d'une série de nappes harmonieuses. Après un Ontologies qui se chamaille entre un mouvement furtif et l'autre circulaire, Autonomous Motion nous tombe dessus avec l'impression qu'il s’agit du meilleur titre de ARTIFICIAL INTELLIGENCE qui en contient pourtant plusieurs. Ici le débit est autant saccadé avec des phases plus fluides qui sont toujours guidées par les toujours harmonieuses envolées synthétisées. Entre du Synergy et du Garrison, le titre propose un parfait équilibre entre son rythme changeant et ses phases harmonieuses. Le genre de titre qui s'écoute en boucle parce qu'il y a toujours un truc intéressant à proposer. Genre, de bons solos de synthé de bons éléments percussifs et un rythme qui forge un ver-d'oreille. Excellent! On va écouter aussi en boucles Do Androids Love? qui termine cette dernière offrande de Sayer avec une splendide ballade dont les arrangements mélodieux en ferait un succès radiophonique instantané. De la très belle MÉ dans toute sa splendeur!? C'est la dernière aventure de Sayer qui ne cesse de renouveler son genre et sa musique. Excellent album mes amis!

Sylvain Lupari (09/02/22) ****¾*

SynthSequences.com

Disponible au Sayer Bandcamp

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