Search
  • Sylvain Lupari

SAYER: Future City (2019) (FR)

Updated: Apr 27

“Des rythmes lourds et entraînants qui évoluent toujours avec de bons solos de synthé et surtout des trésors d'imagination aux percussions”

1 Arrival 7:29

2 Dawn Awakens 8:21

3 Drone Craft 6:39

4 Remembrance Park 5:13

5 The Chosen 8:30

6 Relic Technology 8:46

7 Last generation 8:47

8 Seekers 7:04

9 Last Cruiser 6:44

10 Day Turns to Night 7:55

New Territory Records ‎– NTR1012

(CD-R/DDL 75:33) (V.F.)

(Cosmic Rock, New Berlin School)

Deuxième album-concept du synthésiste du Texas, FUTURE CITY propose une collection de 10 titres, toujours en mouvement, qui ont leur propre histoire. Disponible en téléchargement et en CD-r, ce second album de Sayer en 2019 vient avec une superbe pochette et un petit livret qui explique ses 10 histoires. C'est du Sayer! C'est très bien fait, et la musique oscille entre du Jean-Michel Jarre, pour les fusions rythmiques qui ont ce léger parfum de la Dusseldorf School, et Tangerine Dream, pour l’essence électronique qui se rapproche des années TDI.

Les échantillonnages de percussions et d'effets percussifs sont les principaux éléments de charme dans un genre musical que Sayer a su réinventer pour éviter les pièges de la redondance. Elles sont au cœur des phases transitionnelles des 7 minutes de Arrival. Un autre point fort de FUTURE CITY est cette aisance dont il fait preuve pour sectionner ces minutes en parties qui transitent vers de nouveaux horizons rythmiques. L'ombre stroboscopique du rythme reste toujours à portée d'oreilles lorsque Arrival chausse ses grosses séquences juteuses pour un passage plus éthéré et plus harmonieux. Et le contraire est tout autant efficace lorsque c'est du gros rock lourd et appuyer d'une mitraille de percussions et des tssitt-tssitt névrotiques qui relancent constamment le rythme vers des niveaux oubliés par l'insertion de ces phases d'ambiances harmonieuses. Dawn Awakens offre une structure de Chill Ambient avec une suite de 4 accords qui revient constamment, tissant un ver-d'oreille indélogeable. Sayer tisse d'autres très bons solos de synthé, autant créatifs qu'harmoniques, qui infiltrent la base du rythme en lui donnant de semi-élans stroboscopiques. Les huit minutes sont sectionnées à 3 endroits, jouant autant sur la température du rythme que sur les effets organiques, notamment dans les dernières trois minutes. C'est de la très belle MÉ qui nourrit mes oreilles! Et ce tintamarre d'effets percussifs rend nettement plus intéressant ce rock cosmique à deux vitesses qu'est Drone Craft, dont la mélodie à un air de deja-entendu. Remembrance Park est une belle ballade avec un parfum très Tangerine Dream qui m'a accroché un nuage de nostalgie à l'âme. J'aurais bien accepté que la musique reste identique. Mais non! Seely a décidé d'y mettre un ballet de séquences qui virevoltent avec tendresse dans une partie du milieu où les orchestrations crèvent ce nuage de nostalgie où je refoule les larmes. Un superbe titre qui m'a procuré de bons frissons.

Jouant aussi sur 3 structures qui s'aboutent sans que ça paraisse, The Chosen à une touche de musique pour films d'angoisse. Le rythme joue à l'intérieur de ces modulations, passant de spasmodique à mode ballade avec d'autres nappes de violons qui nous vissent par contre une vision plus sibylline entre les oreilles. Le carrefour rythmique du séquenceur est très bien ficelé et exploite à merveille les 8 minutes des phases de frayeur qui vont et viennent avec un défi pour les bouts de romance, au niveau des séquences tombant comme des flocons à la Tomita. C'est un titre plus complexe qui se découvre de mieux en mieux à chaque écoute. Plus long titre de FUTURE CITY, Relic Technology propose une ouverture lugubre avec une nappes de voix chthoniennes et des effets de papillons métalliques dont les ailes vont et viennent dans une nuage métallique. Le séquenceur délie une ligne qui tournoie avec une vision stroboscopique, tandis que le synthé, on a tendance à oublier son importance dans cet album, fait chanter de très bons solos sur cette structure lourde et lente. Structure qui modifiera à peine son parcours avec sa lourde ossature spasmodique ambiante qui accélère dans un débit à peine plus rapide pour tomber dans une phase électronique ambiante. Là où séquences et percussions électroniques challengent leur imagination pour un court 80 secondes, avant que le rythme de guerre reprenne son efficacité autour des 5:30 minutes. Last Generation propose aussi cette ouverture de jeune loups sur un fictif chantier de chasse avant qu'une masse de brume chantante ne vienne d'un synthé rempli d'affection pour une vision de structure ambiante. Plus de 4 minutes plus tard, le séquenceur s'obstine en pilonnant une structure plus vive qui ondule en formant de grands huit sous une pluie d'effets comiques d'un synthé toujours envahissant. Lourd, lent et entraînant! J'aime ça! Seekers termine ce voyage du milieu de FUTURE CITY. Ce voyage de structures lourdes et lentes qui serpentent les territoires cosmique de cette citée où la musique dérive avec ses ondes stroboscopiques vers sa finale. Mais avant, on accroche tout de suite à Last Cruisers qui est un autre solide titre avec son rythme mou qui tournoie sous les charmes minimalistes du séquenceur. Le synthé accroche une belle mélodie dans cette structure où les effets percussifs et les effets d'une gorge obstruée par un didgederoo organique sont tout simplement splendides. Day Turns to Night termine l'odyssée de FUTURE CITY avec une autre figure de down-tempo qui tournoie lentement sur un ruisselet circulaire de séquences qui reçoivent l'appui de percussions métalliques pour maintenir sa puissance lourde dans une vision harmonieuse d’un synthé ancré dans ses influences de Jean-Michel Jarre. J'aime! C’est lourd et lent. Des qualificatifs qui permettent à Sayer d'élaborer de très belles structures mouvantes remplies de trésors créatifs au niveau des percussions. Il y a de la très belle musique dans cet autre excellent album de Sayer.

Sylvain Lupari (15/04/20) *****

SynthSequences.com

Disponible au Sayer Bandcanp


57 views

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle