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  • Sylvain Lupari

SAYER: Interplanetary (2017) (FR)

“Interplanetary est encore un autre fort album de Sayer qui n'a pas son pareil pour offrir ce rock cosmique électronique orné de renouveau”

1 Into the Unknown 6:56 2 Kepler-452b Orbit 8:07 3 Airwave 7:09 4 Lost Civilization 7:18 5 Light Years 7:49 6 Hyper Drive 4:53 7 Alien Landscape 7:36 8 Caustic Echoes 6:30 9 Serendipity 6:43 10 Cruising Deep Space 7:45 11 Mysteries of the Unknown 7:30 Sayer Music

(CD-r/DDL 78:16) (Cosmic E-Rock)

Notre cher rocker électronique interplanétaire revient sur les ondes terrestres avec un nouvel album. Près de 16 mois après l'excellent Cosmic Voyagers, Sayer nous revient avec un autre solide album de rock électronique, toujours aussi accrocheur et harmonieux, qui fait moins dans les nuances et décrépitent nos murs avec du solide E-Rock boosté aux séquences et aux percussions électroniques. INTERPLANETARY marque aussi une nouvelle étape dans la carrière de Sayer Seely qui a été occupé à agrandir et réorganiser son studio. L'album profite de ce délai avec en exposant un champ sonore encore plus coloré où les 78 minutes de cet album proposent de très bons mouvements de séquences riches d'une flore tonale aussi fascinante que très épicée.

Une onde enveloppe nos oreilles avec ses lourds auras multi soniques. Un mouvement de séquences, avec des tonalités un brin organiques (ou cosmiques) s'échappe afin de structurer un rythme lourd et lent où se tortillent et se contorsionnent solos et ombres de ces solos dans un univers en constante ébullition. Ce rythme qui monte et descend lentement regorge de séquences adjacentes qui irradient des harmonies rythmiques tournoyant en lentes spirales doucement stroboscopiques. Into the Unknown donne le ton à un album qui exploite à merveille les capacités cosmiques des nouveaux équipements de Sayer. Les effets sonores respectent la vision toujours intergalactique de Sayer avec des nuées de pétillements des étoiles et les nombreuses traînées de poussières cosmiques des astres en mouvement. Le rythme qui ondule constamment et qui joue sur ses réfractions séquencées, nous fait taper du pied dans le cockpit d'une navette spatiale. Et ces solos qui retentissent à la barre des 3 minutes sont tous simplement ravageurs. Un peu comme il nous a habitué, Sayer fait évoluer sa musique à l'intérieur de leurs enveloppes de temps, incitant nos oreilles à être constamment sur le qui-vive. Et il y a toujours des titres qui rivalisent entre eux afin de soutirer le maximum de nos émotions. Kepler-452b Orbit a eu un effet bœuf dans mes oreilles. Je peux en dire autant de Cruising Deep Space. Son intro, dessinée dans des vapeurs de brume, se dégage des nébulosités astrales avec des bonnes séquences volubiles et des percussions feutrées. C'est aussi dense que planant, même si les séquences sont en mode; titille-moi les oreilles! Sorti de nulle part, la deuxième partie décroche une approche harmonique qui nous rentre dedans. Un superbe titre qui profite au maximum des variances dans les teintes des séquences. L'introduction très cadencée de Airwave profite aussi de ces séquences aux effets organiques et aux tonalités contrastantes. Le rythme reste soutenu et progresse par les élans évolutifs du séquenceur. C'est du bon rock cosmique entraînant qui bouge à peine et avec de superbes solos à partir de la mi-temps.

Light Years est construit sur le même principe. Ce sont les effets et les solos qui rendent le titre de plus en plus vertigineux. Et j'aime toujours ces effets de percussions gazeuses. Si les tonalités des séquences, et les multiples variances dans l’art de soutenir un rythme, sont les joyaux de INTERPLANETARY, les percussions ne sont pas si loin derrière. Solide du début à la fin, Hyper Drive est un bon rock homogène avec de solides effets, tant au niveau du synthé que du séquenceur. Si votre plancher est encore de niveau, Caustic Echoes risque de le tordre avec un fascinant rock assez futuriste. C'est le genre de titre qui pourrait faire fondre n'importe quel bouchon de cérumen! Il y a des titres plus complexes, comme le mouvement de valse cosmique qui érige l'introduction de Lost Civilization. Les ambiances sont éventées par des percussions soutenues, donnant un élan de mid-tempo à cette valse qui tournoie toujours lentement par la force de ses orchestrations. La cadence accentue la marque avec des percussions plus vives et des séquences qui multiplient les frappes rythmiques. L'effet est quasiment arabique. Un très bon titre aux allures cinématographiques. Alien Landscape est la parfaite fusion entre un Tangerine Dream rétro et contemporain. Il y a quelque chose de très romanesque et Vangelis dans Serendipity et sa danse astrale qui affrontera sans broncher les percussions tardives. Le genre d'hymne interplanétaire où deux amants s'embrassent sur Mars dans le générique de la fin d'un film post-apocalyptique. L'introduction, à tout le moins les arrangements, de Cruising Deep Space exploite aussi ce côté dramatique cinématographique avec de belles orchestrations qui pourraient faire lever les poils des bras de tout rêveur. Sa structure évolue en rythme avec l'apport d'un très bon jeu de séquences qui marque le tempo comme des chevaux de bois à qui l'on a donné la mobilité de galoper. Intense avec ses arrangements saisissants et entraînants avec ses séquences tricotées dans des tonalités fascinantes. Des tonalités qui irradient tout au long de Mysteries of the Unknown et de sa structure qui évolue comme un boléro électronique cosmique. Le rythme reste toujours soutenu avec une lourdeur qui résonne entre cet autre excellent maillage de séquences et de percussions, alors que les harmonies sont divisées entre ces séquences et des accords de claviers aussi fragiles qu'une flûte endormie. L'effet de riffs et de féroce lourdeur est tout simplement hallucinant et les solos de synthé sont incroyablement efficaces. Voilà le dernier joyau de INTERPLANETARY; un autre solide album de Sayer qui n'a pas son pareil pour offrir ce rock cosmique électronique coiffé de renouveau autant dans les structures que les ambiances. Vivant et efficace du début à la fin, parfait pour les amateurs de genre!

Sylvain Lupari (14/07/2017) ***** SynthSequences.com Disponible au Sayer Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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