• Sylvain Lupari

SENSITIVE CHAOS: Closer to Home (2021) (FR)

Un très bel album de textures électroniques sur des rythmes du monde et de notre vie

1 Fauna Funk Fusion 9:25

2 Snow Laughing Matter 9:04

3 Fort Hamilton Parkway - Prospect Park 2:35

4 Backyard Limbo 8:56

5 Cosmic Tune-up 0:59

6 Cosmic Orchestra 6:04

7 Fast Driving Open Road 15:27

8 Closer to Home 9:24

9 As Night Unfolds 8:11

10 Watching Embers Glow 7:34

11 Kimono My Bliss 30:08

Sensitive Chaos Music

(CD/DDL 107:51)

(Electronic Jazz, Ambient)

Sensitive Chaos n'avait vraiment pas arrêté comme tel. L'épisode de Walking a Beautiful World a demandé beaucoup d'énergie, peut-être un peu trop, à Jim Combs. Et cette fois-ci il allait approché CLOSER TO HOME différemment. Auparavant, chaque album de SC partait de sessions d'improvisations spontanées et/ou d'apparitions publiques effectuées par Jim seul. Ici, il a décidé de partir à la conquête des parcs et des bars de Atlanta en compagnie de Ryan Taylor, guitariste/bassiste, et Mitchell Sosebee aux percussions. Ces sessions d'improvisations ainsi captées retournaient en studio afin de les approfondir avec l'aide d'autres musiciens. Un long processus dans ce temps de pandémie. Mais il y a eu beaucoup de musique. Le résultat est un double CD de 108 minutes où le côté purement électronique trouve ses racines dans le dernier tiers de l'album. On passe aisément à du Jazz électronique à des rythmes du monde sur des textures électroniques et du bon gros rock aux accents de blues, toujours sous des textures électroniques. Des textures minimalistes qui inspirent une dizaine de musiciens jouant plus d'un instruments à y coucher leurs harmonies et solos dans des spirales musicales jamais trop longues. On y trouve aussi cette musique sans frontières et une musique ambiante d'une beauté à étreindre le pré-sommeil.

Guitare style blues larmoyant et basse qui se prend pour une contrebasse, Fauna Funk Fusion s'abandonne à une poignée de percussions manuelles dans une ouverture qui chercher à profiler sa véritable nature. Dans une vision festive, la musique s'accroche à tous ses éléments afin de créer une texture de musique du monde avec des effets de guitare qui sonnent comme des barrissements d'éléphants et autres extravagances sonores qui met en relief le talent de Brian Donohoe aux différents instruments à vents et de Josie Quick au violon. Ryan P. Taylor est, comme toujours, très efficace à la guitare, et la basse, sur ce titre vivant sur une intense faune percussive. Les solos sont appelés à changer d'instrument alors que le rythme maintient toujours sa cadence. Nous sommes dans du Jazz électronique où le dynamisme musical est ancré dans une structure dense où l'impression que nos oreilles sont confrontées à un ensemble de 20 musiciens n'est pas erronée. Seul titre composé en studio, Snow Laughing Matter débute avec une vision plus électronique. Le synthé et le clavier tissent une texture circulaire où riffs et tintements de billes jouent sur les contrastes et nuances. La basse est gourmande en accentuant sa présence qui pousse le titre vers une texture de Jazz avec un Brian Good en pleine forme nous soufflant ses airs de saxophone soprano. Entrainante et vivante, la musique évolue pour caresser une autre forme de musique circulaire sous les étoiles où il est facile d'imager de bons solos de synthé. Fort Hamilton Parkway - Prospect Park est une session d'enregistrement terrain effectué par Jim. Idem pour Cosmic Tune-up. Backyard Limbo est du pur Sensitive Chaos avec une structure rotatoire minimaliste où se greffent et disparaissent diverses tonalités. Au premier, la guitare acoustique accueille le mouvement circulaire de ce xylophone qui m'a tant charmé au fil de mes rencontres avec les différents groupes de Jim Combs. Les accords seront toujours présents, ayant un rôle plus effacé afin d'accueillir les différents solos d'une débordante liste d'invités. Cosmic Orchestra porte bien son titre avec une structure électronique un brin stroboscopique qui soutient des solos de Brian Donohoe et Brian Good.

Fast Driving Open Road est un gros titre qui débute avec une vision d'Électronica bien plantée dans un très bon jeu des percussions. Notre ami Paul Nagle contribue à cet album sur ce titre, jouant du synthé et de la Soma Pipe. Le rythme est très entraînant avec des solos de sax sur la palette bondissante d'une bonne basse funky qui viendra faire son solo. Ce carrousel rythmique tournant à bonne vitesse ancre un rythme minimaliste sautillant avec plus d'artifices électroniques et surtout avec une excellente communication entre les percussionnistes et le bassiste. On remarque une belle ligne de piano intervenir dans le moment le plus éthéré de ce titre qui caresse une belle phase semi ambiante avant de revenir dans une structure plus spasmodique. Ses 3 dernières minutes sont explosives avec une structure aussi entrainante que les rythmes de joie des Mardi gras de la Nouvelle-Orleans. Le piano nous laisse encore dans nos songes lorsque les premiers soupirs de As Night Unfolds atteignent nos oreilles. C'est un slow spatial avec une incroyable basse aussi sensuelle que les pleurs du saxophone soprano de Brian Good. Nous avons atteint le côté ambiant de CLOSER TO HOME. Ambiant et très intense avec le violon qui nous surprend en train de cerner l'impact du synthétiseur sur ce titre dont les riffs de guitare et les solos éperdus du saxophone nous amènes jusqu'à ce lit scintillant de la danse passagère d'arpèges sur un air de xylophone à différents paliers. As Night Unfolds déroule sa bannière musicale comme un carrousel allégorique fait pour y déposer des solos de Brian Donohoe et les larmes de Josie Quick. Un très beau titre! Watching Embers Glow n'est pas en reste. Un titre ambiant qui colle ses nappes de synthé de façon à tracer un long vol planant nous amenant à regarder une nuit étoilée. Kimono My Bliss est un long titre atmosphérique qui a trouvé racine lors d'un spectacle virtuel partagé sur Facebook dans le cadre de Kimono My House pendant la pandémie de 2020. C'est une masse de sons tournoyant lentement avec des effets de cliquetis percussifs et des ondes de synthé qui s’enroulent afin d'y amener une forme de sérénité. Malgré sa lenteur, ce long titre de 30 minutes commence son rayonnement d'intensité autour de la 15ième minute. Des arpèges viennent y danser, sculptant une mélodie évasive qui se solidifie avec un sculpte bien ciselé par un clavier.

Ainsi les boucles attachées ayant fait le bonheur de mes oreilles, c'est avec le même plaisir que j'ai parcouru les 108 minutes de CLOSER TO HOME. Ce titre a plus d'une raison et celle d'un premier concert que je Jim Combs a vu étant celui de Grand Funk Railroad et le titre Closer To Home étant un de ses préférés est celle qui décrit le mieux les ambiances de cet album fait de différentes prestations improvisées que Sensitive Chaos a ramené à la maison. Il en sort un album de textures électroniques sur des rythmes du monde et de notre vie. En temps de pandémie, c'est la plus belle musique festive à se mettre entre les oreilles.

Sylvain Lupari (10/05/21) *****

SynthSequences.com

Disponible au Sensitive Chaos Bandcamp

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