• Sylvain Lupari

SEQUENTIA LEGENDA: Extended (2016) (FR)

“Un petit bijou de musique minimaliste où les boucles de rythmes et les toiles d'ambiances défilent avec nuances et subtilités”

1 The Approach (Extended Version) 28:29 2 Into the Sequence 20:14 3 Somewhere (Extended Version 23:14 4 Vibrations (Extended Version) 24:43 5 Solitudes Lunaires 24:46 6 Au Revoir 21:57 Sequentia Legenda Music

(DDL 143:25) (V.F.) (Minimalist Berlin School)

SiLaurent Schieber avait été le gérant des The Beatles, la renommée du célèbre quatuor Britannique aurait défoncée les frontières de Mars. Et là je ne compare pas la musique de Sequentia Legenda à celle des Beatles (oh que non!), mais le travail acharné du sympathique synthésiste Français afin de promouvoir sa musique sur Internet ainsi que sur les différents réseaux sociaux est une véritable leçon sur l'art du marketing. EXTENDED fait véritablement l'objet d'une publicité aussi agressive qu'une nuée d'abeilles sur un gâteau de noce depuis que Sequentia Legenda annonçait que ce prochain album allait se faire en collaboration avec le batteur de P'Cock, Tommy Betzler. Je crois que c'était au printemps 2016. Et peut-être même avant! S'il y a un dicton qui dit que toute publicité agressive peut cacher un navet, un truc difficile à vendre, ce n'est définitivement pas le cas ici. Et il faut prendre le titre pour ce qu'il est! Soit des versions prolongées de 3 titres qui sont parus sur les albums Blue Dream et Amira, et 3 autres titres que Sequentia Legenda a étiré au maximum dans le but d'offrir un album double de cette musique subliminale qui puise ses sources dans les longs mouvements hypnotiques et répétitifs du Maître Klaus Schulze. Après une version prolongée de 7 minutes de The Approach, paru sur Blue Dream de 2015, Into the Sequence amorce son voyage entre nos oreilles en douceur. Petite parenthèse ici! Pourquoi je n'écris rien de plus à propos de The Approach? Ça sera la même raison que pour Somewhere et Vibrations! Les minutes rajoutées n'apportent rien de nouveau si ce n'est qu'un enracinement encore plus profond dans notre état d'hypnose cérébrale. Ce sont des titres que j'ai déjà chroniqués et qui reste toujours très agréable à écouter, même en version prolongée. Ça prolonge le plaisir, comme dirait ma Lise!

Donc, une onde lointaine s'extirpe du néant afin de flotter paresseusement avec des cliquetis. Nous sommes en pays de connaissance car les nappes de synthé et ces cliquetis qui les picorent portent le sceau de Sequentia Legenda. Ces nappes bougent à peine, étendant leurs emprises avec de fines nuances dans un déplacement qui reste assez sédentaire. Mais nous sentons de petites boucles se former en même temps que des percussions pétillent en arrière-fond. Peu à peu le rythme ambiant de Into the Sequence prend forme avec des sauts délicats qui étirent leurs effets comme les ondulations d'une flamme agitée par des brises calmes. Le mouvement regorge de voix camouflées dans ces nappes alors que la cadence progresse comme la marche d'un pingouin à la recherche de son dernier repaire. Beau et calme, comme toute MÉ minimaliste issue de cette époque, Into the Sequence reste dans sa séquence sédative même avec son effet de vélocité trompeur. Solitudes Lunaires a eu sur moi le même effet que le splendide Fly Over Me! L'introduction fait très Klaus Schulze dans ses années Body Love. Et contrairement à Into the Sequence, l'intensité fait sentir sa présence dès les premières secondes. Des petits pas parcourent le décor lunaire de cette introduction, tandis que Laurent Schieber forge les inlassables boucles qui sont extraient des vapeurs bleus des nappes d'éther. Des carillons sonnent la charge autour des 8 minutes, entraînant le titre vers son rush d'adrénaline avec des battements successifs et dont les saccades dessinent un étrange rodéo cosmique. Le rythme se défait de son emprise Body Love pour étirer ses spasmes saccadés qui enivrent des percussions dont les frappes perdront de leur luisance avec une avalanche de voix qui s'abat autour de la 14ième minute. C'est l'art de la musique minimaliste simplifiée que Sequentia Legenda installe avec son armada de petits pas séquencés qui gigotent dans un esprit d'errance amplifiée par ces nappes de voix séraphiques. Solitudes Lunaires est scindé en 4 blocs assez distincts et ces dernières minutes respectent ce pinacle d'émotivité avec un mouvement de rythme plus soutenu et des effets de synthé qui compensent pour le manque de solos qui cimente cette étrange rapport de séduction envers la musique de Sequentia Legenda.

Composé à la suite d'une demande de Rebekkah Hilgraves à la mémoire d'Edgar Froese, Au Revoir est le titre le plus intense du répertoire de Laurent Schieber. Son introduction tissée dans les vapeurs d'éther et de voix flottantes et la musique affiche déjà un haut niveau d'intensité avec ces nappes de voix très prononcées et ces mouvements de cliquetis percussionnés qui secouent les ambiances endormitoires des 4 premières minutes. Les boucles de rythmes sont brodées autour de percussions électroniques, de séquences répétitives et de nappes de synthé habilement sectionnées. Elles roulent sans arrêt avec le support d'effets de synthé émiettés en saccades stroboscopiques. Des percussions alimentent la passion en même temps que des nappes de voix très lyriques tentent de l'amadouer. C'est ce contraste entre l'intensité et la sérénité qui fait le charme de ce titre, un peu comme un long débat amoureux que deux amants refusent de conclure. C'est du Sequentia Legenda dans toute sa splendeur. Même inondée des influences de Klaus Schulze, la force de Sequentia Legenda est sa signature musicale assez unique qui se démarque dans cet immense bassin exponentiel d'artistes émergeants dans le domaine de la MÉ, plus particulièrement le style Berlin School. Ici, la musique est répétitive. Elle évite par contre les pièges de la redondance avec un doigté de fée.

Et au final, EXTENDED est un petit bijou de musique minimaliste où les boucles de rythmes et les toiles d'ambiances défilent avec autant de nuances que de subtilités, créant des masses harmoniques qui ne sont jamais auréolées de solos de synthé. Un fait assez unique qui décrit à merveille les milles et une splendeur de cet album que j'ai adoré de la première à la dernière seconde!

Sylvain Lupari (08/10/16) *****

SynthSequences.com

Disponible au Sequentia Legenda Bandcamp

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