• Sylvain Lupari

SEQUENTIA LEGENDA: Over There (2019) (FR)

Updated: Oct 2

“C'est un superbe album avec un très bon travail au séquenceur de Sequentia Legenda”

1 The Return 27:13 2 Floating Time 21:12 3 Mind Lake 23:48

Sequentia Legenda Music (CD/DDL 72:19)

(New Berlin School)

À force de persévérance et d'une vision très classique de la Berlin School, période Mirage, Sequentia Legenda est parvenu à se hisser parmi les plus belles découvertes de la MÉ moderne avec 3 albums d'une éloquente poésie sonique. Puis vint le très étonnant Renaissance l'an dernier! Pensé initialement dans les années 80, OVER THERE aura pris près de 35 ans avant d'atterrir sur Compact Disc. Je ne connais pas tous les secrets et légendes de mon cher ami Laurent Schieber, je sais cependant qu'il a un exceptionnel talent au niveau du marketing. Donc, l'histoire de OVER THERE se promène sur différents sites web et sur différentes époques. Sequentia Legenda a débuté ce voyage musical avec des équipements analogues pour le terminer avec des instruments virtuels adaptés avec des tonalités analogues. Honnêtement, je n'ai cependant pas vraiment entendu de tonalités analogues sur OVER THERE, mis à part pour Tommy Betzler à la batterie. Par contre, j'ai entendu un impressionnant travail au niveau des séquences, qui sonnent comme à l'aube du MIDI mais avec une banque de tonalités beaucoup plus vaste, dans 3 titre très fougueux qui rappellent tout le talent et le savoir-faire que Laurent à développer depuis Blue Dream en 2015.

The Return commence sur les chapeaux de roues! Quelques arpèges virevoltent sans puissance dans un environnement sans sons, si ce n'est que l'écho d'un espace vide. Une ligne de basse très Berliner, genre la lourde qui monte constamment, fouette ces arpèges qui s'y collent, structurant ces rythmes vertigineux qui roulent et courent comme un train sans destination. Un train sillonnant des plaines sonores comme en font foi ces zigzags pas trop certains qui roulent comme des couleuvres. Bref, un rythme solidement féroce et entraînant. Tout autour se forme une masse d'arpèges qui scintillent et virevoltent avec leurs tonalités de perles de cristal. Des percussions s'ajoutent. On les remarque sur le tard, comme ces nappes de brumes et d'orchestrations traçant d'ondoyantes structures d'ambiances dans le background de The Return. Je n'ai pas le temps d'écrire que la structure est minimaliste que la ligne devient plus saccadée et emprunte un rythme encore plus vif qui active autant les neurones que les pieds. L'utilisation des percussions électronique ajoutent plus de panache aux rythmes de Sequentia Legenda dans ce OVER THERE et la dextérité du musicien français à ce niveau amène de subtiles modulations qui se font tout en douceur. Ici, comme sur les deux autres titres de cet album. Les 27 minutes de The Return sont tout à fait exquises. Si les nappes de brumes et de voix chthoniennes sont des éléments connues, les éléments percussifs, qui dansent la claquette ici et là, sont de belles surprises qui déjouent toute tentative chez l'auditeur de somnoler dans un effet de redondance. Si les percussions et la ligne de basse sont contagieuses, les arpèges qui vibrionnent tout autour de cette ossature rythmique éclatent de vivacité et de vélocité avec des effets de bruits blancs et parfois organiques qui tracent des cerceaux métalliques lumineux tout autour de ces multiples battements très séduisants. C'est un solide titre où chaque nouvelle écoute nous fait découvrir un autre joyau bien dissimulé derrière les 27 minutes de The Return.

J'avais beaucoup d'attente envers Floating Time, notamment à cause de la présence de Tommy Betzler à la batterie. Mais la véritable vedette de ce titre est nul autre que Laurent Schieber au séquenceur. Le titre débute lentement avec un rodéo d'arpèges qui suit une spirale spasmodique. Une tonalité de diamants sonores éclate avec une pure netteté derrière chaque note du séquenceur. Et ce chapelet d'ions lustrés dans du verre de cristal d'Arque emprunte divers chemins tortueux et semi-tortueux, accentuant la cadence comme jetant un peu de lest avant de libérer des fougues impétueuses tout au long de son parcours sonique. Le fond des ambiances est constitué de voiles de brumes et de voix chthoniennes. La vélocité des danses en série suit son attractif parcours tonal alors que le background intensifie sa présence avec plus d'opacité ainsi que le début du travail de Tommy Betzler. Il y a de l'intensité et du drame dans cette approche qui atteint un autre niveau émotionnel autour de la 11ième minute. On observe la fascinante danse convulsive des arpèges qui se dote d'une approche mélodieuse insoupçonnable alors que la batterie se dégêne en martelant un rythme lourd et lent qui va nettement à contresens d'un travail acharné, et le mot est faible, du séquenceur. Le combat est inégal et le mariage de tous ces éléments convergent vers une masse musicale qui est lourde et dont le séquenceur est l'unique propriétaire, même avec le labourage de Tommy Betzler aux aux fûts. On fait souvent état des rapprochements entre la musique de Sequentia Legenda et celle de Klaus Schulze. Si les deux premiers titres de OVER THERE laissaient filtrer une signature plus personnelle pour Laurent Schieber, Mind Lake ne fait aucun doute quant à sa source d'inspirations qui se colle cette fois-ci à des albums tel que Dreams, En=Trance et Inter*Face. Encore ici le travail du séquenceur forge un rythme soutenu qui circule à l'intérieur de corridors remplis d'une sordide ambiance. Des nappes de voix éteintes et de brume méphistophélique sont les responsables de ces ambiances alors que le rythme est entraînant et le devient encore plus avec l'arrivée des percussions électroniques. Un très bon titre qui conclut un fascinant et oh combien excellent album d'un artiste qui mérite tout son tapage commercial sur le grand Web!

Sylvain Lupari 06/04/19 ****½*

SynthSequences.com

Disponible au Sequentia Legenda Bandcamp

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