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SON OF OHM: Astronaut (2017) (FR)

“Si vous aimez les véritables ambiances psychédéliques des années vintage, Astronaut est fait pour vous!”

1 The Brain Connection 7:49 2 Floating 11:25 3 Intermission 8:35 4 Time Machine 7:49 5 Spaceman 10:23 6 Hypnosis 13:48 Son of Ohm Music (DDL 59:52) (Psychedelic and Space Rock)

C'est suite à mes chroniques sur Sula Bassana que j'ai été mis en contact avec Son of Ohm. Selon les informations que l'on me vantait, la musique de ASTRONAUT, 2ième opus de Son of Ohm, rencontrerait ces critères de séduction qui m'avait transporté lors de mes écoutes et mes chroniques des albums The Ape Regards His Tail et Organ Accumulator / Disappear. Mais tout d'abord, qui est Son of Ohm? Il s'agit du musicien Hollandais, la Hollande est devenue une véritable pépinière d'artistes propulsés par le style Kosmik Musik ou la Berlin School, qui est très actif sur la scène musicale depuis la fin des années 90. Très attiré par une approche psychédélique, Leonardo Wijma est inspiré par toute une gamme d'artistes qui vont d'Ash Ra Temple à Led Zeppelin en passant par Gong (Steve Hillage) et Hawkwind, sans oublier les intemporels Beatles, Bowie, Zappa, Tangerine Dream et Klaus Schulze pour ne nommer que ceux-là. Et c'est sous différents noms (Leonardo Soundweaver, Astral Son et Son of Ohm) que le musicien de Groningue amasse un public aussi diversifié que ses styles qui vont de la musique cosmique à la musique psychédélique, le Krautrock et un genre plus expérimental ainsi que le modèle séquencé minimaliste à la Ashra. Bref, une palette de styles que l'on peut croiser dans un de ses albums, comme celui-ci. Une note d'une tonalité grave étend son ombre insondable en même temps qu'une onde stroboscopique virevolte afin de tisser le rythme flottant et mollement saccadé de The Brain Connection. Subtilement, l'obscure ombre malaisante se transforme en mélodie abstruse qui est pilonnée par un séquenceur en mode minimaliste dans un décor cosmique des années vintage, alors qu'une basse ligne de pulsations émiettent de superbe effets percussifs. Peu à peu, l'ossature rythmique disperse ses ressources afin d'isoler seulement une séquence limpide qui sautille timidement dans un décor sonique plus près du néant avec des nappes d'orgues lugubres qui transforment leurs chants platoniques en une ligne un peu plus acuité. Il y a assez d'éléments de séduction dans ce titre pour pousser un peu plus loin ma découverte de l'univers de Son of Ohm. Il ne faut pas se fier au titre de Floating pour juger son contenu. Loin d'être flottant, le titre aborde nos oreilles avec des effets organiques d'extra-terrestre qui s'agrippe à une belle structure animée d'une approche Krautrock des belles années d'Ash Ra Tempel. Deux lignes de rythme contiguës donnent une vie rythmique tout en dissociant leurs approches dont une qui se veut plus harmonique alors que la ligne de basse reste plus en mode rythme minimaliste. Des nappes, des riffs de clavier et des effets ajoutent une dimension Space Rock à ce titre qui épouse un peu la finale de The Brain Connection. À mes oreilles, le rythme lent et très hypnotique de Intermission est le petit joyau de ASTRONAUT. Très près des territoires de Richard Pinhas dans sa période Iceland à L'Ethique, le rythme est forgé dans un maillage de séquences moirées qui scintillent et sautillent dans une structure rampante et tachetée de superbes nuances dans sa progression. La mélodie, tissée dans les harmonies d'un synthé en mode nostalgie, est aussi envoûtante que son ossature rythmique et son décor sonique ainsi que des effets percussifs qui nous en mettent plein les oreilles. Superbe! Dans sa structure rythmique tout autant minimaliste et délicieusement réminiscente des années vintages du genre Ash ra Tempel, Time Machine n'est pas en reste avec sa structure rythmique délicieusement montée sur un mouvement de boucles de guitares à la Manuel Göttsching qui roulent et ondulent dans un fascinant décor ésotérique avec de savoureux effets percussifs qui sont tout à fait séduisants. Mais Intermission lui jette trop d'ombre. C'est vous dire toute la profondeur et la richesse de ce titre. Bien installé aussi sur des boucles de séquences et d'ondes oscillatrices qui structurent une approche rythmique ambiante, Spaceman nous amène à un degré de tension qui avait jusqu'ici été contenu dans les 4 premiers titres de ASTRONAUT. Ce sont des accords d'un clavier ténébreux qui jettent cette aura alors que les nappes et les bruits environnants abreuvent notre écoute d'une touche de psychédélisme érigée dans une forme de psychose sonique. Intense et glacial, Spaceman reflète particulièrement bien l'idée derrière son titre! Hypnosis est un titre purement ambiant. Des modulations d'ondes poussent des effets de saccade qui flottent avec des élans alternatifs dans un dense voile cosmique tissé dans les fruits des vapeurs de drogues douces. Du bon psybient très vintage! Comme premier contact, j'ai adoré la musique de ASTRONAUT qui est un album très intéressant dans une société moderne qui trop souvent oublie son passé. La musique est nostalgique mais pas dépassé par les nouvelles technologies qui facilitent l'art de créer de la musique électronique. Les influences de Manuel Göttsching et du Space Rock à la Ash Ra Tempel sont bien senties mais laissent aussi beaucoup de place à la créativité de Son of Ohm. J'ai hâte de découvrir Syrinx!

Sylvain Lupari (24/10/2017) *****

SynthSequences.com

Available on Son of Ohm Bandcamp

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