• Sylvain Lupari

SPINNET: Syzygies (2019) (FR)

“Syzygies possède tout ce dont l'amateur de psybient et de rythmes ambiants, genre Plastikman, noyés dans les territoires du Dark Ambient peut rêver”

1 Unitary 9:14

2 Decoherence 8:45

3 Vicious Walks 6:47

4 Secant 6:57

5 Transcendence 8:55

6 Centroid 9:00

7 Large Scale 11:17

Exosphere exo09 (DDL 61:01)

(Psybient, Dark Ambient)

Il se passe des belles choses du côté de la Californie, et plus précisément dans les studios de Synphaera Records qui me surprend encore avec un album qui possède tous les éléments pour séduire les amateurs de MÉ avant-gardiste. Spinnet est un compositeur et un sculpteur d'ambiances électroniques où le Dark Ambient flirte avec le psybient avec un spectre qui va aussi loin que du bon Berlin School. SYZYGIES est un premier essai sonique sur le sous-label de Synphaera, Exosphere. Et attendez-vous à ce que votre plaisir croît avec l'usage…

Des billes, des tintements, des gaz morphiques et divers effets percussifs, comme d’ambiances, errent entre les lents wooshh qui propulsent ces bruits hétéroclites dans les atmosphères de Unitary. Une section s'isole et structure un rythme ambiant dont l'ossature minimaliste scintille plus qu'elle ne bat dans un décor qui amplifie sa présence par l'ajout de nappes, de pads et d'effets obituaires qui sont tout de même rejetés aux portes du Dark Ambient. Où se situe ces premières lignes de cet album? SYZYGIES parce que l'ensemble des structures de cet album décrit certains aspects de la relation entre la géométrie du son et l'algèbre du rythme. Ce processus de passage du scénario concret à l'abstrait est connu, à juste titre, comme une abstraction. Par l'abstraction, les syzygies sous-jacentes entre son et rythme, la pensée et l'émotion, la logique et l'impulsion sont extraites. Et suivant cette explication, cette vision de Spinnet, SYZYGIES prend tout son sens dès cette valse abstraite de Unitary! Decoherence débute aussi sur ces bulles de sons qui tintent et résonnent sur une nappe de silence. Peu à peu, les ambiances ajoutent des éléments qui plonge mes oreilles dans un univers de sons où je distingue des vagues qui se perdent dans une densité tonale qui à son tour dissipe sa croissance dans un ligne de basses pulsations. Ses coups résonnent et cette résonance déploie des cerceaux difformes dont le débit accidentel forge un mouvement saccadé dans un univers de psybient. Je suis sur un genre de qui-vive lorsqu'une série de roulements tissés dans des tonalités non-identifiables anime un rythme qui fait réagir plus mes neurones que mes pieds.

Mais définitivement, Decoherence est tout un titre. Et comment y survivre? Par son contraire! C'est ce que fait Vicious Walks et son rythme mou qui amasse ces billes percussives qui traînent constamment dans les corridors d'ambiances de SYZYGIES. Ils se greffent à cette marche ambulante de Vicious Walks où on ne peut plus méditer. J'aime ces accords gras et mous qui semblent étirer leur existence en s'accrochant au fluide de l'accord précédent. Il y a beaucoup d’intensité dans Secant qui est dans les limites du Dark Ambiant industriel avec une ligne bourdonnante qui accroît son intensité dans un long corridor remplie de wooshh exténués. Transcendence continue cette exploration sonore de Secant avec une lente marche tissée sur de subtiles boucles de rythme ambiant où explosent de violents effets de voix. J'ai comme cette impression d'entendre du Plastikman qui étend sa musique pour le Diable et ses convives. L'univers reste dans le psybient avec des éléments percussifs stagnant alors que le rythme est envoûtant. J'ai cependant trouvé les éclats de voix un peu agaçant…Comme un train roulant lentement sur un pont de bois, Centroid est engouffré dans une masse sonore qui met au défi notre imagination. Le débit avance lentement afin d'atteindre une zone de confort qui est joint par une ligne de gargouillement sourds. Une autre ligne, plus musicale, ondule dans un décor qui peu à peu tisse des lignes de distorsions et de réverbérations afin d'atteindre une intensité solidifiée par de sobres percussions électroniques. Large Scale vient clôturer cet album hautement intéressant de Spinnet avec une autre approche de marche obituaire. Une marche lente finement ornée de bruits blancs et où respire une machine qui sculpte un rythme lent, envahissant. De fines percussions sculptent un rythme de transe cérébrale qui accentue sa vision avec des lignes de voix célestes et autres bruits provenant des poussières du cosmos. D'oblongues lames de synthé gribouillent des murmures évanescents tandis que Large Scale poursuit sa marche hypnotique qui ressemble à du Klaus Schulze, mais pas de trop près. Bref, une belle finale qui fait travailler notre imagination avec une flore de tons aussi captivante que ces rythmes obsédants dont les cadences ambiantes s'abreuvent autant aux fontaines du Berlin School que du psybient avec une plus grande soif pour les territoires inconnus de l'au-delà.

Ce SYZYGIES est une autre belle découverte du label américain Synphaera Records. Disponible uniquement en format téléchargeable de haute qualité 24bits, ce premier album de Spinnet possède tout ce dont l'amateur de psybient et de rythmes ambiants, genre Plastikman, qui sont noyés dans les territoires du Dark Ambient peut rêver.

Sylvain Lupari (06/08/19) *****

SynthSequences.com

Disponible au Exosphere Bandcamp

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