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  • Sylvain Lupari

SPYRA: Invisible Fields (2003) FR

Updated: Jul 6, 2019

“Spyra offre une étonnante mixture entre une MÉ analogue et un soft jazz futuriste à la Blade Runner, en passant par ses longues errances d'ambiances”

1 Test Transmission 4.20

2 Entropy Is Just... 8.54

3 ...a Seven Letter Word 9.27

4 Three Players in an Artificial Landscape 2.44

5 XyloCity Part I 10.54

6 XyloCity Part II 9.50

7 Bath 23.51

8 Temporarily Not Available 3.54

Fax Label PS08/98 (CD-r 73:54)

(Electronica, Ambiant, Berlin School)

C'est avec un plaisir absolu que je vais tenter de vous introduire dans l'éclectique monde musical de Spyra. Longtemps considéré comme un éventuel successeur de Klaus Schulze, Wolfram Der Spyra fait fi de toutes conventions pour offrir des œuvres très colorées où l'inattendue croise les géniales inspirations de ce superbe musicien. INVISIBLE FIELDS n'échappe pas à cette règle! Spyra livre un opus avec une étonnante mixture entre une Musique Électronique analogue et un soft jazz futuriste à la Blade Runner, en passant par les longues ondes de transmissions synthétisées. D'ailleurs, s'il y a une faiblesse dans INVISIBLE FIELDS elle se situe à ce niveau, l'approche reste un peu syncrétique. L'album est trop varié pour en apprécier la totalité sur une seule écoute. C'est plutôt un album que l'on découvre un petit bout à la fois et selon notre humeur. Il y a des titres qui se fondent à tous les décors, alors que pour d'autres, il faut construire ce décor.

C'est sous des airs d'un Kraftwerk lourd aux échantillonnages vocaux à la fois déraillés et très robotisés que débute Test Transmission. Un titre pour dance-floor avec un séquenceurs et une ligne de basse lourdes sur un tempo hypnolunatique rempli d'un décor aux sublimes fluidités des lignes de synthé. Entropy Is Just a Seven Letter Word est une superbe pièce aux atmosphères très jazzés qui fond dans l'oreille. Les percussions et la basse coulent sur un clavier sensuel alors que le ton et les nappes de synthé sont prescriptifs à une mélancolie que l'on veut préserver. Par la suite, de la grande musique nous fait fondre sur le court mais étonnamment séduisant Three Players in an Artificial Landscape. Un titre électro-acoustique où la flûte ensorcelle avec une étonnante lucidité.

XyloCity est, selon moi, l'actualisation de la Berlin School. Une Berlin School rafraîchie par une vision cosmique qui oscille entre un planant spasmodique et des rythmes minimalismes légers qui progressent avec une férocité bien dosée. La 2ième partie est plus furieuse et trempe dans une ambiance de jazz très libertine où les percussions réveillent un piano/synthé aux notes feutrées sur une basse vicieuse. Tranquillement le tempo s'estompe pour laisser filer un superbe adagio de glockenspiels xylophonés qui résonne mielleusement aux oreilles. Cette première partie d'INVISIBLE FIELDS est tout simplement géniale et plaira tant aux amateurs de MÉ traditionnelle qu'aux amateurs de soft techno marinée dans une musique d'ambiance. Bath est le titre épique de cet album, tant pour le temps que sa dimension aux ambiances tétanisées avec un goût d'agrume métallisé. Acide et enveloppante, elle débute sur des fluides ondes Martenot mixées à des échantillonnages d'orages aux fracas virulents. Tranquillement, le mouvement se stabilise pour flotter avec une lenteur apaisante avant de poursuivre son trajet à travers les méandres sonores aussi mystérieux qu'indomptables qui dépeint un paradoxe tant artistique qu'émotif. La douce Temporarily Not Available clôture sur une tendre note mélancolique ce très bel album de MÉ contemporaine que l'on entend que trop rarement mais que l'on doit dompter progressivement.

Sylvain Lupari (11/09/07)

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