• Sylvain Lupari

STAN DART & MARK DORRICOTT: Seaside (2019) (FR)

Une MÉ beaucoup plus facile à apprivoiser avec des doux down-tempo et des lignes de piano assez semblables, ce Seaside disperse ses meilleurs moments dans un ensemble de deux CD..il y en a un de trop!

1 Waves 8:33 2 Seaside 6:25 3 Remembering Paris 6:45 4 Blue Sky 6:17 5 Starlight II 8:43 6 Stellar Night 8:34 7 Time's Right 8:03 8 It's a Rainy Day (feat. Mrs. King) 7:03 9 Nightlife 8:19 10 Deckard's Party 6:32 11 Time's Right Single Mix Bonus 4:39 12 Replicant's Dream 11:05 13 Empty Room 9:19 14 Memories of Tomorrow 8:21

15 Distant Life 5:25 16 Thannhauser Gate 11:11 17 Fading (Away) 3:30 SynGate Wave CD-R SD07

(CD-r/DDL 128:51) (Cinematic ambiences)

Si vous avez apprécié Midnight, je n'entends aucune raison pour que cela soit différent avec SEASIDE Pour cette 2ième collaboration, le duo Dart & Dorricott fait dans l'originalité en proposant une impressionnante collection de 16 titres originaux qui flottent dans les parfums d'une Électronica facile à domestiquer, sans artifices industriels ni de psybient. Bref une musique qui s'écoute tellement bien que même ma blonde a aimé! Proposée autant en CD-r qu'en download, la musique est riche de ses ambiances avec une production en 24 bits qui rend justice à un autre chapitre du film Blade Runner. Le CD1 est intitulé; The Human Side et propose 10 pièces dont la vision cinématographique épie l'évolution de Deckard et Rachel entre les 2 films.

Waves donne le ton à cette vision filmique avec des bruits de vagues qui s'agrippent aux rochers. Le ton du synthé fait assez Vangelis avec des faisceaux qui vont et viennent avec un certain degré d'intensité. Ce décor permet l'introduction du piano et de ses notes esseulées qui sont remplies de nostalgie. De fines percussions structurent un rythme ambiant, caressé par des nappes de voix. Le piano s'accroche. Le ton est du genre Lounge et dépeint assez bien les ambiances à venir de SEASIDE. Dominant, le piano de Mark Dorricott est de tous les combats. Que ce soit acoustique et électronique, il tisse des lignes d'harmonies, souvent mélancoliques et quelques fois plus joyeuses, dans des panoramas soniques qui respirent par différentes formes de rythmes. Tous très accessibles entre du soft-tempo et un down-tempo très raisonnable. Le Easy Listening, le New Age et la musique du dimanche matin sont à l'honneur dans ce double album où les mélodies abondent sur de bons arrangements. Stan Dart a bien saisi la dimension mélodieuse de son compagnon de musique et s'en sert à bon escient tout au long de cet album. Remembering Paris est un très bel exemple. Cela faisant, ça donne une approche plus unidimensionnelle à la musique qui s'évade très rarement vers des pistes plus complexes. Il y a des bons moments d'ambiances qui sont très cinématico-intenses. Je pense entre autres à Starlight II, Stellar Night et Time's Right qui sont les points forts de The Human Side. Deckard's Party est le titre le plus danse de SEASIDE. Et encore là, ça reste très sobre.

Le CD 2, The Replicant Side, est nettement supérieur. Je ne comprends pas la version écourtée de Time's Right puisque c'est un solide morceau de musique. J'aime bien le style Ambient House dans Replicant's Dream. L'introduction est très orchestrale avec un zest de cosmos bien senti. Les arrangements sont top notch! On arrive lentement au rythme, mais une fois que nos jambes ont embarquées, difficile d'arrêter! Empty Room est un beau slow lunaire. Le rythme est lascif, la ligne de basse est à faire rêver avec sa façon de s'agripper à la douce mélodie rythmique et les notes de piano cristallisent une mélodie aussi évasive qu'un songe. Memories of Tomorrow sonne comme du très entendu dans les meilleurs moments de The Human Side. C'est beau, mais…Distant Life est un autre bon titre tissé sur une longue ligne de riffs où le piano fait tinter notes et harmonies dans une eau sonique cristallisée de prismes. Ces notes sont d'un bleu perçant et lance des pointes d'émotivité dans un genre de course contre le temps qui se conclut dans un lourd et dense rock orchestral. C'est très intense et ça rejoint certains des bons moments dans Midnight. Thannhauser Gate est le joyau de SEASIDE. La musique est très intense et dominée par ces multicouches d'harmonies de ce piano qui séduit tant par l'agilité des doigts de Mark Dorricott que le temps dans le rythme et la puissance émotive des arrangements. Fading (Away) est une vision remixée de Tears in the Rain, un peu comme dans le film de 2018.

Le défaut de SEASIDE! C'est un album double. Un simple aurait été nettement plus judicieux, mais encore là faudrait-il que les titres retenus soient les bons! Et ça, ça dépend des points de vue. Si vous aimez une musique facile à siffloter, avec des mélodies et des structures de soft-tempos guidée par des lignes de piano qui au final se ressemblent un peu tous, je crois que vous n'aurez aucune difficulté avec cet album. Par contre, nous sommes loin d'une MÉ progressive et complexe avec des retournements à couper le souffle. Il y a de bons moments et encore là, ils sont développés dans une vision lunaire et séraphique.

Sylvain Lupari (25/01/19) *****

SynthSequences.com

Disponible au SynGate's Bandcamp

7 views
  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle

© 2019 by  Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari