• Sylvain Lupari

STEVE ROACH: Immersion: Four (2009) (FR)

C'est doux, beau et extrêmement intuitif. Et dire que j'ai détesté ce genre de musique une fois…

1 Immersion: Four 73:55

Timeroom Edition TM 22

(DDL 73:55)

(Ambient Music)

Dire que j’ai déjà détesté ces longues œuvres que je trouvais vide de sens et d'harmonies. C'est avec Steve Roach et son superbe Strucures from Silence que j'ai appris, sur le tard, à apprécier la magie et la quiétude qu'apporte ces œuvres que je trouve réconfortantes lors de période de questionnement et de stress. Mais je dois vous avouer que je ne croyais plus que Steve Roach pouvait encore exploiter les profondeurs abyssales du sommeil, des auras et de la relaxation intra personnelle, sans tomber dans la répétition et l'ennui. Eh bien, faut croire que le maître de l'ambiant sombre et lourd peut encore insuffler un dialecte sonore à sa pensée méditative.

Quoique plus hermétique et claustrophobique que les œuvres antérieures à la série des Immersion, IMMERSION FOUR apporte une chaleureuse vision à notre mantra personnel. Celui que l'on crée à partir de nos visions, de nos croyances. Immersion Four est une oblongue litanie musicale qui s'échelonne sous de longs souffles chauds, nous transportant aux portes de notre subconscient, tout comme l'enveloppant Artifact Ghost de Immersion Two et de Sleep Chamber de Immersion Three. D'ailleurs pour saisir la pleine mesure des œuvres ambiantes et vides d'impulsions de Steve vaut mieux s’assoir, ou se coucher, afin de se détendre et se laisser emporter par ses doux flux sonores et ses couches synthétisés. Des strates aux souffles à la fois spectraux et sereins qui s'enchevêtrent dans un lent tourbillon et chatouillent nos oreilles avec une lourdeur oscillante qui forme la vie à ces longues quêtes spirituelles. On peut aussi bien vaquer à des trucs personnels, comme lire, écrire ou même faire l'amour. Surtout y faire l'amour et caresser, gouter la peau de l'être aimer en suivant les lentes fluctuations de cette musique si personnelle. Essayer pour la forme …

Ici, comme sur toutes les œuvres de la série Immersion, la musique ne bouge pas. Elle est l'accompagnatrice de notre esprit et de nos sens afin de nous guider vers un voyage introspectif où la relaxation et notre éveil face à nous-mêmes nous dégage de nos responsabilités immédiates. Un peu comme un 3ième œil qui nous fait voir les choses d'une autre perspective et apporte un éclairage nouveau à ce qui nous semblait si sombre, il y a une heure. Et c'est sans doute une des importantes raisons qui fait que j'aime ce bonhomme et sa musique. Sa musique, aux lentes oscillations filiformes, apporte un dividende intérieur qui fait bon entendre. IMMERSION FOUR est le rendez-vous annuel, quoiqu'il y en a quelques-uns cette année, que Steve Roach nous offre afin de mieux nous ressourcer. Je ne vois pas comment passer outre. C'est doux, beau et extrêmement intuitif. Dire que j'ai déjà détesté….

Sylvain Lupari (06/06/09) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Timeroom Editions Bandcamp

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