• Sylvain Lupari

STRATOSPHERE: Aftermath (2015) (FR)

Aftermath a quelque chose d'unique! Quelque chose qui m'a ensorcelé, m'a charmé ... Et pourtant, je ne sais pas quoi

1 Accepting the Aftermath 8:41 2 Search for Normality 7:38 3 Search for Normality (Reprise) 11:38 4 Endless Despair 9:53 5 Confusion 9:51 6 When you Think Everything is Alright... 10:40 Projekt Records | PRO0317 (CD/DDL 58:11) (Deep ambient with guitar drones)

Projekt Records continue de sonder les frontières de la musique abstraite et ambiante qui puise ses originalités dans les longs bourdonnements aux chaleurs industrielles. Après mon expérience avec Dirk Serries, c'est maintenant au tour de Stratosphere de venir déverser des émotions cristallisées dans une fusion de larmes de guitares, de nappes de voix aussi séduisantes qu'obsédantes et de lignes de synthé aux couleurs nuancées par les paradoxes qui est aromatisée par les parfums des longs drones aériens. Stratosphere c'est Ronald Mariën. Un sculpteur de paysages soniques immobiles Belge, tout comme Dirk Serries, dont les premiers aboutissements sont passés par une longue route trouée par l'incompréhension face à une forme d'expression musicale qui attire qu'une faible poignée d'adeptes. Et pourtant, on cherche tous à meubler le silence...Non?! Et je dirais que ce AFTERMATH y parvient à merveille.

Des accords de guitare très limpides rebondissent comme des perles d'eau cristalline. Leurs ombres ignées se fondent dans des souffles creux qui se changent en voix absentes tout doucement caressées par les sourdes impulsions d'une nappe de basse. Réverbérations aux teintes contrastantes sur un jeu d'ombres moirées, l'introduction de Accepting the Aftermath nous plonge en plein cœur des paradoxes de cet album Les riffs de guitare remodèlent leurs harmonies sur ces perles éteintes, dansant comme des flammes éternelles dans les effets élastiques des nappes d'une guitare basse qui étend ses ondes lugubres et ensorcelantes. On peut y entendre des nappes de voix gothiques ressusciter des voix plus astrales tout au long cette dualité entre les harmonies figées dans des patterns minimalistes et ces sombres effets de synthé/guitare qui reste le principal axe de charme dans tout AFTERMATH. Search for Normality propose une structure ambiante lourde et étouffante où ces harmonies sont entièrement gobées par le néant. Les bourdonnements sont au cœur d'une tempête qui force un très bon, et envoûtant je dois insister, crescendo d'ambiances et de distorsions qui se termine d'une façon assez abrupte. On dirait que nos oreilles ont manquées d'air! Sa reprise, qui n'a rien de comparable, déroule des riffs paisibles qui murmurent dans des nappes de synthé scintillantes où la dualité des ombres dépose une tendre ballade ambiante sibylline. Chaque titre propose aussi sa vision de l'amplification des intensités. Ici le mouvement épouse un genre de lent staccato, un peu comme si Ronald Mariën laissait ses esprits se laisser berner par du rock...ambiant. J'aime bien l'enveloppe très intense et émotive de ce titre qui a accroché mon oreille dès que les 3 premières minutes ont brûlées ses ambiances. Le même pattern se présente dans When you Think Everything is Alright... mais avec plus de vivacité. Ça se termine même dans un chaos qui concluait les lourds spectacles de hard-rock dans les années 70. Endless Despair orne de nouveau ces ambiances noires. C'est un titre très ambiant avec une fascinante dualité entre les sombres couches de synthé et les grognements d'une six-cordes. Il y a de faibles faisceaux translucides qui sortent du lot, me rappelant les bases de Michael Rother sans les harmonies teutoniques. Sauf que AFTERMATH n'est pas totalement dénué de ces harmonies. Elles sont plus éthérées et roulent en boucles. Des boucles tissées serré dans l'enveloppe minimaliste comme dans Confusion où elles ruissèlent comme des perles dans le fond d'une rivière qui s'embrume de déchets toxiques. Il y a un superbe crescendo dramatique dans ce titre qui accroche l'attention, et le plaisir de nos oreilles, dès la première écoute.

Il y a quelque chose d'unique, d'ensorcelant dans les six structures de AFTERMATH. Je n'arrive pas à mettre le doigt dessus, mais ce n'est que très rarement qu'une œuvre ambiante noire m'attire de cette façon. C'est peut-être cette impression de tristesse, de mélancolie qui rend la solitude pleine d'attributs qui fait que j'ai aimé...Encore, je ne serais le dire. Mais une chose est certaine, c'est un album qui m'a profondément touché. Il y a des choses comme ça....

Sylvain Lupari (04/08/15) *****

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Disponible au Projekt Records Bandcamp

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