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  • Sylvain Lupari

SVERRE KNUT JOHANSEN: Secret Space Program (2017) (FR)

“Un autre conte de fées cosmique avec des rythmes, des ambiances et des mélodies emprisonnés entre les frontières du New Age et de l'Électronica”

1 MILAB (Military Abduction) 4:11 2 Black Ops (Military Secret Space Programs) 5:25 3 LOC (Lunar Operation Command) 4:43 4 Secret Space Program 7:15 5 Blue Indigo Balls of Light 4:52 6 Esoteric 4:58 7 Blue Avians 3:16 8 Genertic Programs 5:03 9 Precognitive Abilities 5:18 10 Raising our Vibrational and Consciousness Level 3:38 11 Orb Beings 4:1

12 Matrix of Spheres 0:54 13 IE (Intuitive Empath) 3:49 14 Sphere Being Alliance 6:02 15 We are One 5:22 16 Outro SSP 1:41 Spotted Peccary | SPM 3002

(CD 70:42)

(Modern EM with a cinematic touch)

Le thème de la science-fiction, de la vie possible sur d'autres planètes et des services secrets tel qu'un probable X-Files sont le berceau d'une hérésie artistique qui sied très bien les innombrables avantages et les infinis possibilités de la MÉ et de ses équipements, dont les extractions soniques ne cesse de charmer autant que d'étonner. La porte est donc toute grande ouverte à Sverre Knut Johansen, et à son dernier opus SECRET SPACE PROGRAM, qui est résolument porté sur le sujet depuis que j'ai découvert son Earth from Above en 2016 et bien au-delà de cette époque à en lire les commentaires de ses fans sur des sites de MÉ tel que EM Portal. Confortablement bien installé sur ses 16 titres, ce 2ième album du musicien Suédois sur Spotted Peccary est une longue mosaïque musicale où tous les styles reliés à l'Électronica éclosent tant entre chaque titre qu'à l’intérieur de ceux-ci, mettant ainsi l'auditeur sur le qui-vive dans une autre impressionnante palette de sons et de tons aux couleurs qui déjouent celles des peintres les plus avant-gardistes.

Et c'est néanmoins loin des galaxies que le tout débute! Une onde reposante installe un doux climat de sérénité. Une délicate mélodie étend une approche de morosité que des larmes de synthé très Vangelis recouvrent d'une infinie tendresse. Oui on pourrait se croire dans une autre dimension, sauf que le roulement des vagues et les cris des mouettes nous ramènent assez vite sur terre. Les orchestrations sont soyeuses et Sverre Knut Johansen priorise allègrement une approche très cinématographique à la grandeur de son dernier album. J'écrivais plus haut que chaque titre évoluait à l'intérieur de son cadre, et MILAB (Military Abduction) offre une très belle perspective à ce niveau lorsque ses dernières minutes sont happées par des filets oscillatoires qui ramènent les ambiances à un genre de trip-hop tout fait inattendu en Black Ops (Military Secret Space Programs). En arrière-plan traîne cette mélodie très évasive du début. Nous sommes toujours accrochés à ses charmes lorsque le vent vire de bord et que de trip-hop le rythme sautille avec plus de vigueur entre des filets stroboscopiques. Nous quittons les terres de l'Électronica, on y revient en force plus loin, avec les scintillantes lignes de synthé qui miroitent comme une eau bleue sous un soleil radiant d'Australie dans LOC (Lunar Operation Command) dont l'alliage rythme non-rythme est savamment construite sous cette ébauche de mélodie d'extra-terrestre, genre Tangerine Dream dans Wavelenght, qui revient sans cesse charmer l'écoute. La toile de sons ici est tout simplement phénoménale! Hormis ce chant de baleine, les orchestrations sont, comme toujours, très émouvantes. Les chants astraux sont d'une candeur insoupçonnable et les percussions, de même que les effets de percussions, donnent du panache à cette structure de rythme en constant éveil. Ces éléments ornent la pièce-titre et sa mitraille de souffles flûtés maintien l'écoute en mode alerte. On peut entendre la guitare de Børge-Petersen Øverlerr rager en silence dans cette luxuriante faune des tons. Deux accords qui se suivent avec un léger décalage dans le rythme, et Blue Indigo Balls of Light devient mon premier coup de cœur. Ces arpèges qui sautillent mollement sont joints par des percussions tout aussi molles et dont les résonnements claquent dans un voile de semi down-tempo. La guitare chuchote une mélodie spectrale et les orchestrations déchirent les ambiances avec un staccato très incisif.

On a les oreilles pleines et nous ne sommes même pas au milieu de SECRET SPACE PROGRAM qui cache des petites perles pour rêve et méditation, comme le très nostalgique Esoteric. Ça fait très New Age avec ces notes de piano méditatives et cette voix séraphique qui fait duel avec une lente mélodie agonisante. Nous restons dans les sphères de musique d'ambiances, mais intense, avec Blue Avians, alors que les tourbillons ondulatoires et le rythme frénétique de Genertic Programs replace les sens avec des effets de résonances qui s'appuient sur de bons effets de percussions dont la vigueur s'accentue au fur et à mesure que les secondes fuient. Et toujours cette mélodie larmoyante qui semble sortir des Ondes Martenot. Precognitive Abilities offre un rythme ambiant avec des martèlements qui semblent provenir d'une contrebasse géante. Cette deuxième partie plonge un peu dans le psybient à la Autechre avec des bruits ambiants, ici ce sont des effets percussifs bourrés de mitrailles de pattes d'insectes amplifiées au maximum, sur une structure qui dévie partiellement vers une musique plus Lounge avec une basse plus vicieuse et une guitare qui nous réserve quelques bons solos ambiants. Ambiant dans une bonne structure de bruits, Raising our Vibrational and Consciousness Level nous guide vers le délicieux trip-hop de Orb Beings. Intense dans son enveloppe de tons, la guitare de Øverlerr nous transperce, Orb Beings évolue avec une bonne vélocité dans une approche dramatique où cette délicieuse mélodie d'Aliens prend tout son sens. Tranquille et cinématographique, les cerceaux planants et criards de Matrix of Spheres nous amènes à la belle sérénité de IE (Intuitive Empath) et de ses pleurs spectraux. Un beau moment de contemplativité très prenant avant que l'intensité atteigne son paroxysme avec le tonitruant, les percussions sont tout simplement sauvages et savoureuses, Sphere Being Alliance. Un peu sur le même principe d'accentuation des tons, des rythmes et des ambiances, We are One propose un modèle Électronica pas trop sauvage poussant le court Outro SSP dans les mêmes repaires.

Encore une fois, je me suis laissé séduire, et ce plus facilement, par la musique de Sverre Knut Johansen. Jouant habilement sur les frontières du New Age et de l'Électronica, le compositeur et multi-instrumentaliste (il joue de tout ici sauf la guitare) Suédois appose sa signature sur un genre qui lui est propre. Les ambiances, comme la multitude de rythmes non classifiables, abondent en effets et en intensité, établissant un code secret entre Sverre Knut Johansen et celui qui tombe sous ses charmes. Et ça aussi c'est assez facile!

Sylvain Lupari (01/06/2017) ***** SynthSequences.com Disponible au Spotted Peccary Music Bandcamp

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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