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  • Sylvain Lupari

TANGERINE DREAM: The Sessions II (2018)

“Je suis déçu et je m'attendais à plus. Mais, l'empreinte de Tangerine Dream est nettement présente, apportant un petit brin de réconfort…”

1-1 10.50pm Session - Tulip Rush 49:42

2-1 9.55pm Session - The Floating Dutchman 44:32

Eastgate -082 CD (CD 95:14)

(Berlin improvised Berlin School)

Présenté comme un Cup-Disc, THE SESSIONS II est dans la continuité des Sessions que le nouveau trio Tangerine Dream affectionne depuis la parution de l'album Particles à la fin 2016. Performée et enregistrée dans le cadre du prestigieux E-Live les 21 et 22 Octobre 2017, la musique de THE SESSIONS II est un vibrant hommage à Edgar Froese avec deux longues structures improvisées qui respectent les spectacles de Tangerine Dream des années Froese, Franke et Baumann, avec la technologie et le son d’aujourd’hui.

D'immenses nappes immersives saisissent nos oreilles dans l'ouverture de 10.50pm Session - Tulip Rush. Un amalgame de lignes aux tonalités de violon, flûte et de synthé flottent au-devant d'une masse sonore qui ondule comme des vagues. Des orchestrations synthétisées redirigent les ambiances flottantes avec des arrangements poignants pour certains ou lucifériens pour d'autres. Une forme d'adagio étend sa présence dans ce lourd voile d'orchestrations avec le violon pleureur d'Hoshiko Yamane qui nous amènes à un autre port d'ambiances où flottent des parfums d'une flûte incertaine de sa tonalité. Les vagues sonores justifient leur présence en jetant une profondeur à cette phase qui peu à peu projette un vague complot afin que le rythme chasse ces ambiances. Les synthés et séquenceurs ronflent et ronronnent. Une ligne d'oscillations projette un effet de lasso sonique qui va et vient au-dessus d'éléments percussifs où se cache une séquences basse qui accentue de plus à plus sa présence. Et c'est autour des 10 minutes que 10.50pm Session - Tulip Rush décolle. Sans surprise, le mouvement zigzagant est fidèle à ce séquenceur analogue qui tissait des lignes de rythmes variables qui pulsaient avec de plus en plus de poids. Des effets de réverbérations et ces lassos soniques constituent le gros de l'arrière-plan sonore, de même que de séduisants éléments percussifs. Le rythme accélère la cadence alors que des nappes de voix viennent tout juste d'enterrer les timides lignes du violon. Le rythme est sauvage et entraînant, et sa membrane minimaliste justifie sa présence afin que Thorsten Quaeschning, Ulrich Schnauss et Hoshiko Yamane multiplient effets et lignes mélodiques qui enrichissent constamment ce rythme débridé. On peut entendre une flûte, comme des larmes de violons, chanter sur cette première phase de 10.50pm Session - Tulip Rush qui rencontre son mur d'ambiances où les trois musiciens semblent chercher un fil conducteur dans ce long délai ambiosonique qui repart avec sa structure de rythme amoindrie par une absence de cohésion (voulu?) du nouveau Tangerine Dream.

Après des applaudissements nourries, 9.55pm Session - The Floating Dutchman débute avec une vision qui fait assez Ricochet. Les orchestrations sont bien dessinées avec une approche de sérénité cérémoniale. Des lignes de synthé et/ou de violon, de même que des nappes de voix célestes, ornent un décor Zen. Un peu comme dans 10.50pm Session - Tulip Rush, le rythme décolle autour des 10 minutes. Plus structuré et axé sur un mode accentuation, il presse la cadence lentement, le violon et/ou synthé lance des filaments qui parfois sonnent comme un solo de guitare, par atteindre une vélocité nettement plus accentuée avec une lourdeur assez efficace. Dans les faits, 9.55pm Session - The Floating Dutchman est structuré comme la prestation de la veille mais avec plus d'homogénéité et une complicité sans équivoque entre les trois musiciens. La musique sera un peu moins violente après son passage ambiant, gardant tout de même une bonne énergie qui se fondera mieux à une finale plus éthérée. Celui-ci est très bon!

Je suis un peu partagé vis-à-vis ce THE SESSIONS II. Je suis encore plus sur mon appétit qu'avec The Sessions 1. Déjà que les inconditionnels crient au génie, je me sens un peu à part. La beauté des improvisations lors des concerts de Tangerine Dream, ères Baumann et Schmoelling, était cette connexion qui unissait les trois musiciens. De plus, Tangerine Dream improvisait autour d'une ossature que nous connaissions vaguement. C'est tout le contraire ici où Thorsten Quaeschning, Ulrich Schnauss et Hoshiko Yamane donnent une impression de jammer avec une limite de temps à respecter. Et c'est très apparent lors de 10.50pm Session - Tulip Rush. Il y a peu, ou presque pas, de longues envolées de synthé avec des solos corrosifs et majestueux, encore moins de guitare qui donnait une courte vision de rock progressif dans le milieu des années 70. Donc, oui je suis déçu et je m'attendais à plus. Mais, l'empreinte de Tangerine Dream est nettement présente, apportant un petit brin de réconfort…

Sylvain Lupari (05/08/19) *****

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