Search
  • Sylvain Lupari

TASTENKLANG: Inspirations (2013) (FR)

“Un premier album rempli de rythmes plaisants et de mélodies accrocheuses qui devrait plaire aux fans de synth-pop et de New Berlin School”

1 First Contact 4:48 2 Choons 4:36 3 Melody O L 7:02 4 Tastenklang 8:48 5 Starry Sky 8:33 6 Funny Beats 7:48 7 Daydream 5:20 8 Melancholic Moments 7:10 9 Groove Machine 5:26 10 Northern Light 8:24 SynGate | CD-r DG01

(DDL/CD-r 67:55) (Very melodious New Berlin School)

Décidément, SynGate ne cesse de sortir de très beaux lapins de son sac à musique. Après E-Tiefengrund etRealtime, c'est maintenant au tour de Tastenklang de venir charmer notre oreille avec un bel album musical qui démontre que la MÉ peut se siffloter autant que se danser. Oscillant entre les approches rythmiques du genre synth-pop et de la IDM de la Düsseldorf School et les rythmes électroniques plus contemporains de Jean Michel Jarre, INSPIRATIONS évolue sur des structures minimalistes teutoniques avec des rythmes robotisés et des mélodies lobotomisées dont les fragiles harmonies dépendent de la balance entre les rythmes accrocheurs et les ambiances souvent cosmiques et parfois organiques.

First Contact porte son titre à merveille. Daniel Gessert ne pouvait choisir meilleur titre pour dépeindre l'univers musical qui enveloppe un premier opus à saveur très New Berlin School où les fragrances de Software, post cosmique et expérimental, flottent dans des enveloppes rythmiques d'un Kraftwerk endormi. Ce premier titre établit le lien entre le silence et la musique par des pépiements cosmiques. Ils amènent dans leur sillon une ligne de rythme crachant des ions saccadés qui acceptent la danse linéaire des percussions. Robotique, voire même cybernétique, le rythme est accrocheur. Il dansote doucement, unifiant percussions et accords d'une ligne de basse résonnante, pour sautiller dans les brumes morphiques d'un synthé aux parfums d'éther. Doucement, le rythme de First Contact collige des étoiles musicales qui scintillent comme des prismes harmoniques, accompagnant une fine mélodie rêveuse sifflotée par un synthé plus musical qu'expérimental. Après un premier titre imprégné d'un rythme aussi facilement accessible, Tastenklang nous présente le versant très mélodique de son album. Un tic-tac éveille une ligne de séquences aux limpides tonalités d'arpèges miroitants qui s'entrelacent dans une rêverie morphique. Choons charme nos oreilles instantanément avec une ribambelle de prismes irisées (j'entends Univers de Thierry Fervant) qui tournoie en une inlassable spirale et trace une délicieuse mélodie lobotomisée où la fragile rengaine tournicote dans des vapeurs de voix oniriques, tout en étant finement secoué par des frappes de percussions aux tonalités manuelles. Entraînants et fraîchement musicaux, ces deux titres sont l'amorce d'une série de titres aux rythmes sympathiques. Des rythmes aussi fragiles et faciles à assimiler que les douces mélodies morphiques qu'ils portent à bout d'accords robotiques. Et sans le savoir on vient de tomber dans le piège de la séduction d'INSPIRATIONS. Parce que tout ce qui suit est aussi beau que bon, même si des fois ça pioche assez fort, comme avec Melody O L et son puissant rythme circulaire. Un rythme stroboscopique qui navigue entre les mélodies du genre synth-pop de Visage (Fade to Grey) et les rythmes rose-bonbons contemporains de Jean Michel Jarre. Disons que les lattes de plancher lèvent sauvagement avec ce virulent techno au rythme bouffé par de lourds mouvements d'un staccato technoïde qui crache des ions tapageurs, mais musicaux, tout en libérant une superbe mélodie électronique qui n'est pas sans rappeler Popcorn. Si vous aimez le genre, Groove Machine n'est pas en reste. Aussi lourd, mais plus lent, il offre une bonne structure sphéroïdale, comme un techno cosmique, alors que Funny Beats offre une structure de danse plus souple, légèrement teintée d'une fine enveloppe cosmique. Le reste? De la pure tendresse harmonique.

Faut entendre le titre éponyme au nom musical du projet de Daniel Gessert afin de saisir toute la dimension de cette œuvre aux hypnotiques mélodies futuristes. Tastenklang débute innocemment. Avec des claquettes qui tintent comme des frappes d'un dactylo usé dont les coups flottent dans une brume ouatée. Une ligne de séquences déploie ses délicats arpèges qui, sans faire de bruit, subdivisent leurs tintements en deux lignes harmoniques qui se font harponner par des percussions aussi simplistes qu'efficaces. On accroche! Le clavier dégage des riffs éclatants qui déstabilisent notre focus alors que Tastenklang égrène ses 8 minutes en libérant des filets d'harmonies qui tournoient comme ces ballerines musicales qui enchantaient nos oreilles d'enfants. Sauf que cette fois-ci l'approche est plus moderniste, plus robotique avec des accords de verres qui chantent et tintent sur une structure dont l'envoûtante approche minimaliste engraisse un rythme devenu plus lourd. Un rythme plus près d'un doux down-tempo, quoique toujours morphique, un brin saccadé dont on n'a jamais entendu l'éclosion venir de cette façon. Très beau et étrangement musical. Starry Sky et Melancholic Moments sont de bons down-tempos très musicaux avec des rythmes ambiants alors que Daydream offre une très belle approche mélodieuse avec des accords sobres affligés d'une tendresse mélancolique qui flottent entre les multiples filets de séquences aux brins sonores cristallins. Moulé sur le même modèle de rythme minimaliste croissant que Tastenklang, Northern Light clôture l'album avec un rythme robotique qui augmente sa cadence et sa lourdeur au fil de ses 8 minutes tout en ciselant une fine approche mélodique qui magnétise l'ouïe entre une panoplie de tonalités organi-cosmiques, exposant avec justesse tout l'univers harmonique d'INSPIRATIONS.

Ce premier album de Tastenklang est sans prétentions. Daniel Gessert propose une MÉ simple et très accrocheuse où la mélodie prime sur des rythmes emmitouflés dans des enveloppes de synth-pop, de down-tempos ou de l'IDM. Une IDM timide, sauf pour 2 ou 3 titres, où les fragrances du New Berlin School s'empêtrent dans une Düsseldorf School aussi harmonieuse que romancée. Je dirais que c'est le parfait album pour s'initier à un timide, mais efficace, univers de MÉ qui n'est pas si loin des espaces cosmiques. Si on aime Jean-Michel Jarre, Software et à la limite Kraftwerk, on sera en bonne compagnie avec ce INSPIRATIONS.

Sylvain Lupari (25/08/13) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au SynGate Bandcamp

4 views

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle