• Sylvain Lupari

TM SOLVER: Oxymoron (2020) (FR)

La beauté des œuvres de TM Solver réside dans ce mélange de rythmes et d'ambiances qu'il sait lier habilement avec ses innombrables solos de synthé

1 Oxymoron 14:26

2 Diametral 5:14

3 Transzendenz 13:56

4 Singularität 9:02

5 MMXX 5:58

6 Fornax-Cluster 17:19

7 Sedativ 9:01

SynGate CDR TM14

(CD-R/DDL 73:05)

(New Berlin School)

On dit de ce dernier album de TM Solver qu'il jette son focus sur le New Berlin School avec une nouvelle technique et de nouveaux arrangements. Le New Berlin School est pourtant chose connue avec l'émergence du label IC et des artistes phares tel que Software et Robert Schroeder qui ont insufflé au Berlin School un style plus rythmique minimaliste, plus relaxe et mélodieux avec une technologie axée sur des tonalités digitales des plug-ins et des logiciels. J'aime bien ce que Thomas Meier fait, aussi bien avec TM Solver qu'avec MTA Lab. C'est évident qu'il a le Berlin School dans le sang! Et c'est le cas ici avec OXYMORON où je dirais qu'il surfe sur les deux époques avec une fascinante neutralité.

Avec une ouverture en rythme en mode Stratosfear, la pièce-titre contredit pourtant le guide de presse. La chaleur des ambiances et de la tonalité en général indique que nous sommes en mode Berlin School. Rien de moins! Le rythme est fluide et ondule langoureusement dans un mode ascendant. Le synthé est la pièce-maîtresse de cet album. Au début, il lance des solos dont les harmonies arabiques ont ce petit filtre de vieil orgue avec une tonalité nasillarde. Sa progression me fait penser à du bon Adelbert Von Deyen, de même que les premières œuvres de Klaus Schulze. Si le rythme reste minimaliste, le synthé est agréablement polyforme avec des changements de tonalités dans les solos et les effets, nous réservant le meilleur pour la fin. Un excellent titre qui démarre très bien ce nouvel album de TM Solver. Un pont construit de matières organiques lie sa finale vers les ambiances de Diametral. Ces étranges tonalités croustillantes pétillent sur le vol de nappes flûtées qui avance mollement au son d'un Mellotron et d'un synthé imbibé de solos aux toujours fascinantes tonalités de trompettes nasillardes. Son dernier souffle éteint, il est aussitôt repris par Transzendenz qui étend son ossature rythmique spasmodique. Le séquenceur libère une horde d'ions indisciplinés qui sautillent et s'entrechoquent, créant un effet de saccade sous des solos de synthé cosmique. Les percussions, qui s’invitent autour des 4 minutes, restructurent le rythme qui est maintenant plus fluide, et légèrement plus rapide. Ce rythme qui étreint les limites technoïde servira de base afin de recevoir les nombreux solos de synthé dont les tonalités musicales et cuivrées chantent et se contorsionnent dans cette longue structure qui flirtera avec une phase ambiante, rappelant vaguement l'univers de Klaus Schulze, notamment en mi-parcours et vers la finale qui se fond dans l'ouverture de Singularität.

Ici, les arpèges sont comme des bestioles qui virevoltent et volètent d'une oreille à l’autre, émettant une tonalité et puis un autre, alors que le rythme s'assoit sur des pulsations basses de sobres percussions dont les cymbales s'écrasent comme le bruits des gros insectes sur un piège à bestioles. MMXX est un beau petit titre dont le rythme dévoile une figure de trot relativement harmonique. Un rythme accrocheur, quasiment FM, décoré de très beaux solos comme Thomas Meier aime bien les dessiner. Simpliste dans le genre, mais très efficace! Si on avait cette impression que OXYMORON migrait tranquillement du vieux New Berlin School au tout tout nouveau, Fornax-Cluster le confirme avec un très bon titre où les harmonies cosmiques de Software entoure le cha-cha-cha électronique et caquetant de Robert Schroeder. Les 10 premières minutes de ce long titre envoûtant flottent sur une bouée rythmique légèrement funky qui sert aussi de base à de beaux solos de synthé, tantôt endormitoires et tantôt stylisés. La 10ième minute annonce un tournant vers des ambiances cosmiques qui s'inspirent de ces mouvements errant du séquenceur dans les premières années de Software. Des percussions tambourinent un rythme abstrait auquel se fixe une ritournelle rythmique du séquenceur. Oui! Nous sommes vraiment dans les belles années de Software où nos sens étaient toujours à l'affût de cette prochaine impulsion saccadée. Et comme ça, la musique et ses ambiances nous font dériver jusqu'au rythme mollement ondulatoire de Sedativ. On lit le titre et on a aucune difficulté à deviner la musique qui est effectivement une belle ballade lunaire dérivant agréablement avec ces amples ballants oscillatoires.

La beauté des œuvres de TM Solver réside dans cette combinaison rythmes et ambiances que Thomas Meier sait si habilement attacher avec ses innombrables solos de synthé. J'aime aussi cette sensation de migrer doucement entre les deux écoles de pensées dans cet album qui cache aussi son petit truc bien commercial en MMXX. Offert en format téléchargeable et en CD-R H-Q chez Syngate, OXYMORON est une valeur assurée dans le genre New Berlin School. La musique est vivante, énergique par endroits, avec des rythmes hypnotiques qui migrent dans une faune sonore riche. Un bon 4 étoiles, parce que c'est très beau par moments et pour des titres comme Oxymoron et Transzendenz!

Sylvain Lupari (27/05/20) *****

SynthSequences.com

Disponible au SynGate Bandcamp

61 views
  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle

© 2019 by  Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari