• Sylvain Lupari

VANDERSON: Beyond Time Structure (2017) (FR)

“Vanderson quitte les zones de confort de la Berlin School ambiante et propose un voyage aux terres des Boom-Boom, Doo-Doo et Tsitt-Tsitt”

1 Children of Andromeda 11:08 2 Outer Space 8:05 3 Reality 7:19 4 Underwater World 13:46 5 Invisible Contact 8:03 6 Sense 6:34 7 Time Travellers 9:01 MellowJet Records ‎| cdr-va1701 (CD/DDL 64:11) (EDM, IDM & Techno)

Une onde cosmique s'élève de l'Est. Des pépiements d'oiseaux accueillent cette nappe cosmique remplie de confort et de sérénité. Tout en douceur, Children of Andromeda débute comme ces petits moments de tendresse qui débordaient des cornes d'abondance du temps du New Age. Un splendide mouvement de sérénité où ruissèle même ces petits clapotis de séquences…Mais voilà! Depuis Vandisphere Vanderson a entrepris un virage Dance, Techno et même Trance. Et si on l'avait oublié, c'est avec doigté que Maciej Wierzchowski nous le rappelle car Children of Andromeda transite de l'ambiant mélodique à un mouvement très Berliner du séquenceur qui se fait mastiquer et, éventuellement, éventrer par des séquences papillonnantes et suceuses d'ambiances et des percussions en mode Techno. Le mouvement transite alors de Techno à Ambient House avec de courtes phases ambiosphériques où les séquences volètent comme des ions sans direction dans une rythmique qui renaît toujours de ses cendres. Children of Andromeda est le coup de semonce d'un album qui se veut sans pitié pour les amateurs de Berlin School qui ont dégusté les premiers opus du synthésiste Polonais. Sauf qu'il faut jeter une oreille derrière ces rythmes endiablés, car au-delà de tout Vanderson tente une union entre ces genres qui nourrissent l'Électronica pur et dur et le Berlin School.

Ce qui n'est pas tout à fait le cas de Outer Space et de son introduction très Ambient House avec une touche des années 80 (Frankie Goes to Hollywood) et une approche très Underworld. Lent mais plombé d'une lourdeur ambiosphérique, ce rythme est ceinturé d'une ligne de séquences stroboscopiques et orné d'une mélodie vraiment accrocheuse qui est lancée par un synthé plus créatif que lobotomisé. La deuxième partie est plus enlevante, plus énergique avec des filets de séquences épileptiques qui affichent plus de vélocité. Reality est mon premier coup de cœur sur BEYOND TIME STRUCTURE! Après une introduction dans le genre sci-fi, des séquences volètent avec hésitation avant de former un rythme aérien lent et lourd, comme je les aime, orné de petites secousses et de ces petits cerceaux qui s'entrechoquent et forment une ligne de séquences saccadées. Les percussions s'ajustent et l'union entre elles et le séquenceur crée un léger mouvement de galop qu'un synthé décore de belles syllabes électroniques comme celles dans Outer Space. Savoureux du début à une fin qui s'anime avec plus de vivacité. Underwater World est dans le genre très Dance. L'intro est toujours imaginée avec des tonalités électroniques qui s’évaporent dans une phase d'ambiances. Des lignes de séquences se tiennent en suspension, comme ces escadrilles spatiales qui font du surplace et volètent avant de plonger vers une guerre intergalactique. Elles attendent une ligne de basse qui galopent doucement et des percussions qui martèlent un rythme statique avec des doom doom caoutchouteux. Cette spirale introductive plonge vers une structure plus soutenue et enrobée d'une approche d'effets électroniques qui flirtent un peu avec le modèle psybient. Plus Underwater World avance et plus on sent cette attirance vers un Goa Trance à la Jean-Michel Jarre, période Électronica, avec des accords qui virevoltent dans une approche circulaire et saccadées. Un peu moins long et ça aurait été mieux! Comme avec Invisible Contact qui est plus lent et qui est agrémenté de bons solos qui fuient dans des mouvements de spirales acrobatiques. Sense est dans le genre de truc que j'aime, soit un bon beat lent et entraînant avec de belles harmonies sifflées comme un promeneur admirant les paysages. Certes, il y a des effets Techno et dance avec des percussions robotiques et des filets stroboscopiques…mais ça passe mieux dans une approche un peu moins sauvage. Mais ça reste une musique de danse électronique. Time Travellers est le titre le moins énergique sur cet album. Ça reste toujours dans le genre EDM, mais avec une lenteur qui flirte avec un rock électronique dans un décor électronique toujours aussi cosmique…qu'électronique.

BEYOND TIME STRUCTURE propose un nouvel opus d'un Vanderson qui n'est plus le même que j'ai découvert avec Visions en 2011. Mais il faut savoir évoluer! Non? Et sur le label de MellowJet Records, et avec la complicité de Bernd Scholl, son approche EDM est savoureusement mise en valeur par tout le savoir du boss qui adore tisser ce lien entre l'EDM et le côté Berlin School du rock électronique. Ça m'a pris quelques écoutes, mais j'ai finalement succombé aux charmes de quelques titres. Un album digne de la très grande diversité du label Allemand.

Sylvain Lupari (18/06/17) ***½**

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Disponible chez MellowJet Records

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