• Sylvain Lupari

VARIOUS ULTIMAE RECORDS: Oxycanta III (Curated by MAHIANE) (2013) (FR)

Il s'agit d'une compilation qui respecte la signature d'Ultimae Records avec 12 titres qui lient le psybient à des rythmes morphiques

1 Drone Flower (Miktek) 8:12

2 Aeolis Mons (Mer-A) 8:25

3 Slow Motion (Lars Leonhard) 6:22

4 Turning Down (Muridae) 5:51

5 Plenitude (Fingers in the Noise) 5:54

6 Onyx (Aes Dana) 6:57

7 Morning Drops-Part I (I Awake) 3:04

8 Seance (36) 5:46

9 Morning Drops-Part II (I Awake) 3:07

10 Phaeton Remains (Scann-Tec) 8:43

11 Complex A (Circular) 8:24

12 Quasi Stellar (Mer-A) 6:43

Ultimae Records inre056

(CD/DDL 76:03)

(IDM, EDM, down-tempos, psybient)

Les 3 premières minutes de Drone Flower sont nourries d'ondes bourdonnantes et d'autres plus effilées, plus musicales qui recouvrent les distant bruits d'une petite tribu industrielle. On flotte dans une oosphère où la vie extérieure est perceptible et encore de très loin. Et on prend vie au travers les délicates pulsations qui structurent un tempo mou qu'une délicate ligne de piano harmonise avec des accords d'une guitare rêveuse, alors que tranquillement le pouls des percussions nous entraîne dans un univers morphique où flottent des larmes de synthé qui pleurent comme des violons de soie. Drone Flower est le premier de 12 titres où les ambiances enveloppées de tonalités de métal crépitant flottent au-dessus de rythmes et de mélodies sectionnés par des indécisions orientables. C'est aussi le début d'une compilation aussi étrange qu'envoûtante où la musique enveloppe nos sens autant qu'elle mystifie notre rythme pulsatoire. Oxyacantha, ou Hawthorn, est un arbre dont les feuilles et les baies sont légendaires pour leurs propriétés curatives sur le cœur. C'est aussi le titre qu'a choisi Mahiane, célèbre dj française qui fortement inspirée par la nature et son côté ésotérique, pour une compilation de titres judicieusement sélectionnés et délicatement mis en scène dans un contexte de musique ambiante aux fragrances expérimentales. OXYCANTA IIII est une compilation qui respecte la signature musicale d'Ultimae Records avec 12 titres composés par une faune d'artistes émergents qui expérimentent des ambiances soniques surréalistes sur de lents rythmes lunaires où le son se vêt toutes ses formes et dimensions inimaginables, épousant les univers tant microscopiques que macroscopiques. Et tout au long des 12 chapitres de cet album, on a l'envoûtante impression d'être immergé par les rythmes circadiens d'une symphonie de down-tempo morphiques aux pulsations organiques.

Le très beau Aeolis Mons coule entre nos oreilles comme une lumineuse rivière sonique où bruitent une foule de pulsations et de cliquetis aux tonalités éclectiques qui pétillent sur les savoureuses ondulations d'une ligne de basse. Les mélodies sont cruellement incomplètes et tracent des schémas lyriques dans un pattern sonique aussi allégorique que surréaliste qui pousse l'expérience auditive jusqu'au bout de son cycle. C'est un superbe titre qui embrasse mes souvenirs de Pink Floyd et les futuristes visions musicales de Carbon Based Lifeforms. Voilà 2 titres judicieusement choisis qui partent cette dernière compilation du label Lyonnais sur de bonnes notes. On reste dans l'obscurité des sens avec Slow Motion dont les riffs tambourinés se fondent dans les lourdes et lentes couches de synthés qui flottent sur des pulsations plus vives, plus alertes. Les boum-boum résonnent sourdement et transcendent le pétillement des percussions tribales et les ondes de pulsations organiques qui bruitent en s'évaporant en cerceaux métalliques et lignes élastiques qui flottent dans un écho trappé dans du verre. De lent, voire ambiant, le rythme profite d'un bref moment ambiosphérique pour insuffler des battements plus inspirés, structurant ainsi une des phases les plus animés de OXYCANTA III. Turning Down est un suave down-tempo où les percussions pétillent comme des murmures mouillés. Les voix séraphiques qui enveloppent cette ode morphique ajoutent une dimension sensuelle à ce titre qui est aussi beau que Aeolis Mons. Avec Plenitude on nage dans un bassin de tonalités biscornues et de grésillements statiques qui trouvent noblesse dans une belle ligne de séquence spiralée qui scintille comme des étoiles chantant sur le bord de notre oreille. Et, comme une très grande partie des titres, le rythme s'anime en deuxième partie, repoussant de ses ruades des bruits blancs qui sont devenus menaçants. Avec Onyx, nous flottons dans un cocon nourri de tonalités hétéroclites. Le rythme évolue constamment à travers une nuée de bruits et tonalités incomplets que l'on a collés et hachurés afin d'y donner une dimension aussi futuriste que psychédélique.

Et plus on s'enfonce dans l'album et plus on plonge dans un délire sonique en perpétuel mouvement. Un univers enchanteur où les lignes de basse côtoient des percussions aux approches hybrides organiques et les couches de synthés se perdent dans des voix aussi secrètes que suggestives. Les mélodies, comme dans Morning Drops-Part I et Part II scintillent comme des étoiles qui disparaissent dans les horizons cosmiques, et les passages ambiants, comme dans Seance, sont revitalisés par des pulsations aussi secrètes que les percussions qui les endorment. Les chuchotements qui dorment dans la morphique mélodie harpée de Phaeton Remains nous amène dans les territoires secrets des symphonies microcosmiques des univers parallèles de d'Ultimae Records. Le tempo s'anime autant qu'il s'illumine. Il suit une tangente évolutive pour attaquer l'ouïe de martèlements cylindrés dans des poussières de mélodies de cristal oubliées dans les lignes d'ambiances. Là où le beat flâneur jettera ses derniers sursauts. L'orgie sonique se poursuit avec Complex A qui offre une intense introduction ambiosphérique où des fractures de rythmes et de mélodies évasives sont gelées dans une tempête de tonalités électroniques iconoclastes. Des lignes de rythme voltigent dans des filets stroboscopiques abîmés alors que des voix utérines restent prisonnières de leurs cocons oniriques. Peu à peu, les bouts de rythmes s'accrochent et moulent un genre de down-tempo dont les oscillations frauduleuses baignent dans une fontaine aux harmonies évanescentes. Un étrange titre digne d'un langoureux coït rythmique constamment interrompu. Quasi Stellar s'enracine à la finale avec des gerbes de brises saccadées qui font du surplace dans les bras enveloppants de synthés lunaires. Des explosions de percussions alimentent un rythme fuyant qui s'accroche plutôt aux accords flottants d'une mélodie qui tente de reconstituer un drame lyrique sur un lent et dense mouvement ambiosphérique qui s'éteint dans ces murmures effacés qui ponctuent les troublants éléments soniques de cette étrange mais séduisante compilation qu'est OXYCANTA III.

Sylvain Lupari (05/10/13) ***½**

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Disponible au Ultimae Records Bandcamp

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