• Sylvain Lupari

WELLENVORM: Petrified Forest (2016) (FR)

Observez les tons, entendez les bruits... Bienvenue dans la troisième dimension sonore de Petrified Forest, de WellenVorm

1 Perm 6:21 2 Twilight 5:11 3 Thunder 10:00 4 Blust Wave :55 5 Nu,e Ardente 7:35 6 Crystal Wood 8:10 7 Petrified Logs 9:21 8 Endless Silence 10:02 MellowJet Records | CD WV 1601 (CD/DDL/Spotify 57:35) (Theatrical EM and neo post e-rock)

Oh... que j'avais aimé le tout premier album de WellenVorm, Toene des Nebels en 2014. Les structures de rythmes y étaient totalement dominées par des ambiances mortuaires. Cette immersion des sons qui fracturait des rythmes et des mélodies évanescentes nous conduisait à des territoires soniques hors du commun. Uwe Rottluff récidive avec PETRIFIED FOREST et sa musique aussi noire qu'envahissante qui est inspirée de la genèse de son village natal Chemnitz en Allemagne (Sachsen) et de cette réelle forêt pétrifiée qui attire un très grand nombre de touristes. Et croyez-moi, ça ne prend pas beaucoup d'imagination pour faire partie de ces touristes bien au chaud dans notre salon les écouteurs (très important) bien vissées sur nos oreilles.

Perm nous met tout de suite dans les ambiances avec une nuée de lignes moirées d'où s'échappent tintements et ululements. Le bruit des lignes de synthé tisse une soufflerie de machinerie qui souffre de ses cris. Un mouvement de séquences s'extirpe de ce halo métallique pour dandiner comme un elfe qui étend ses miettes rythmiques afin de retrouver son chemin. Toujours aussi créatif que théâtral, Uwe Rottluff a l'art de forger deux lignes de rythme qui se chevauchent sans jamais étaler une cadence de feu. Ici, tout est figé. Les mugissements des sirènes viennent de partout tandis que les rythmes et les mélodies entrelacent leurs charmes stationnaires dans une ambiance tétanisée. La première véritable ossature de mélodie apparaît dans le merveilleux et puissant Twilight. Le rythme est lent mais présent. Il cogne avec des battements épars qui échappent des clapotements de sabots sur une surface durcie. L'enchantement vient d'une ligne de synthé sombre qui semble s'éveiller entre les torpeurs des laves cristallisées dans leurs membranes carbonisées. Une voix céleste s'élève au-dessus de cette fureur endormie, ajoutant une approche dramatique effroyable qui reste ancrée dans nos oreilles au-delà des frontières de Thunder et de ses battements apocalyptiques qui dérangent une faune embrasée. Cela n'empêche pas une très belle approche mélodieuse d'éclore après la barre des 3 minutes. S'abreuvant des effets de Twilight, elle flotte dans cet univers de perdition où tous les bruits enchantent autant que dérangent dans une ambiance qui sidère nos sens toujours à l’affût d'un rythme dont l'approche disloquée enrichie encore plus le sentiment de suspense qui embrase l'univers de PETRIFIED FOREST.

Après un Blust Wave qui égare ses mugissements écarlates et ses tonnerres colériques dans le néant, Nu,e Ardente propose une approche post néo rock électronique avec une structure d'ambiances trouée par des éclats de rythmes et des bribes de mélodies tentées par un synthé flûtée. Ces mugissements qui ornent la partie panoramique eschatologique de l'album stigmatise une vision de catastrophe qui semble rester ce témoin invisible de cette tragédie survenue des milliers d'années plus tôt. On reste toujours dans ces rythmes fragmentés qui ruent sous les dorures d'harmonies flûtées avec le rebelle et indomptable, et pourtant très beau, Crystal Wood. Ses arpèges cristallisées qui dansotent autant dans une ambiance chthonienne que dans un mid-tempo qui cherche constamment à rabouter ses phases. Un solide titre où les effets sonores, il y a pléthore autant ici qu'ailleurs, dominent ambiances ainsi que les phases de rythmes et de mélodies. Dans une approche plus électronique de style Berliner, les séquences font très Christopher Franke ici, Petrified Logs est autant déchiré entre ses phases de rythme qui cherchent constamment à se connecter dans des ambiances qui sont nettement plus taciturnes, plus effroyable ici. L'intensité de l'écriture de Uwe Rottluff est toujours galvanisée par des sommets aussi saisissants que l'effroi d'une peuplade devant l'incontournable désastre des laves de feu ardent. Endless Silence n'est pas aussi silencieux que son titre l'indique. C'est une autre masse compacte de sons et de rythmes pétrifiés qui cherchent à nouer les incohérences et les absences entre ces phases qui nourrissent la dimension d'enchantement et de frayeur qui cristallise les quelques 58 minutes d'un autre brillant album de WellenVorm. Un incontournable pour les amateurs des univers parallèles!

Sylvain Lupari (06/12/16) ****¼*

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Disponible au MellowJet Records

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