• Sylvain Lupari

WOLFGANG NACHAHMER: Triptychon (2020) (FR)

“Est-ce trop avant-gardiste? Je n'ai jamais pu apprivoiser ce dernier album de W. Nachahmer. Donc je suppose que je n'étais tout simplement pas d'humeur ...”

1 Riesenrad 7:17

2 Der Aufzug 5:09

3 Normalerweise 7:14

4 Kristallmaschine 4:17

5 Wendekreis 9:33

6 Das Triptychon 22:21

SynGate WN05

(CD-R/DDL 55:53) (V.F.)

(Electronic Music)

Une ligne de basse pulsations sautille légèrement sous une faible pluie d'effets sonores. Le synthé revêt des tonalités d'antan, genre Keith Emerson, afin de lancer un refrain qui roule dans notre tête. Ça pourrait tout aussi bien être une fable d'Emerson Lake & Palmer, pour la structure rock, que de Pink Floyd, pour les solos de guitare et les effets psychédéliques. Riesenrad nous convie à un 5ième album de Wolfgang Nachahmer qui en laissera plus d'un perplexe. Pour ma part, j'ai trouvé que sa tonalité est très vintage, peut-être même un peu trop, alors que la structure des compositions visent plus un effet d'harmonies des synthés et claviers au détriment des rythmes. C'est d'ailleurs le but visé par Wolfgang Nachahmer dans son dernier album. Si c'est plutôt réussi avec Riesenrad, il fait patate dans tous les sens du mot pour les 26 prochaines minutes de son nouvel album. Après 4 premiers albums tous solides, il est juste d'écrire que TRIPTYCHON est un mauvais album. Tant dans la qualité des compositions, qui manquent d'originalité, que sa qualité sonore. J'ai écouté cet album dans tous les angles possibles afin de trouver cet élément déclencheur qui éveille le charme. Nada! TRIPTYCHON est un album décevant sur toute la ligne.

Une série de gong remplis de fumée noire résonne en ouverture de Der Aufzug. Bien que je tente de faire un lien avec le thème de l'ascenseur, je n'y arrive pas. Il s'agit d'un rythme pas vraiment rythme qui devient aussi entraînant que ces danses païennes qui étaient objet de méditation dans les années 70. La texture musicale fait très dans le genre Rick Wright et Phil Manzarek se faisant duel en s'échangeant des accords frileux à l'idée de quitter leur clavier. Une idée qui a été exploitée à maintes reprises et qui semble ici sortir d’un artiste débutant sa carrière avec une qualité sonore un peu brouillon. Est-ce normal ou non? C'est aussi la réflexion derrière Normalerweise et ses accords à la Plastikman qui sculptent une approche minimaliste où se recueillent des harmonies de synthé au son très Michel Huygen, dans les belles années de Neuronium, et même Kraftwerk, pour les effets sonores et les harmonies du genre cybernétique. Étrange aussi que Kristallmaschine n'ait pas vraiment de lien entre son titre et sa musique. C'est de la musique ambiante avec des clairons électroniques du genre Tangerine Dream des années Encore. Une ossature de rythme tente de prendre forme mais reste très évasive dans cette faune de bruits et d'oscillations électroniques qui restent emmurés dans des artifices sonores ayant déjà appartenu à Kraftwerk avant RadioActivity. Il faut attendre à Wendekreis avant de se mettre quelque chose de vraiment nourrissant entre les oreilles. Son rythme minimaliste monte et descends dans un modèle Berlin School copieusement arrosé de solos et d'effets dissonants, notamment des riffs de clavier injectés de brumes et des percussions manuelles, dans un panorama où le rock psychédélique des années 70 sentait encore le patchoulis. Une méga nappe de clavier déguisé en orgue dérape lourdement dans mes oreilles pour un moment tellement insupportable que je n'ai pas continué plus loin. À ce stade, je dois vous dire que la pièce-titre doit être sacrément bonne pour donner à ce TRIPTYCHON sa note de passage.

Ce titre à 3 paliers débute avec une basse fluide qui oscille langoureusement. Une guitare, que j'associerais au style de Manuel Göttsching, couche ses doux solos sur cette structure qui monte et descends dans une plaine où les dunes couchent avec de la brume éternelle. Un clavier émiette ses accords dans les sillons de cette guitare rêveuse qui épouse les harmonies et finalement les solos de synthé, conduisant Das Triptychon dans une enceinte où le Jazz marine plutôt bien dans ce premier véritable moment de Berlin School de cet album. Puis vint ce moment d'éther, un peu après les 8 minutes, doux et relaxant avant de flirter pour un bref moments avec une autre phase de distorsions sonores qui n'a rien à faire ici, mais qui est tolérable puisque court et suivi d'une savoureuse chorale figée dans une brise caverneuse. La 3ième partie s'enflamme sur un vif rythme pulsatoire qui conduit Das Triptychon dans une solide phase de rock électronique improvisée sous de bons solos de synthé. Effectivement, ce titre sauve les meubles dans cet album dont les besoins me restent encore inexplicable. Mais pas assez…

Sylvain Lupari (07/05/20) **¾***

SynthSequences.com

Disponible au SynGate Bandcamp

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