© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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XAN ALEXANDER: Quantum Waves (2010-18) (FR)

“C'est un album plus dominé par des ambiances très Edgar Froese que les rythmes délicats et flottants dans le pur esprit pur de la Berlin School”

1 I 4:55 2 II 11:00 3 III 6:00 4 IV 5:33 5 Wave 9:26 6 Particle 6:09 7 Duality 6:16 8 Agents of Chaos 11:22 9 Rhodes to Nowhere 9:30 10 Dream Force (Remix 2018) 8:44 Xan Alexander Music

(CD-r/DDL 78:54) (Berlin School)

C'est dommage, on ne parle pas plus de Xan Alexander. Et pourtant, on devrait! C'est aussi plutôt normal puisque le musicien Anglais se concentre sur les activités de Magnetron dont le dernier album studio remonte à 2017 avec Hypnosis. Depuis, c'est le silence! Sauf pour les rééditions en format CD-r sur le label Synth Music de son catalogue dont ce QUANTUM WAVES qui fut réédité à l'été 2018. Je vais donc tenter de corriger cette injustice en apportant à votre attention cet album, en réalité son 4ième album en solo, qui tangue vers un univers d'ambiances très près des territoires d'Edgar Froese et de Tangerine Dream, deux sources d'inspiration très dominantes dans la musique du musicien Anglais. Apparu en 2010 sur le label Ambient Live, QUANTUM WAVES a connu deux mutations; en 2013 avec le label Ouroboros Music et en 2018 sur Synth Music Direct et le site Bandcamp de Xan Alexander avec l'ajout de 2 titres bonis. C'est cette édition que je chronique pour vous, amateurs de Berlin School!

C'est avec une approche de Western futuriste que s'ouvre QUANTUM WAVES. La ballade de I! Des battements pulsatoires adoptent une démarche débonnaire qui s'appuie sur d'autres percussions métronomiques sonnant comme des picorements sur du bois. Un clavier trace une délicieuse approche qui tisse un agréable ver d'oreille avant de fondre dans un désordre ambiant où le rythme magnétisant de I s'est éteint sans notre consentement. La musique est attachée en un long fleuve sonique qui se rend jusqu'à Agents of Chaos. Effets de clavier qui sont près de la période White Eagle, c'est dans l'introduction d'ambiances nébuleuses de II que les premiers parfums d'influence Tangerine Dream se font entendre. Une approche rythmique émerge après la 1ière minute de ces ambiances. Le séquenceur module un rythme en progression qui sonne comme la croisade d'un chevalier galopant dans un pré où chacun des trots de son cheval chimérique soulève des particules sonores. Des nappes d'un synthé aussi enveloppant que les bras maternels de Morphée enveloppent ce rythme passif qui permet au synthé de cracher un venin sonique avec des solos qui hypnotisent notre quête sonore. On arrive à la barrière des 8 minutes! Le rythme s'efface et II plonge dans un endroit mystique qui renoue avec les énigmes soniques de son ouverture. Ce moment d'ambiances, calqué sur les modèles Tangerine Dream et Edgar Froese en solo, glisse vers les douceurs de III qui est dominé par des caresses de Mellotron et des voix Elfiques. Nous dérivons ainsi dans les sphères d'ambiances, nimbées de beaux effets sonores, de QUANTUM WAVES. Une douceur séraphique guette la finale afin de se verser dans IV qui est un genre de berceuse dont les tintements désorganisés rayonnent sur une couche de flottements sonores qui semblent provenir de machineries industrielles et que mes oreilles avaient flairé dans la finale de II. Ces grondements effacent un peu la dimension éthérée de la berceuse et portent la musique vers ces vents creux qui nourrissent aussi l'ouverture de Wave.

Une flûte de Mellotron s'élève et tisse une romance ambiante dans une jungle de béton où siffle pourtant une végétation organique. Cette longue phase sans rythmes de cet album achève ses respirations glauques lorsque des tam-tams émergent autour des 3 minutes. Nous flottons toujours dans ce mélange de forêt et de béton industriel lorsque qu'une doucereuse flûte étend ses charmes sur les battements hypnotiques des peaux électroniques. Ce rythme lent, quasiment de soumission, suit cette tangente d'éradication de rythmes alors que Wave s'enfonce aussi dans une finale d'ambiances et de dérivations sonores. Particle trempe sa musique dans un genre de psybient avec des lamentations sous formes d'ombres flottantes qui se tortillent sous des pétillements organiques. Il faut attendre à Duality pour redécouvrir les charmes des rythmes séquencés d'Xan Alexander. Le séquenceur libère en effet un serpent agile qui déploie ses ondulations hypnotiques qui dominent un synthé et ses parfums de Mellotron aux harmonies nasillardes. Agents of Chaos concluait QUANTUM WAVES avec une solide phase de rock électronique dominé par un séquenceur et ses ions sautillant simultanément dans un mouvement fluide qui supporte assez bien une faune sonore inspirée de Tangerine Dream des années Exit. Ces 60 premières minutes de terminé, Rhodes to Nowhere propose une tonalité plus contemporaine mais aussi une structure qui s'apparente assez bien aux harmonies flûtées qui dominaient le cœur de cet album. Piqué dans l'assiette de Star Dark, Dream Force (Remix 2018) est plus en mode rock électronique Berlin School que le côté rude et lourd du modèle Anglais. Le rythme est toujours de plomb avec de bonnes séquences pulsatoires et une bonne batterie électronique alors que le synthé lance des solos et des harmonies qui restent toujours liés aux influences de Tangerine Dream, période 86. Un bon titre qui démontre l'approche plus rock et entraînante de Xan Alexander qui nous offre en ce QUANTUM WAVES un album plus dominé par les ambiances, très Froese, que des rythmes qui sont délicats et flottants dans le pur esprit du Berlin School.

Sylvain Lupari 21/02/19 ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Xan Alexander Bandcamp

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